Birth (2004)

Birth est un film dramatique américain réalisé par Jonathan Glazer.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La première fois que j’ai vu ce film, j’ai vécu une véritable expérience de cinéma. Le sujet est audacieux et original, Jonathan Glazer y soulève quelques questions dont celle de la réincarnation. A sa sortie en salles, le film a connu un accueil glacial pourtant il s’agit d’un drame qui ose à la fois bousculer et émouvoir le spectateur.

Un petit mot sur l’histoire ?

Dix ans après la mort de l’homme qu’elle adorait, Anna est enfin décidée à se reconstruire une nouvelle existence. Aujourd’hui, elle s’apprête à épouser Joseph. Alors que toute la famille prépare l’événement, un jeune garçon surgit et déclare être la réincarnation du premier mari d’Anna. Face à l’incrédulité et aux émotions, l’univers de la jeune femme bascule. L’enfant sait des choses que seuls elle et son défunt mari pouvaient connaître…

Les premières minutes ?

Jonathan Glazer ouvre son long métrage avec une voix off, celle de Sean le compagnon d’Anna, qui évoque la réincarnation avec humour. On enchaine ensuite sur l’incident qui entraine sa mort et avec la naissance d’un petit garçon. Bien évidemment, cela fait écho au synopsis et aux mots de Sean.

On fait ensuite un bon de dix années plus tard. Le rythme est plutôt posé, le réalisateur s’attarde sur les personnages et leurs comportements pour mieux nous dresser leurs portraits. Il souffle une atmosphère légèrement troublante, certains protagonistes souffrent encore de la disparition brutale de Sean. L’arrivée du petit garçon prénommé Sean vient perturber Anna et son entourage. Le film prend une véritable tournure, à la fois étrange, froid et intriguant.

Honnêtement le premier quart d’heure va droit au but, alors soit on accroche ou pas. Personnellement, j’accroche encore une fois à ce propos rarement exploré de cette manière au cinéma.

Le casting ?

Nicole Kidman livre une magnifique composition sous les traits d’Anna. Elle capte à merveille toute la fragilité, la sensibilité et la tourmente de son personnage. Elle démontre une nouvelle fois qu’elle fait partie de la gamme des grandes actrices contemporaines, sa performance dans ce film est tout simplement l’une des meilleures de sa carrière.

A ses côtés, le jeune Cameron Bright  est Sean, et tient ce quelque chose dans le regard qui magnétise le spectateur. Il dégage énormément de crédibilité et d’émotions, qui déstabilise autant le spectateur que Anna dans le film. Une performance « révélation » qui est sans aucun doute la meilleure interprétation de l’acteur à ce jour.

Danny Huston est convaincant dans la peau du futur mari qui voit ses projets bousculés par l’arrivée de Sean. Tout de même, il manque ce petit quelque chose qui fait qu’il ne s’est pas totalement approprié le rôle. J’aurais bien vu Gary Oldman ou Mel Gibson à sa place, notamment pour les moments plus électriques.

Lauren Bacall, Anne Heche et Ted Levine font le job et viennent étoffer efficacement la distribution.

Et au final ça donne quoi ?

Avant de nous déstabiliser intelligemment avec Under The Skin, Jonathan Glazer nous affichait déjà en 2004 son affection pour l’étrange et l’originalité avec Birth.

A travers une mise en scène intimiste, le réalisateur souffle une atmosphère de plus en plus oppressante et dérangeante. On est au plus près d’Anna et de la tourmente qu’elle éprouve. Jonathan Glazer entretient à merveille ce sentiment en posant son regard sur les différents personnages, tout en donnant du sens à l’environnement dans lequel ils se trouvent. On est englobé dans cette ambiance particulièrement froide, élégante et quelque peu énigmatique. Une forme qui amène le spectateur dans une position peu confortable, c’est là que l’on reconnait la patte du réalisateur et que le film puise sa force. Bien évidemment, la performance générale du casting contribue aussi à la réussite sur la forme ainsi que sur les différents sentiments que Jonathan Glazer souhaitait transmettre avec ce long métrage.

Pour ce qui est du fond, Jean-Claude Carrière (Cyrano de Bergerac), Milo Addica (A l’ombre de la haine) et Jonathan Glazer ont réalisé un travail audacieux et intelligent. Pour cette histoire, la thématique de la réincarnation occupe une place importante et est traitée de manière originale. On frôle le fantastique sans jamais y entrer, c’est là que l’on peut voir l’intelligence et la subtilité des scénaristes. L’histoire paraît complétement dingue mais pourtant elle tient totalement la route, grâce à un final parfaitement composé. Les personnages sont tous conçus avec attention, tout autant que leurs psychologies en rapport à l’arrivée du jeune Sean dans la vie d’Anna.

La bande originale est l’œuvre d’Alexandre Desplat qui propose un score en adéquation avec les émotions, l’élégance et la détresse d’Anna.

En résumé, Birth ne laisse pas indifférent tant il se montre original et intelligent. Nicole Kidman est impériale !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Dans le même domaine, il y a eu « Au delà de nos rêves », avec un Robin Williams dans son rôle le plus émouvant, dommage que ce soit des films peu connu.

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