La Guerre de Murphy (1971)

la guerre de murphy

La Guerre de Murphy est un film de guerre britannique réalisé par Peter Yates. Il s’agit de l’adaptation du roman « Murphy’s War » de Max Cato.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Quand Peter O’Toole (Lawrence d’Arabie) rencontre Philippe Noiret (Cinéma Paradiso) sous la houlette de Peter Yates (Bullit), comment résister ?

Un petit mot sur l’histoire ?

En mai 1945, un cargo britannique est torpillé par un U-Boot dans le delta de l’Orénoque, un fleuve du Venezuela, et l’équipage est massacré. Murphy, simple cuistot irlandais, est l’un des deux seuls survivants avec un pilote aviateur, le lieutenant Ellis qui est grièvement blessé. Ils trouvent refuge dans une mission dirigée par le Docteur Hayden, une femme médecin quaker; auprès de laquelle est abandonné depuis le début de la guerre Louis Brezon, un ingénieur français travaillant pour une compagnie pétrolière. Ayant intercepté une conversation radio, les Allemands se présentent à la mission, abattent Ellis afin que personne ne retrouve leurs traces et détruisent la radio. Bien décidé à se venger, Murphy répare l’hydravion du lieutenant Ellis et s’en va bombarder le sous-marin. Il le rate et le U-Boot surgit afin de détruire la mission. Murphy décide alors de retrouver le U-Boot et de le couler afin de venger la mort de ses amis, quand on apprend la fin de la guerre. Mais la fin de la Seconde Guerre mondiale ne met pas fin à celle de Murphy qui cherche ensuite toujours à se venger.

Les premières minutes ?

Le générique installe immédiatement le climat de guerre dans toute son horreur. La musique de Ken Thorne et John Barry est portée sur les cuivres et ce qui amène une sonorité terriblement sombre. Le son sous toutes ses formes, occupe une place importante.

Le personnage de Murphy (Peter o’toole) nous accroche direct avec son tempérament brut de décoffrage. La rencontre avec Louis (Philippe Noiret) a quelque chose de très complice. On a deux hommes solitaires dans l’âme qui sont réunis par la guerre. Ce qui est également très intéressant c’est de voir à quel point la Seconde Guerre Mondiale à eu un impact sur l’ensemble du monde et ce même dans les pays les plus reculés comme le Venezuela.

On a donc un premier quart d’heure captivant qui inspire à un film de guerre profondément passionnant.

Murphy's war

Le casting ?

Le réalisateur Peter Yates réunit deux pointures du cinéma avec d’un côté Peter O’Toole et de l’autre Philippe Noiret. Du début à la fin, le duo fonctionne à merveille. Les deux acteurs sont en forme, mais il faut avouer que notre Philippe Noiret tient un personnage plutôt calme. Cela contraste avec la fougue du personnage de Murphy et c’est là que le scénariste Stirling Silliphant (L’aventure du Poséidon, La Tour Infernale) et Peter Yates insistent sur cet aspect, notamment sur la scène finale.

Dans le rôle du Dr Hayden, on retrouve la vraie femme de Peter O’Toole à l’époque, à savoir Siân Phillips. L’actrice dégage une grâce et une certaine pudeur à la Kristin Scott Thomas. Elle incarne son personnage avec conviction.

L’acteur allemand Horst Janson interprète de manière convaincante le capitaine nazis du sous-marin. Il aurait été intéressant d’intensifier un peu plus ce duel à distance entre lui et Murphy.

Dans son ensemble, la distribution répond honorablement aux attentes qu’elle suscitait.

la guerre de murphy

Et au final ça donne quoi ?

Peter Yates nous embarque dans un film de guerre à contre-courant de ce qu’on observait à l’époque dans le genre. Le réalisateur se concentre ici sur la période trouble de la fin de guerre et sur les hommes solitaires qui aimeraient obtenir une certaine reconnaissance aux yeux du monde.

Pour nous partager cette histoire plus profonde qui n’y paraît, le réalisateur propose une mise en scène qui se veut authentique, rythmée et au plus près des personnages. Il s’appuie également sur les décors naturels du Venezuela avec le fleuve, la forêt ou encore la plage. Si l’on devait chipoter un peu, il aurait été très intéressant de donner un peu plus d’importance aux villageois vénézuéliens. En dehors de ça, Yates traite avec sérieux son sujet en y greffant sa patte, comme le prouve la scène en avion et le final. On palpite avec Murphy, comme c’était le cas avec Steve McQueen dans Bullit.

Sur le fond, le scénariste américain Stirling Sillphant met l’accent sur les destinés d’hommes solitaires sur fond de guerre et de vengeance. Pour Murphy, le côté vengeresse est utilisé comme prétexte pour se prouver qu’il a un rôle important dans ce conflit et ainsi avoir sa part d’héroïsme. Une obsession traitée avec attention, sans tomber dans le redondant ou le ridicule. Le culot de Yates fait écho au scénario, qui traite un sujet et des thèmes intemporels en osant remettre en cause un camp comme l’autre. Comme il a déjà été dit ci-dessus, le côté vénézuéliens n’est pas assez exploré et un peu dommage, car il y avait matière a s’y intéresser.

Pour la bande son, Ken Thorne et John Barry orchestre un score vibrant et dramatique, à l’image du thème principal. Par moments, on se rapproche de certaines compositions de John Williams.

Peter O'Toole Murphy

En résumé, La Guerre de Murphy est un très bon film de guerre qui ose se démarquer et pointer du doigt l’horreur de la guerre et ce même quand elle se finit. Peter O’Toole impose son charisme et son savoir-faire avec une aisance remarquable.

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