Cloud Atlas, quand les Wachowski signent une nouvelle expérience à couper le souffle !

Cloud Atlas est un film de science-fiction germano-américain, écrit, produit et réalisé par Lana et Lilly Wachowski (alors connues sous le nom de Lana et Andy Wachowski) et Tom Tykwer, sorti en 2012.

 Le bouche à oreille :

Tout à commencer en 2005, lors du tournage V pour Vendetta, Natalie Portman conseille la lecture du roman Cartographie des nuages, de David Mitchell, à Lana et Andy Wachowski. Instantanément, ils tombent tous les deux sous le charme de l’histoire et des personnages. L’adapter au cinéma sonne comme une évidence pour le duo de réalisateurs, l’acquisition des droits se fait dans la foulée. Les Wachowski proposent à leur ami Tom Tykwer (Cours, Lola, cours) de s’associer avec eux sur le projet. Un an plus tard, le réalisateur allemand accepte, après avoir lui aussi été fasciné par la richesse du roman. Malheureusement, le projet est freiner par l’incompatibilité des agendas.

En 2009, l’idée d’adaptation prend un vrai élan lorsque Tom Tykwer et les Wachowski se retrouvent pendant à Cuba pour ébaucher une première ébauche du scénario. Ils décident tout d’abord de ne pas conserver la structure narrative du roman, cela rendrait le film beaucoup trop complexe.

L’un des films les plus chers du cinéma indépendant :

Le projet est financé en grande partie par des partenaires financiers allemands et un budget prévisionnel de 140 millions de dollars. Aucune grosse production n’a souhaité investir dans cette adaptation, c’est pourquoi les réalisateurs se sont tournés sur le cinéma indépendant. Après quelques semaines, certains investisseurs se retirent, ce qui amène une réévaluation du budget, qui se fixe finalement à 100 millions de dollars. Les Wachowski misent 7 millions de leurs fonds personnels, tandis que Tom Hanks soutient le film et persuade les investisseurs de tenir leurs engagements. Le tournage démarre mi-septembre 2011 et se termine le 21 décembre. L’équipe a traversé le globe, puisque les claps ont été donnés à Majorque,  Londres, Édimbourg, San Francisco ou encore Glasgow.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Cloud Atlas figure parmi mes films préférés de 2012 et je ne m’attendais pas à une telle merveille lorsque je l’ai vu pour la première fois. A travers cette critique, j’espère vous transmettre l’envie de le découvrir ou de le redécouvrir car il s’agit de la plus belle œuvre des Wachowski depuis Matrix.

Un petit mot sur l’histoire ?

Le scénario est constitué de six histoires se déroulant dans différents lieux à différentes époques. Ces histoires se focalisent chacune sur un personnage central ; les personnages centraux de chaque histoire ont pour particularité commune d’avoir une tache de naissance en forme de comète quelque part sur le corps. Ces personnages sont inspirés dans leurs aventures par un héritage provenant de l’histoire précédente. De manière plus générale, les histoires se font plus ou moins toutes écho les unes aux autres…

Les premières minutes ?

L’expérience démarre dés son ouverture avec un Tom Hanks en vieux balafré avec un dialecte particulier. Sa narration vient s’entrechoquer avec celles d’autres  personnages, d’autres époques. Au bout de quelques minutes, on comprend le cheminement qu’on choisit les réalisateur pour nous conter les six histoires. On ne va pas vous le cacher, la structure narrative est plutôt brute pour un premier quart d’heure, il ne rien manquer et il faut surtout s’accrocher ! La plupart des récitants envers ce film n’ont pas été sensibilisés par le procédé, pourtant il est justifié par la suite.

Le charme opère grâce notamment aux côtés visuel et musical. Les Wachowki et Tom Tykwer nous intriguent par ce florilège d’histoires et de personnages, on est curieux de savoir comment tout cela va se développer et aboutir.

Le casting ?

L’un des nombreux points forts de ce film, est sans aucun doute sa distribution prestigieuse. On retrouve chaque acteur et actrice dans les différentes époques, des multi-rôles qui s’accordent avec les prouesses au niveau du maquillage.

Tom Hanks figure parmi les acteurs qui ont suivi et porter le projet depuis le départ. D’ailleurs, l’acteur a exprimé que Cloud Atlas faisait partie des films dont il est le plus attaché avec Seul au monde. A travers ses multiples performances au sein du film, on sent son investissement. Tantôt il nous attendrit, tantôt il nous glace le sang, Tom Hanks nous montre qu’il peut jouer aussi bien le salopard de service, que son opposé. Encore une fois, l’acteur impressionne.

De son côté, Halle Berry se montre tout aussi convaincante et se positionne plus du côté du bien. Ses multiples interprétations sonnent justes, il se dégage sur chacune d’elle une véritable profondeur et sensibilité.

Pour ce qui est de l’incarnation du mal sur l’ensemble des six histoires, Hugo Weaving est fantastique. L’acteur australo-britannique propose des variantes intéressantes dans son jeu en fonction de la méchanceté des personnages qu’il interprète. On a un faible pour sa performance sous les traits de l’infirmière Noakes.

L’acteur anglais Jim Broadbent livre l’une des plus riches performances de sa carrière. A travers des rôles très différents, il affiche une solidité remarquable.

Jim Sturgess, Ben Whishaw et James D’Arcy sont merveilleux et très touchants dans l’ensemble. Hugh Grant est surprenant et ça du bien de le voir interpréter des rôles à contre-emploi.

Et je vais finir par la sublime et magnétisante Bae Doona, terriblement convaincante en Sonmi~451.

Honnêtement, la plupart des membres de ce casting méritaient plus de nominations et de prix à travers le globe car dans ce film, il y a de véritables performances d’acteurs et d’actrices. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être multi-facettes, et pour le coup, l’ensemble de la distribution se montre parfaitement à la hauteur de l’ambition affiché par les réalisateurs.

Pour l’anecdote, sachez que James McAvoy, Natalie Portman et Ian McKellen ont été approchés par les Wachowski pour le film, mais pour cause d’incompatibilités de plannings, ils ont refusé.

Et au final ça donne quoi ?

Une merveille ! Les Wachowski et Tom Tykwer signent une fresque incroyablement riche, complexe et maitrisée. Cela fait la quatrième fois que je vois ce film, et je suis toujours aussi bouleversé et bluffé par ce voyage cinématographique hors norme.

Que ce soit derrière la plume ou derrière la caméra, le trio de cinéastes ont réglé cette adaptation au millimètre. La structure narrative parait complexe au départ, mais elle se fluidifie au fil des minutes grâce notamment au dynamisme apporté par le montage. La réalisation est scindée en deux, d’un côté les Wachowski nous offrent deux visions futuristes, absolument magnifiques et assez flippantes aussi. On en prend plein les yeux et les oreilles, rien n’est laissé au hasard, c’est là que l’on voit une nouvelle fois que ce sont de véritables visionnaires. Avec la photographie, les décors, les costumes ou encore le maquillage, on assiste à des prouesses qui absorbent un peu plus le spectateur au sein de cette excursion lyrique. Le cocktail action/émotion/interrogations est dosé comme il faut. La partie qui se déroule dans l’océan Pacifique est tout aussi sublime et passionnante.

De son côté, Tom Tykwer dirige parfaitement les trois autres histoires, à savoir celles qui se déroulent en 1930, 1970 et 2012. Le réalisateur allemand véhicule énormément d’émotions et un soin tout particulier sur la profondeur des personnages. Bien sûr, les Wachowski font de même mais on le ressent un peu plus du côté de chez Tykwer, comme sur l’histoire de Robert Frobisher qui est particulièrement très forte émotionnellement.

Il se dégage une grande virtuosité et vraie complémentarité entre les deux équipes. Chacune à son chef opérateur, son décorateur, son costumier, mais l’ensemble ne perd jamais de vue la ligne directrice qui les réunit. Il y a une cohésion et une cohérence dans le travail et à l’écran, c’est remarquable !

En ce qui concerne le scénario, il était dit que le roman de David Mitchell ne pouvait pas être adapté au cinéma. Ce n’était pas sans compter sur Tom Tykwer, Lana et Lilly Wachowski. A eux trois, ils ont réussi à retranscrire sur le papier et à l’écran toute la sève que contient Cartographie des nuages. Ils ont instauré une boucle où les tares de l’humain et son système l’ont conduit dans une chute à plusieurs vitesses. Les six histoires font échos à une seule grande histoire, celle de l’homme et de sa destruction. Les thématiques sont explorées jusqu’au bout avec notamment la nature de l’homme, sa destiné, la mort, la réincarnation et l’amour. Le spectateur est sollicité sur chaque mot, chaque action, il lui est imposé de réfléchir tout au long du film et même après. Encore une fois, on reconnait la belle patte des Wachowski sur le script et leurs thèmes de prédilections.

Pour finir, la bande originale est une pure merveille et apporte énormément à l’ambiance du long métrage. Elle inspire énormément d’émotions au spectateur. Tom Tykwer, Reinhold Heil et Johnny Klimek ont composé l’un des plus beaux scores de la décennie.

La question qui nous interroge encore, c’est pourquoi ce chef d’oeuvre n’a pas été mis en lumière dans les cérémonies les plus prestigieuses du globe ? Clairement, Cloud Atlas figure parmi les grands film de ces vingt dernières années.

En résumé, Cloud Atlas est un véritable bijou ! Un condensé d’audace et d’ambition qui traite de la réalité par le rêve. Du haut niveau sur tous les plans.

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Maned Wolf dit :

    Entièrement d’accord ! J’avais d’abord lu le livre et j’ai été enchantée par son adaptation. Evidemment, certains passages ont été simplifiés, mais l’histoire est déjà tellement tordue qu’on ne peut pas leur reprocher d’avoir enlevé quelques personnages pour le film 🙂 Et j’ai adoré l’idée de donner plusieurs rôles aux acteurs, ça reflète bien le côté « histoire dans une histoire dans une histoire… » déjà bien présent dans le livre ! Une pure merveille 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s