Magic City, l’ombre du rêve américain avec son charme et ses requins

Magic City est une série dramatique télévisée américaine créée par Mitch Glazer.

En 2012, la chaine américaine Starz (Spartacus, Da Vinci Demons) souhaite concurrencer Showtime et AMC avec Magic City. Le créateur de la série l’a décrit comme être à mi-chemin entre la série de Terence Winter (Boardwalk Empire) et celle de Matthew Weiner (Mad Men), le Miami des fifties avec sa lumière et sa noirceur. D’ailleurs, la production a misé pour la première saison sur quatre réalisateurs habitués des séries avec Carl Franklin (House of Cards, Vinyl), Ed Bianchi (Boardwalk Empire, The Get Down), Simon Cellan Jones (Jessica Jones, Boardwalk Empire) et Nick Gomez (Les Sopranos).

Pourquoi j’ai voulu voir cette série ?

J’avoue être tombé par hasard sur cette série et que j’ai acheté pour la modique somme de 1,99euros. Le cadre du Miami des 50’s et la distribution m’ont tout de suite donné envie de voir ce que ça pouvait donner. Il faut l’avouer, je n’avais jamais entendu parler de cette série auparavant. Elle n’a duré que deux saisons, est ce justifié ? La réponse, vous la trouverez un peu plus bas.

Un petit mot sur l’histoire ?

Miami en 1959, la série se concentre sur les événements de l’impresario Ike Evans, et sa famille, propriétaires d’un hôtel de luxe, le Miramar Playa. Pour financer son hôtel prestigieux, Evans a été contraint de se plier à un mafieux, Ben Diamond, qui peut assurer le succès de sa création. Meurtres, prostitution, jeux illégaux et argent sale, entrent alors dans la danse à son plus grand regret. Alors que son monde est en danger et menace de s’effondrer à tout moment, Evans doit se battre pour défendre son hôtel et sa famille.

Que vaut le pilote ?

Pour un premier épisode, on peut dire qu’il aurait pu faire beaucoup mieux. Le générique donne tout de suite le ton de la série, derrière la tentation se cache les requins et au milieu de tout ça, on a Ike (Jeffrey Dean Morgan). La direction artistique est sublime et l’élégance de la distribution vient s’y fondre parfaitement. Au niveau du rythme, c’est manié au compte-goutte pour s’attarder logiquement sur les personnages. On suit Ike et sa famille au milieu des paillettes, des magouilles et de la tentation. En revanche, ça manque tout de même de peps à certains moments. On n’a pas la sensation de voir de réels enjeux se profiler, heureusement que les dernières minutes nous mètrent tout doucement sur la voie.

Le pilote n’est pas à la hauteur de ceux que HBO ou Showtime proposent, mais je reste tout de même confiant. Les prochains épisodes vont devoir être riche en intensité pour pouvoir totalement me séduire.

Le casting ?

Il faut savoir qu’au départ, la production a tenté d’enrôler James Caan, Robert Duvall et Benicio Del Toro. Le premier apparaît dans la seconde saison, tandis que les deux autres acteurs ont tout simplement décliné l’offre.

Dans la peau du businessman Ike Evans, Jeffrey Dean Morgan (Watchmen) livre une interprétation qui gagne en solidité au fil des épisodes, tout comme Danny Huston. Ce dernier se montre impeccable en mafieux glaçant, pervers et imprévisible. L’intensité de son regard laisse planer du mystère et une certaine intelligence pour son personnage.

Olga Kurylenko est magnifique, sa prestation semble quelconque au départ puis s’étoffe vers la fin de la première saison. Cela laisse une porte ouverte à la naissance d’une vraie femme d’affaires, peut être plus redoutable que Ike ?

Du côté des révélations, le duo Steven Strait et Jessica Marais est aussi dangereux qu’irrésistible. Ils se montrent convaincants en amants que la passion dévore, notamment pour Stevie (Steven Strait). Jessica Marais la joue double-face, un côté fragile et l’autre redoutable.

Elena Satine, Kelly Lynch et Matt Ross apportent eux aussi leurs contributions à la réussite de la distribution.

Et au final ça donne quoi cette première saison ?

On sort des huit épisodes avec le sentiment que ça pouvait être beaucoup mieux, principalement sur la partie scénaristique. Magic City mise avant-tout sur son ambiance et sa distribution, de ce côté là c’est réussi mais ça ne fait pas tout non plus. Il y a un réel manque d’originalité et d’intensité sur le fond. C’est peut être la seule chose à reprocher à cette série, son manque d’audace au niveau de l’histoire et cela se ressent par moments sur la mise en scène.

Dans l’ensemble, les quatre réalisateurs font le job consciencieusement mais on n’atteint pas la qualité d’un Mad Men, Boardwalk Empire ou Les Sopranos. On note trop peu de fulgurances pour marquer le spectateur, c’est dommage. Il aurait été intéressant de miser sur un cinéaste « parrain » comme Scorsese l’a été sur Boardwalk Empire et Vinyl. Andrew Niccol ou Sam Mendes auraient été taillés pour l’exercice et ainsi un peu de relief à l’histoire et à ses enjeux.

Ce n’est pas pour autant que la série est mauvaise, elle mérite que l’on s’accroche notamment pour la seconde partie de la saison. On y comprend mieux les intentions des personnages et les impasses dans lesquelles ils se trouvent. L’étau se resserre délicatement et plus précisément sur Ike Ewans.

Un petit mot sur la bande originale où l’on retrouve de grand classique de l’époque avec Frank Sinatra, Ray Charles ou encore Bo Didley. Le compositeur italien Daniele Luppi s’inspire des films noirs des 50’s et un petit peu de James Bond pour son score jazzy.

En résumé, cette première saison s’avère divertissante, mais souffre de carences scénaristiques. Est ce qu’une deuxième saison est justifiée ? Oui, car cette série avait des réelles qualités pour devenir une référence (bien sûr ça n’a pas été le cas), reste à voir la seconde saison pour savoir ce qui a cloché pour que ça s’arrête aussi vite.

On enchaine avec la deuxième et dernière saison !

On reprend là où on avait quitté Ike et ses proches en mauvaise posture face au procureur et surtout Ben Diamond. A première vue, on va suivre le même rythme que la première saison. Les storylines qui ont été amorcées dans les épisodes précédents commencent à s’étirer, espérons que cela n’ira pas jusqu’à la rupture. Mitch Glazer ne semble pas avoir fait vibrer un peu plus sa plume pour provoquer plus d’intensité, c’est en tout cas ce qu’inspire le première épisode de cette seconde saison. On sent tout d’abord que la relation entre Ike et Ben est plus électrique qu’auparavant, mais attention de ne pas user cette confrontation en nous réchauffant la première saison.

Le premier épisode de la deuxième saison ne laisse pas entrevoir du renouveau, on veut un souffle violent tel un ouragan. C’est de ça dont Magic City a besoin pour hisser son niveau aux autres grandes séries du genre.

On voulait des étincelles, pas un micro-ondes

La chaine Starz et Mitch Glazer n’ont pas réellement cru à cette deuxième saison, c’est en tout cas ce que l’on ressent sur chaque épisode. Ça tourne en rond, ça réchauffe la première saison et cela nous plonge dans un ennui quasi total. L’ambition affiché au départ par la chaine n’est plu d’actualité dans cette deuxième saison. On s’accroche à quelques petites relances scénaristiques mais cela reste trop faible pour nous embarquer une nouvelle fois.

Au niveau de la mise en scène, on reste sur les mêmes rails qu’au départ et c’est bien dommage. Bien évidemment, c’est dû aussi à la faiblesse du scénario mais on ne peut pas tout mettre sur le dos de Mitch Glazer. Aucun des réalisateurs n’osent provoquer un peu du dynamisme. La direction artistique ne suffit plus, il fallait passer la seconde et malheureusement aucun membre de l’équipe n’a eu l’audace de le faire.

Le scénario est pauvre et épuise les storylines qui était bien amorcées lors de la première saison. En ce qui concerne les personnages, soient ils tournent en rond, soient ils changent de cap de manière radicale. Mitch Glazer a laissé de côté la subtilité et l’originalité pour juste coudre autour de ce qu’il avait composé sur la première saison. On regrette notamment que le personnage de Vera (Olga Kurylenko) ait été si vite éclipsé alors qu’elle méritait un rôle plus important compte tenu des évènements de la saison précédente.

Finalement cette seconde et dernière saison déçoit sur tous les plans, même le casting n’est plus aussi séduisant. Magic City affichait tout de même du potentiel à la fin de la première saison, mais ni Starz, ni Mitch Glazer n’y ont cru. Voila pourquoi, la série reste méconnue et considérée comme un flop pour la chaine américaine.

En résumé, Magic City avait un réel potentiel de grande série, sauf qu’il lui a manqué un ou deux scénaristes expérimentés et un réalisateur/producteur référent pour conduire la barque à bon port.

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