Les Grandes gueules (1965)

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Les Grandes gueules est un film d’aventure franco-italien, réalisé par Robert Enrico.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Une rencontre entre deux grands acteurs du cinéma français avec pour fond le massif montagneux et forestier des Vosges. Tout cela, sous les yeux agars de Robert Enrico (Le Vieux Fusil) et José Giovanni (Le Ruffian). Que demander de plus ?

Un petit mot sur l’histoire ?

Hector Valentin, un Français qui vit depuis plusieurs années au Canada, apprend par son notaire qu’il vient d’hériter d’une scierie dans les Vosges. De retour en France, il constate avec dépit que le « haut-fer » est en ruine, mais décide de faire revivre l’entreprise. Cependant, une autre scierie existe déjà dans le village, et son propriétaire, Therraz, heureux de la disparition de son concurrent, se présente à Valentin dans le but de lui acheter son héritage. Devant le refus de vendre et la détermination du nouveau venu, Therraz n’aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Valentin. Ce dernier va engager plusieurs repris de justice pour relancer sa scierie et ainsi concurrencer Therraz.

Les premières minutes ?

Dés l’ouverture, Robert Enrico nous fait sentir la richesse naturelle des Vosges. Il nous immerge au milieu des grands espaces de la région. Le réalisateur met également l’accent sur le côté rustique et dur des métiers du bois. La musique de François de Roubaix enveloppe à merveille tout ça à merveille, on y ressent même un petit côté Morricone dans l’intention du compositeur.

Le personnage d’Hector Valentin (Bourvil) nous ait présenté avec subtilité, à travers de bons dialogues et les actes. On le voit vite être confronté à la concurrence ainsi qu’à l’incompétente de ses ouvriers qui ont également un penchant pour le « litron ».

On a donc un démarrage séduisant, qui rappelle les belles heures du cinéma français. Robert Enrico met l’accent sur le réalisme et Bourvil va également dans ce sens. L’acteur se montre déjà en grande forme et n’hésite pas à mouiller la chemise. Ce premier quart d’heure se conclut sur l’arrivée de Lino Ventura, la rencontre de deux géants.

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Le casting ?

Comme je vous le disais ci-dessus, ce film symbolise une rencontre de cinéma. Pour la première fois et l’unique, Bourvil et Lino Ventura jouent côte à côté. L’alchimie est présente, on sent que les deux acteurs sont contents de faire se faire ce film. Chacun se montre investi par son personnage. Un duo qu’on aurait aimé revoir pour d’autres films du genre.

Le reste de l’équipe est pas mal non plus, on a la sublime Marie Dubois, l’américain Jess Hahn, Michel Constantin, Pierre Frag ou encore Jean-Claude Rolland. Une distribution qui a de la gueule et du charme pour des hommes durs au cœur tendre.

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Et au final ça donne quoi ?

Un grand et beau film d’hommes comme on en fait plus. Robert Enrico flirte avec le western, il mise avant tout sur l’environnement naturel et ses acteurs. Bien sûr, l’histoire et la conception des personnages ont également leurs importances. Sa mise en scène dégage du charme et de la simplicité, ce qui nous donne un véritable aspect authentique au film. La nature vosgienne est magnifiquement captée. Le réalisateur mixe le drame et l’humour à merveille, et parsème quelques notes d’amour. La place des femmes dans ce long métrage, dans cette histoire d’hommes, est réfléchie et intéressante.

José Giovanni est à l’écriture des dialogues et de l’histoire qui s’inspire de son propre roman. Dans l’ensemble c’est solide, passionnant et émouvant surtout quand on a des grands acteurs et un réalisateur talentueux. On traite de bandits à différentes échelles et de la rude concurrence industrielle. D’ailleurs, je trouve que le duo Enrico/Giovanni fonctionne et s’est reformé par deux fois après ce film.

Pour la bande originale, François de Roubaix souffle un vent de western à la Morricone/Leone. On retient avant tout le thème principal du film avec ce petit air d’harmonica.

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En résumé, Les Grandes gueules est un grand film d’aventure humaine. Le duo Bourvil/Ventura est sublime !

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Ciné Rado dit :

    A l’origine c’était une nouvelle et non un roman qui a beaucoup plu à Lino et ce dernier a insité son ami Giovanni a le scénariser pour en faire un film, ainsi le roman et le film ont vu le jour.
    Lino et Bourvil avait déjà joué avant, dans « Le chemin des écoliers » de M. Boisrond.
    Ce fut le premier grand « tube » pour François de Roubaix, la musique est extraordinaire, il était né une grande amitié ente de Roubaix et Giovanni, a tel point que de Roubaix demandera à Giovanni s’il pouvais faire la musique de « Le samouraï » car Giovanni s’était fâché avec Melville. Giovanni ne voulait plus que de la musique de de Roubaix (hélas en novembre 75 ….. )

    Aimé par 1 personne

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