Après Séance : Fences

fences-affiche

Fences est un film dramatique américano-canadien réalisé par Denzel Washington.

Dix années après The Great Debaters (critique à venir), Denzel Washington fait son retour derrière la caméra pour l’adaptation de la pièce de théâtre Fences au cinéma. L’acteur/réalisateur a découvert cette pièce en 1984, il a été très touché par l’histoire et le personnage de Troy. En secret, Denzel Washington avait toujours rêvé interpréter ce personnage qui faisait écho en lui, c’est pourquoi, il a tout fait pour jouer dans l’adaptation d’August Wilson au théâtre en 2010. Une mise en scène et des interprétations hautement saluées par la critique, ce qui a donné envie à Denzel Washington de réaliser le film.

En 2013, Denzel est confirmé par la Paramount au poste de réalisateur et d’acteur pour porter cette adaptation sur la grande toile. L’acteur/réalisateur a carte blanche, notamment pour la distribution et reprend ses amis et partenaires de la pièce  Mykelti Williamson, Russell Hornsby, Viola Davis et Stephen Henderson. Le scénario est signé en grande partie par August Wilson, décédé en 2005. Tony Kushner (Munich, Lincoln) a participé à la finalisation sans être crédité au générique.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Denzel Washington fait partie des acteurs américains que j’apprécie énormément. Je ne voulais pas rater son retour derrière la caméra et en plus de cela, pour une histoire qu’il affectionne énormément. Il s’est donné à fond pour que ce film voit le jour, je suis plutôt confiant qu’en à sa qualité et à sa prestation.

Un petit mot sur l’histoire ?

L’histoire bouleversante d’une famille où chacun lutte pour exister et être fidèle à ses rêves, dans une Amérique en pleine évolution. Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

Les premières minutes ?

Le film s’ouvre la ville de Pittsburgh durant les années 50 où l’on suit deux éboueurs âgés d’une cinquantaine d’années. Le regard se pose immédiatement sur Troy Maxson (Denzel Washington), on entre dans son quotidien de vie et on y entrevoit aussi son caractère bien trempé et quelque part aussi la souffrance de tout un peuple.

L’aspect théâtrale se fait ressentir dés qu’on arrive dans l’arrière cour de la maison. L’accent est mis sur les dialogues et certains objets. Le rythme est posé afin de mieux s’immerger au sein de cette famille et de faire connaissance avec les différents personnages.

Un premier quart d’heure intéressant, mais qui reflète un peu trop le théâtre. Denzel Washington a tenu à adapter le plus fidèlement et respectueusement possible la pièce d’August Wilson.

fences

Le casting ?

On s’en doutait en voyant la bande annonce, Denzel Washington tient un rôle sur mesure et qu’il connait bien. L’acteur est impérial, il propose une composition complexe d’un personnage irritant, agressif mais aussi très attachant. Sa nomination à l’Oscar du meilleur acteur est clairement méritée.

Sous les traits de Rose, Viola Davis incarne elle aussi un personnage qu’elle connait parfaitement. Il se dégage énormément d’émotions et de force dans sa prestation. Il s’agit sans aucun doute de l’un des meilleurs rôles de sa carrière.

Jovan Adepo est la petite révèlation du film. Pour son premier rôle au cinéma, le jeune acteur livre une interprétation solide et juste. Mykelti Williamson est convaincant et touchant dans le rôle de l’oncle Gabriel. Russell Hornsby et Stephen Henderson répondent eux aussi présents.

fences

Et au final ça donne quoi ?

Le générique de fin arrive et c’est un grand silence qui habite la salle obscure, personne ne se lève. Nous venons d’assister à un beau film où les larmes de colère et du chagrin ne laissent pas insensible.  Avec son troisième long métrage en tant que réalisateur, Denzel Washington signe une œuvre imparfaite dotée d’une profondeur, d’une puissance qui interrogent et émeuvent le spectateur.

Comme le laissait entendre le premier quart d’heure, Denzel Washington a tenu à axer sa mise en scène sur du théâtre filmé. On entre dans le huis clos dés que l’on accède à la maison de Troy et sa famille, et c’est peut être sur ce point que le réalisateur a trop insisté. Ça manque d’évasion par moments et de liberté chez Washington. On entrevoit des minis ouvertures vers cela, mais c’est trop bref et on revient très vite sur l’aspect théâtrale. Les personnages, les dialogues et certains objets sont les moteurs essentiels de l’histoire vu par le réalisateur. Le rythme est plutôt bien mené grâce notamment à un très bon montage.

Au niveau de l’écriture, c’est fidèle à la pièce, voir même un peu trop. Là aussi quelques libertés et approfondissements auraient été les bienvenus. En dehors de ces quelques détails, August Wilson compose une histoire forte avec des personnages et dialogues affutés et structuré autour d’une clôture, celle de la maison. Il n’y a plus de place pour les rêves et les projets, mais où la rancœur et certains regrets prennent tout l’espace avec notamment le personnage de Troy.

La bande originale reste discrète et efficace, le compositeur brésilien Marcelo Zarvos fait le job sans pour autant nous marquer. Je pense que Howard Shore aurait été parfait pour conduire une telle histoire et intensifier les émotions.

fences

En résumé, Fences est un huis-clos dramatiquement puissant ! Denzel Washington et Viola Davis sont magistraux !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s