Après Séance : Rogue One – A Star Wars Story

Rogue One affiche

Star Wars : A Rogue One est un film de science-fiction réalisé par Gareth Edwards.

Le film a connu de nombreux problèmes pendant sa production. Alexandre Desplat, le célèbre compositeur français fût gentiment remercié par Disney et Chris Weitz, le scénariste aurait, selon les rumeurs, été très critiqué par les nouveaux propriétaires de la saga qui ont donc fait appel à Christopher McQuarrie au milieu du tournage afin d’améliorer le script actuel.

« Rogue One s’éloigne cependant du space opera original pour réaliser une œuvre où l’on retrouve des éléments de l’univers de George Lucas, non pas tels qu’ils étaient vraiment mais comme on s’en souvient. »

Gareth Edwards

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Je suis un énorme fan de l’univers créé par Georges Lucas dans les années 70. J’ai dû voir la plupart des films des centaines de fois, j’ai lu de nombreux romans et je possède un nombre incommensurable de goodies que je ne peux même plus faire le compte. J’attendais cependant qu’à moitié ce soit disant « spin-off ». Je mets entre guillemet, car j’évoquerai ce mot plus tard dans l’article. La bande annonce ne m’enthousiasmait pas, les soucis externes m’ont inquiété et le septième opus m’a gêné sur de nombreux points. Je suis donc parti dans la première séance de mon cinéma sur la pointe des pieds.

Un petit mot sur l’histoire ?

En 1977, Georges Lucas sort Star Wars IV : Un nouvel espoir. On apprend rapidement dans cette œuvre que la princesse Leia tente de transmettre les plans de l’étoile noire aux rebelles afin de détruire l’Empire ou de manière plus générique, les méchants. Rogue one est un préquel plus qu’un spin-off de mon humble avis. L’épisode se déroule quelques années puis quelques jours avant cet évènement et raconte l’histoire de la création de l’étoile noire jusqu’à la recherche des plans dont j’ai parlé un peu plus haut. Cette œuvre n’est pas un spin-off si elle a un lien direct sur le récit. Si on joue sur les mots et qu’on me ressort la définition du terme, pourquoi n’appelons-nous pas la deuxième trilogie des spin-offs ? S’ils sont si intéressés par des spin-off pourquoi raconter cette histoire ? On aurait pu évoquer celle de Yoda ou de manière plus vaste l’avènement de la République Galactique ou l’apparition des Jedi ; non, Disney décide de nous conter une histoire étroitement liée à ce qu’il considère être la trame directrice de l’univers inventé par Lucas. Cela ne me dérange pas, mais c’est joué sur les mots que de décrire cette œuvre comme un spin-off et non un préquel.

Les premières minutes ?

De manière assez paradoxale, la première demi-heure du film est celle que j’aime le moins apprécié alors que c’est celle qui a le plus d’intérêt cinématographique. Je reviendrai plus en détail sur ces critiques, mais pour être assez vague, le film est coupé en deux parties. La première semble être une critique sociétale alors que la seconde est un mélange de divertissement et de fanbase. Si je critique quelques lignes plus haut le mot « spin-off », les premières minutes vont pourtant dans ce sens. Bien que l’on nous évoque l’étoile noire, l’histoire choisit une autre priorité. On nous fait découvrir de nouveaux personnages, une ambiance post-guerre et on a une belle vision de ce qu’est une rébellion. Dommage qu’ensuite ces personnages perdent toute saveur et deviennent une pièce et non la base de l’édifice.

rogue-one

Le casting ?

Deuxième coup de gueule de la journée, car des fois il est bon de gueuler, même dans le vide, c’est la transformation du cinéma. J’en ai marre de devoir me coltiner un film en VF et en 3D si je souhaite avoir accès à du Dolby Atmos. Alors pour ce qui est de la version française, j’espère qu’ils arrêteront de prendre les gens pour des automates et les encourager à rester superficiels. Un acteur n’est pas qu’un corps ! Un comédien ne joue pas qu’avec son physique, son jeu possède autant voir plus de force par son intonation de voix et sa façon de retranscrire à l’écran son texte que par sa démarche ou ses mimiques de visage. Je n’ai rien contre les doubleurs, c’est un métier légitime et j’espère qu’ils auront toujours une profession dans 20 ans, mais à une époque, ils avaient du temps pour le faire. Aujourd’hui, la mondialisation et la pluralité du cinéma l’en empêche, mais qu’est-ce que c’est gavant. Je n’ai pas spécialement quelque chose à dire sur les doubleurs de Star Wars : A Rogue One, mis à part une ou deux scènes de Felicity Jones et la plupart des interventions de Forest Whitaker, mais j’en ai marre.

Cela va donc être très difficile de juger l’acting. Pour vous dire, le personnage que j’ai apprécié le plus est Chirrut Imwe incarné par Donnie Yen qui ne parle jamais ou presque. Il incarne un aveugle lié à la force qui et apporte sa sagesse à certains moments. Indépendamment de quelques phrases, il ne débite aucun mot pendant deux heures et pourtant c’était le plus crédible, le plus attendrissant.

Rogue One

Et au final ça donne quoi ?

En termes de réalisation, certaines idées de Gareth Edwards que je n’apprécie pas de manière globale sont bonnes. On retrouve un très beau clin d’œil lors des cinq premières minutes à l’épisode IV puisqu’il a eu l’idée de mettre dans l’un de ses premiers plans un général de l’Empire en blanc entouré de Stormtroopers noirs. C’est un joli symbole à Lucas puisqu’en 1977, le créateur de Star Wars avait décidé de jouer sur cette différence de couleurs en mettant en avant Dark Vador et son habillage ébène suivi de soldats blancs. Par malheur, Edwards n’a pas autant d’imagination que son aîné. Si Georges avait proposé ce contraste ce n’était pas sans intérêt scénaristique. Il souhaitait présenter l’obscurité, la noirceur des Siths ainsi que la simplicité intellectuelle des Stormstroopers. Comme nous l’apprendrons dans l’épisode 2, ce sont des clones et ils n’ont pas été créés pour réfléchir ou ressentir quelque chose, d’où cette couleur blanchâtre qui montre la simplicité intellectuelle de ces combattants. Cette fois-ci ce choix de réalisation ne mène à rien et n’a aucun intérêt dans l’histoire. Que j’aime ou non Star Wars 7, cette idée de proposer un Stormstrooper noir est intelligemment bien pensé. J.J. Abrams justifie son choix tout au long de son œuvre et cette différenciation n’est pas politique, mais scénaristique.

Pour finir avec la réalisation, le rythme mis dans certaines scènes est très académique. Lorsqu’ils doivent partir de Jedha suite à un évènement important de l’histoire, Gareth Edwards tente de mettre de la tension en accélérant le nombre de plans et en rapprochant sa caméra. Il manque néanmoins de cohérence dans cette envie soudaine, puisque l’on ne s’inquiète nullement pour le vaisseau. Aucune collision n’est vraiment perceptible et on n’est absolument pas affolé par la situation.

Passons désormais à la 3D ; je veux bien qu’on nous oblige à payer 5 euros de plus pour mettre en trois dimensions des personnages, mais j’aimerai voir la différence ! Car j’ai lu pas mal d’articles qui m’expliquaient que cet opus avait été tourné avec des modèles numériques en 65mm et qu’il y avait des techniciens à 360° (d’ailleurs ils ont dû porter des costumes pour ne pas poser trop de problèmes en post-prod s’ils étaient dans le champ de la caméra) pour créer une 3D réaliste, mais ce n’est pas le cas. Encore une fois ce nouveau choix de réalisation est purement commercial et n’apporte rien à l’œuvre.

Pour ce qui est de la musique, ce sera très court, mais je n’ai vraiment pas été emballé par Michael Giacchino. Je veux bien qu’on me ressorte toutes les personnes qui ont travaillé sur Star Trek, mais qu’on me propose quelque chose de nouveau. La bande son ressemble à du John Williams sans le même talent. On dirait qu’il a voulu s’inspirer du compositeur américain, mais comme il ne voulait pas le copier, il s’est arrêté dans sa fougue au moment où ça devenait intéressant.

Il serait bon de finir par le scénario. Malgré tous ces points négatifs, Star Wars n’est pas la pire œuvre de ces dix dernières années. J’ai commencé à entrevoir les critiques qui persistaient à dire que le film est purement commercial et sans aucun intérêt. Je souhaite ajouter une nuance à ces propos globalement justes pour les raisons qui vont suivre.

Certes, la deuxième partie est purement marketing. On nous offre de grosses batailles qui ressemblent au débarquement des américains en Normandie et le scénario est très basique pour ne pas dire hyper prévisible. Une scène me vient une nouvelle fois en tête (attention petit spoil), lorsque l’un des personnages meurt sur Scarif, on a la traditionnelle scène où l’un des héros pleure sur le corps et ne souhaite plus partir. Déjà on savait que cet individu allait nous quitter, c’était gros comme une maison, mais en plus on nous offre une scène niaise à souhait. Bien évidemment, un autre personnage lui demandera de partir et quelques secondes après avoir dit « Nooooonnnn, je ne veux pas, je ne peux pas », il part. Deux minutes plus tard, cet individu n’est plus triste et fait une mini crise peu réaliste et encore vous verrez ce qui se passe à la fin… Alors oui, Rogue One a de nombreux défauts comme son manque de fond de manière globale, mais il y a de belles choses à retenir.

Tout d’abord, étant un amoureux inconditionnel de la saga, quand on m’offre du fanbase, je prends avec plaisir. Sans surprise on verra deux personnages importants de la première trilogie, dont l’un d’eux m’a fait halluciner en voyant l’avancée technologique du cinéma ; mais on a également le droit de retrouver d’anciens vaisseaux, des symboles liés à l’épisode 4, 5, 6 et des réponses pour attirer les fans.

In fine, la plus belle réussite de ce film vient de la première heure. Bizarrement, l’œuvre semble être découpé en deux parties, comme si les rumeurs sur le scénario disaient vrai. On a tout d’abord un projet avec une vision, une envie d’offrir un contenu intelligent puis le temps s’écoule et le film se transforme progressivement en un énorme divertissement markéting pour plaire aux jeunes ados et aux fans. Dans cette première portion, celle qui nous intéresse, on a la possibilité d’assister à une vrai critique sociétale et politique. Lors des premiers épisodes de la saga de Lucas, les rebelles ont été mis en avant et portaient sur leurs épaules le combat contre la dictature, le pouvoir et la résistance. Désormais ce qui semblait être une évidence ne l’est plus. A l’image des révoltes faites par les peuples d’Afrique du nord ou du Proche-Orient, ces personnes ne sont pas forcément toutes blanches. Ils peuvent également faire preuve de cruauté et bafouer certaines règles qu’ils combattent. Cette vision de Gareth Edwards me plaisait, c’est vraiment dommage qu’il n’ait pas persisté dans cette voix.

rogue one

Je ne saurais quoi vous dire de plus sur Star Wars : A Rogue One. Ce n’est clairement pas un bijou cinématographique, mais si vous êtes attirés par la saga, vous aurez accès à quelques réponses. Cette fois-ci Disney ne contredit pas les bases, les règles scénaristiques de la série originale et finit son œuvre de manière propre. Je suis plutôt agréablement surpris par ce que l’on m’a proposé aujourd’hui au vu de tous les pépins qu’a connu ce soi-disant spin-off lors de la production.

Tomas Richy.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. princecranoir dit :

    Très juste analyse de la part d’un fin connaisseur de la saga. Je me reconnais assez dans toutes ces critiques, ce qui me conforte à trouver l’épisode Abramsesque bien supérieur.

    Aimé par 1 personne

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