Après Séance : Kong – Skull Island

Kong : Skull Island est un film fantastique américain réalisé par Jordan Vogt-Roberts.

Début 2010, Legendary Pictures et Warner Bros. Pictures se lancent dans un nouveau projet, celui d’une saga autour de l’univers fantastique (MonsterVerse) où l’on retrouve des créatures mythiques telles que Godzilla et Kong. Le premier a eu le droit à un film en 2014 réalisé par Gareth Edwards. Le résultat a été tout de même décevant dans sa globalité. Kong : Skull Island a pour but d’approfondir cette mythologie et  d’amorcer un crossover entre Godzilla et Kong.

Pourquoi j’ai voulu voir Kong : Skull Island ?

Malgré la déception ressentie envers Godzilla, je reste curieux de voir ce que pour nous offrir cette nouvelle adaptation de King Kong. Je n’ai pas d’attente spéciale, j’espère un beau spectacle et une histoire qui tient un minimum la route.

Que la séance commence !

Un petit mot sur l’histoire ?

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Les premières minutes ?

Dés l’ouverture, on comprend que ça va être expéditif. On met de côté la finesse et la profondeur pour laisser place à spectacle « pop corn », comme c’était un peu le cas pour Godzilla.

On passe ensuite à quelques explications sur la mystérieuse île qui abrite la créature et on enchaine sur le petit tour des personnages qui vont être embarqués dans l’expédition de reconnaissance. Les stéréotypes ressortent immédiatement, on peut y voir un certain hommage au cinéma des 70’s (Full Metal Jacket, Apocalypse Now) où tout simplement un manque d’originalité. Personnellement, je trouve que ce recyclage peut avoir des côtés intéressants mais j’ai aussi peur que ça tombe très vite dans la surenchère.

Le premier quart d’heure aboutit sur le décollage de l’équipe vers l’île du Pacifique. Visuellement, c’est agréable et le rythme est assez soutenu. On s’aperçoit clairement que l’essentiel visé sera l’action. Ça sonne le divertissement « sans prise de tête » et c’est quand même dommage.

Le casting ?

Sur le papier, la distribution a de la gueule ! Malheureusement, la plupart des acteurs sont réduis à des personnages stéréotypés au maximum. La surenchère que je craignais dégouline de la direction et de l’écriture. Tom Hiddleston incarne un traqueur transparent, limite gênant. Une interprétation qui ne fait pas honneur à son talent.

Brie Larson tient un personnage qui aurait pu avoir une véritable profondeur, malheureusement elle réduite à prendre des photos et à toucher Kong.

Dans la peau du méchant colonel, Samuel L. Jackson surjoue au point d’être énervant et lassant. Son personnage a été composé à la truelle, sans variante et relief.

On peut dire que John C. Reilly est le seul qui s’en tire dans tout ce foutoir. L’acteur tient un personnage intéressant, qui frôle aussi le bâclage par moments mais ça reste convaincant. John Goodman ne fait que de la figuration, à l’image de la plupart acteurs engagés sur ce film.

Et au final ça donne quoi ?

Je me lève de mon siège en ayant le sentiment d’avoir été légèrement diverti et malgré le fait que je n’avais pas d’attente envers ce film, la déception est quand même là. Jordan Vogt-Roberts nous montre qu’il est un « yes man » sans une véritable identité propre. On lui a demandé un film spectaculaire avec pour source d’inspiration Apocalypse Now et il l’a fait sans apporter de l’originalité et de l’intelligence.

Il y a tout de même quelques points positifs, notamment au niveau de la mise en scène. L’esthétisme et les plans iconiques fonctionnent plutôt bien dans l’ensemble. Le souffle spectaculaire et disproportionné sont là, comme c’était le cas aussi pour Godzilla. Les effets spéciaux sont plus que convenables et la photographie de Larry Fong (300) les met parfaitement en valeur. Certaines scènes sont sublimes et vibrantes, mais ça retombe très vite à cause de tous les autres défauts qui gravitent au sein du film. Le montage n’est pas soigné du tout, on a l’impression de voir une hache passée entre chaque scène. Aucun effort n’a été fait sur les transitions et la fluidité du long métrage en souffre beaucoup. On sent par moments qu’il manque certains plans. Autre reproche que l’on peut faire c’est au niveau de l’utilisation de la musique pour faire juste des clips cool à la Suicide Squad. N’est pas Robert Zemeckis, James Gunn ou Zack Snyder qui veut, la musique ça s’utilise avec intelligence.

Au niveau de l’écriture, c’est totalement bâclé ! On est en 2017 ! Le cinéma a évolué, la manière de traiter une histoire et les personnages aussi. Coppola et Kubrick arrivaient à donne un impact fort avec des stéréotypes, mais voila ils savaient comment le composer avec subtilité et nuances. Pour Kong, on a tout de même trois scénaristes et c’est un cafouillage total. A qui la faute ? Comme pour Suicide Squad, c’est un peu tout le monde. Le cahier des charges était simple, en mettre plein les yeux et les oreilles. Pour ce qui est de l’histoire et des personnages, bah on ne se prend pas la tête, on reprend les stéréotypes de base et on les gonfle ! Une exagération lassante et gênante, le pire c’est qu’ils se sont mis à trois pour faire ça.

Pour ce qui est de la bande originale, Henry Jackman compose un score vibrant et épique. Un mélange de d’Hans Zimmer et de Jerry Goldsmith sur certaines parties. Les morceaux additionnelles sont plutôt bien choisis mais elle ne se fondent pas assez au sein film, le côté clip est beaucoup trop utilisé.

En résumé, Kong : Skull Island se veut spectaculaire tout en voulant rendre hommage au cinéma des 70’s. Malheureusement, c’est beaucoup trop décomplexé pour être pris un peu au sérieux. Dommage !

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. newdomdom2006 dit :

    Et bien, ça va te surprendre, mais je suis assez d’accord avec ton article, sauf que moi j’ai aimé qu’on nous prennent pas la tête avec des personnages complexes. je voulais de l’action bestiale, et je me suis régalé. Je pensais voir encore un Kong broadway et j’ai eu un Kong sauvage. Le montage est effectivement pas terrible, mais pour moi le film m’a offert 90 minutes d’action/aventure/fantastique. je ne cris pas au chef-d’oeuvre (excepté tous les plans où Kong apparaît, qui sont absolument sublimes), mais juste au plaisir simple de s’en prendre plein les yeux. Et j’ai aussi aimé Godzilla… C’est pour dire.

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