Divines (2016)

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Divines est un film dramatique franco-qatari réalisé par Houda Benyamina.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Il s’agit du premier long de la réalisatrice Houda Benyamina. Il a reçu un excellent accueil au Festival de Cannes et lors de sa sortie en salles. J’étais tout simplement curieux de voir si toutes les louanges étaient justifiées.

Un petit mot sur l’histoire ?

En banlieue parisienne, la jeune Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par sa meilleure amie Maimouna, elle abandonne le lycée professionnel et propose ses services à Rebecca, une dealeuse respectée dont elle gagne progressivement l’estime. Sa rencontre imprévue avec Djigui, danseur troublant de sensualité, va l’ébranler, mais il est difficile de sortir de l’emprise de Rebecca.

Les premières minutes ?

La réalisatrice pose immédiatement le cadre du quartier sensible où deux adolescentes piétinent avec des étoiles plein la tête. Le générique se montre original et vient appuyer l’amitié et la complicité entre les deux jeunes filles. Très vite, on ressent la rage qui habite Dounia à s’en sortir. Elle conserve l’espoir de pouvoir un jour sortir de cette pauvreté, une volonté de survivre à l’environnement oppressant qui l’entoure.

Quinze premières minutes qui paraissent classique sur le fond mais la forme laisse entrevoir un traitement différent de ce qu’on a pu avoir auparavant dans le genre.

Divines

Le casting ?

En tête, on découvre une incroyable jeune actrice en la personne de Oulaya Amamra. Elle livre une interprétation surpuissante et juste, du début à la fin. Il s’agit clairement de la révélation du film. Elle mérite amplement sa nomination aux Césars et j’espère qu’elle sera récompensée pour cette divine performance.

A ses côtés, Déborah Lukumuena se montre à l’aise dans son personnage pour son premier rôle au cinéma. Sa prestation dégage beaucoup d’émotions dont l’impact nous fracasse littéralement à la fin.

Kevin Mischel se fond parfaitement dans son personnage, il déploie un travail frontal et c’est à travers lui que la réalisatrice élabore le rapport au corps et ce de la plus belle des manières.  Sous les traits de Rebecca, Jisca Kalvanda propose une composition forte et percutante.

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Et au final ça donne quoi ?

SUBLIME ! On ne va pas y aller par quatre chemins, il s’agit d’un gros coup de cœur ! Pour son premier long métrage, Houda Benyamina nous met K.O. avec un véritable film coup de poing. Elle dresse des portraits de femmes fortes dans un milieu où il est difficile de se montrer et d’espérer s’en sortir.

La réalisatrice filme avec élégance et pudeur ces jeunes femmes qui souhaitent sortir de la fosse dans laquelle elles ont grandi. Sa mise en scène se focalise sur les personnages et sur l’environnement. La cité de la Noue à Montreuil n’a pas été choisie par hasard. Les sous-terrains, les caves ou encore les blocs contrastent parfaitement avec la ville de Paris. D’un côté il y a l’enfermement et de l’autre la liberté. C’est là que réside le nerf de l’histoire, s’évader vers quelque chose de plus beau.

 En ce qui concerne l’écriture, on retrouve quelques références à La Haine et L’esquive mais ce n’est pas tout. Il s’agit en premier lieu d’une grande histoire d’amitié entre deux adolescentes qui rêvent de quitter le monde qui les entoure et pour cela elles choisissent le chemin le plus court qui se trace devant elles. C’est amorcé à la manière d’un drame social pour ensuite être assaisonné de quelques touches de polar et de romance. On suit l’évolution des personnages à la loupe et on s’y attache à ces héroïnes des temps modernes. Les clichés sont globalement évités, tout en conservant un certain réalisme sur la société d’aujourd’hui. Ce qui est également intéressant c’est l’effet miroir entre l’homme et la femme, les rôles sont échangés et c’est aussi sublime qu’intelligent.

La bande originale de Demusmaker répond et fond avec le propos. Ça jongle entre la mélancolie et des compositions plus intenses en terme de rythme.

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En résumé, Divines est l’un des grands films français de 2016. Une œuvre pleine d’émotions et d’intensité. Notre favoris pour les Césars.

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