La nuit nous appartient (2007)

La nuit nous appartient (We Own the Night) est un film policier américain écrit et réalisé par James Gray. Il s’agit du dernier film issu de la trilogie « drame new-yorkais ».

James Gray a eu un déclic lorsqu’il a lu un article dans le New-York Times relatant des funérailles d’un policier tué dans l’exercice de ses fonctions. Le désir de faire La nuit nous appartient est né ce jour là, son envie était de retranscrire l’émotion qu’il a ressenti lorsqu’il a lu l’article.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Il s’agit tout simplement du meilleur polar du réalisateur américain et il est diffusé ce soir à la télévision. Une occasion à saisir pour revoir ce grand film et en plus de ça le casting est grandiose.

Un petit mot sur l’histoire ?

1988 à New York. Bobby Green est le gérant d’une boîte de nuit à succès pour le compte de Marat Buzhayev, un homme d’affaires russe qui le considère comme son fils. Avec sa petite amie Amada, il assiste à une cérémonie de remise de médailles au cours de laquelle son frère, Joseph Grusinsky, policier, doit être récompensé. Mais l’invitation n’est qu’une excuse pour leur père Burt, également policier, qui avertit son fils que son club est fréquenté par Vadim Nezhinski, un dealer notoire. Quelques jours plus tard, Burt et Joseph organisent une descente musclée dans le club de Bobby. Les représailles sont terribles : un malfrat tire sur Joseph et le blesse au visage. Bobby, bouleversé, décide d’abandonner le monde de la nuit pour aider la police à arrêter Vadim…

Les Premières Minutes ?

Le générique de début s’articule avec des images d’archives de la police de New-York des années 1970 sur fond de jazz. On pense bien évidemment aux références telles que Taxi Driver et Serpico. Le contraste est immédiat lorsque l’on accède à la première scène qui se déroule fin 80 sur du Blondie. Il nous ai présenté Bobby et Amanda, un couple d’amoureux brulants qui travaillent au sein d’un club new-yorkais.

L’opposition entre Bobby et sa famille policière apparait déjà comme le maillon central de l’histoire. James Gray reconstitue avec charme l’atmosphère urbaine et nocturne du New-York à l’ancienne. Le premier quart d’heure est séduisant et pose de manière limpide l’étau dans lequel Bobby se trouve.

Le casting ?

Pour son troisième long métrage, James Gray retrouve deux acteurs qu’il connait bien car il les a dirigé auparavant dans le très bon The Yards. Joaquin Phoenix et Mark Wahlberg forment à nouveau un duo massif et électrique. Il se montre tous les deux très à l’aise dans leurs personnages et cela amène une véritable complicité à l’écran.

Pour le rôle du père et chef de police, le réalisateur souhaitait Christopher Walken pour l’interpréter, malgré l’envie de l’acteur cela ne s’est pas fait à cause d’une incompatibilité de plannings. C’est finalement à Robert Duvall que le rôle est revenu et on peut dire qu’il a à nouveau affirmer son assurance et son expérience pour incarner ce personnage à la double casquettes. Il faut savoir que James Gray a une réelle admiration pour les grands acteurs et actrices des années 70, car ils appartiennent au cinéma de son enfance et c’est au travers de leur travail qu’il a souhaité devenir réalisateur. Pour The Yards, il a eu sous sa houlette Faye Dunaway, Elle Burnstyn et James Caan.

Eva Mendes trouve l’un de ses meilleurs rôles (en même temps ce n’est pas dur), un personnage profond qui apporte la touche tendresse et amour auprès de Bobby et nous montre ainsi une autre facette du mauvais garçon.

Et au final ça donne quoi ?

James Gray signe un grand polar, qui à la fois rend hommage aux grands classiques du genre tout en y apportant sa virtuosité et sa propre sensibilité. La nuit nous appartient est le meilleur volet de la trilogie new-yorkaise du réalisateur.

A travers une mise en scène toute en nuances, James Gray nous emmène au plus près de Bobby (Joaquin Phoenix) et dépeint avec brio les difficultés de sa position inconfortable entre sa famille et la mafia russe. Certains moments du film nous rappellent un peu le cinéma de Michael Mann, en reliant réalisme et grand spectacle. Il équilibre comme il faut la partie tragique, gangsters et familiale. Le suspens va crescendo, tout comme l’intensité qui se dégage des protagonistes. L’urbanisme et le côté sombre de New-York est mis en avant constamment, à l’image de la scène en voitures sous la pluie battante ou des scènes d’intérieurs (club, restaurant, commissariat). L’éclairage tient également son importance pour la vision du cinéaste, cela nous donne une atmosphère particulièrement immersive.

Pour le scénario, Gray s’approprie les codes du polar et de la tragédie grecque. Un mélange réglé au cordeau qui découle d’une grande sensibilité et d’héroïsme. On retrouve le thème de la famille qui est cher au cinéaste, mais aussi la trahison, la vengeance, l’amour ou encore la vie de policier et les risques qu’elle encoure. Des thématiques souvent utilisées dans le genre et qu’ici James Gray s’empare totalement. 

Le compositeur polonais Wojciech Kilar (Le Pianiste) signe une bande originale tranchante d’émotions. James Gray l’utilise à bon escient au sein de son long métrage, encore une fois toute en nuances.

En résumé, La nuit nous appartient est un polar étincelant porté par un grand cinéaste et un casting irréprochable.

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