Après Séance : Sully

sully

Sully est un film biographique américain réalisé par Clint Eastwood.

Le scénario est une adaptation du mémoire rédigé par le pilote Chesley Sullenberger en compagnie du journaliste Jeffrey Zaslow et revient sur l’atterrissage de l’Airbus A320 sur le fleuve de l’Hudson à New York.

« Clint Eastwood a voulu raconter comment on peut encore avoir foi dans les institutions, alors qu’elles nous laissent tomber tout le temps. »

Tom Hanks.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Avec un peu (beaucoup) de retard, je suis allé voir Sully le dernier film du grand Clint Eastwood. Je suis fan du cinéaste voire même de manière plus généraliste du personnage, qui a la chance, et il y en a très peu dans son cas, à avoir de multiples facettes, de multiples dons. J’attendais beaucoup de cette œuvre et ce que j’aime dans le cinéma de ce géant d’Hollywood c’est son implication dans des causes fortes. On se rappelle tous, Les Lettres d’Iwo Jima, Invictus, J. Edgar (qu’il ait eu des critiques assassines ou non, peu importe) ou encore American Sniper et j’en oublie plein car on pourrait citer Million Dollar Baby et tant d’autres, mais ce talentueux cinéaste aime nous faire voyager, nous tenir en haleine et une nouvelle fois j’attendais être triste, ému, émerveillé… est-ce que ce fût le cas ?

Un petit mot sur l’histoire ?

Comme je l’ai vaguement évoqué plus haut, cela raconte l’histoire vraie du crash, ou plutôt de l’atterrissage de l’Airbus A320 sur le fleuve de l’Hudson à New York. Quelques minutes après le décollage, l’avion percute de nombreux oiseaux qui fracassent les deux réacteurs. Alors que ses choix et son temps de réaction sont minces, Sully, le pilote du vol 1549 US Airways se doit de prendre une décision. En compagnie de son copilote Jeffrey Skiles, ils décident d’atterrir dans le célèbre fleuve américain. Suite à ce vol, qui, vous l’avez compris n’a pas tué l’aviateur, de nombreuses enquêtes vont avoir lieu de la part du NTSB (National Transportation Safety Board). Clint Eastwood revient sur cet évènement choquant, qui bouleversa le monde entier.

Les premières minutes ?

Dès les premiers instants, le réalisateur américain nous fait entrer dans la tête du personnage principal joué par Tom Hanks. Nous voyons ses craintes, ses peurs et son mal être. Il nous dévoile la face caché de l’iceberg, c’est-à-dire le ressenti de Sully, l’un de ces premiers appels depuis l’incident, la ferveur médiatique autour de l’évènement et les différentes procédures enclenchées par l’aviation et les syndicats suite à ce semi-crash.

Si je trouve ce début un peu simpliste ou en tout cas trop basique dans le déroulement des scènes ainsi que dans le rythme mis par Clint Eastwood dans son œuvre ; je l’excuse en me justifiant à l’oreille que c’est une adaptation d’une nouvelle/d’un tableau de bord écrit par l’aviateur il y a quelques années et que donc s’il souhaite prendre une structure narrative proche d’une thèse son choix de réalisation n’est pas critiquable.

Sully

Le casting ?

Plus le temps passe, plus je me sens vieillir. Bien que je sois né dans les années 90, il me semblait avoir vu hier tous les chefs d’œuvres de Tom Hanks. Pourtant, ce multiple oscarisés n’est plus tout jeune, il a du vécu, il possède déjà une vie bien rempli. L’ancien Forrest a bien vieilli malheureusement et touche désormais la soixantaine. Le voir avec des cheveux blancs m’a fait un choc. Quelques semaines auparavant je suis allé voir Inferno où il était encore brun alors que désormais on se rend bien compte qu’il vieillit. Bien que ce soit une teinture pour ressembler à Chesley Sullenberger, le grand Tom Hanks n’est plus tout jeune. Son jeu est toujours aussi propre et Sully ne me fera pas changer d’avis, mais désormais ses rôles vont être différents. On l’a connu en tant que jeune adulte (Big) ou en quarantenaire (Il faut sauver le soldat Ryan), désormais on le verra incarner des hommes d’expériences. Ce ne sera pas horrible car ces talents sont multiples et sa perception du monde est incroyable, mais ce ressenti est bizarre et me rend nostalgique.

Autre acteur notable, le second pilote du vol 1549 US Airways, monsieur Jeff Skiles ou plutôt Aaron Eckhart. Je ne sais pas vraiment quoi en penser car je suis entre deux sensations et j’aimerai bien me décider en jouant à pile ou face. Sur l’un des côtés de la pièce, je me dis qu’il a des interventions assez fortes et assez louables, mais de l’autre, je suis plus critique. Je ne ressens pas la puissance théâtrale qu’il aurait dû mettre dans son rôle. Lors du crash, je ne perçois pas un stress énorme de sa part. Lors de ces remarques où il monte d’un ton, il n’est pas tout le temps crédible, il semble énervé mais il ne le fait pas forcément à fond. In fine, il aura une ou deux répliques lors du procès ou plutôt de l’enquête et je ne suis jamais arrivé à m’immerger dans ses paroles. Cela vient peut-être de moi, mais je n’ai pas été transcendé par ce qu’il a proposé dans Sully.

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Et au final ça donne quoi ?

Dès que je suis sorti de ma salle de cinéma, un film m’est venu toute suite en tête : JFK. Clint Eastwood a choisi d’aborder cette histoire avec un point de vu différent. Si de nombreuses personnes auraient sûrement choisi de conter ce récit en ce centrant sur ce héro américain ; le cinéaste a choisi une tournure bien différente. Au lieu d’idéaliser un personnage ou de retracer la vie quelconque ou presque d’un homme de soixante ans proche de la retraite qui réussit en cinq minutes à sauver 154 autres personnes, il décide de parler des contours de cette histoire. Que s’est-il passé ? Qu’a-t-il ressenti quelques heures puis quelques jours après ce choc ? Fût-il considéré comme héro en backstage ? Si j’évoque JFK c’est pour ces nombreuses procédures administratives en annexe, son point de vue politique ou moral et surtout pour certaines répliques de fin de film. Il y a d’ailleurs une très belle réplique de Tom Hanks dans le dernier quart d’heure où il répond aux attaques du NTSB qui l’accuse d’avoir fait un mauvais choix en atterrissant sur l’Hudson plutôt que dans l’un des aéroports proches du crash. Je vous laisse admirer la réplique :

« Nous avons tous entendu parler des simulations par ordinateur et maintenant nous en voyons une véritable, mais j’ai énormément du mal à croire que vous n’ayez toujours pas tenu compte du facteur humain. Ces pilotes ne se comportaient pas du tout comme des humais ou comme des pilotes qui expérimenteraient ça pour la toute première fois. »

Le message est clair, après s’être attaqué à l’euthanasie, le racisme, à la foi et j’en passe, désormais Clint Eastwood évoque l’IA ou plutôt la transformation vers la robotique de la société. Comme d’habitude, derrière chacune de ces histoires, il y a un propos, un débat, une envie d’évoquer des thèmes forts. Si je trouve le film un peu court puisqu’il ne dure qu’une heure trente, le natif de San Francisco n’a pas perdu son talent. Il prend une œuvre cinématographique comme un moyen de communication et, puisqu’il est sûrement dépassé du haut de ces 86 ans par les technologies, il n’hésite pas à évoquer vaguement son mécontentement à travers une histoire forte. On pourrait également parler de politique, car il y a aussi une envie du réalisateur de donner espoirs aux gens, mais cela partirait dans un débat sur Trump comme la plupart des internautes et je n’en vois pas l’intérêt.

Sully

Pour conclure avec cette critique, je ne pense pas que Sully soit un « chef d’œuvre » bien que je fus ému à de nombreuses reprises en voyant sa reconstitution du vol 1549 US Airways, ce qui d’ailleurs est sûrement dû à ma phobie de l’avion, mais ce film est comme d’habitude une œuvre à voir. Clint Eastwood aurait dû et sûrement pu offrir une plus grosse force dans ses propos en offrant 30 minutes supplémentaires à ses spectateurs, mais si vous n’avez toujours pas vu Sully, je vous le conseille vivement.

Tomas Richy

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