Après Séance : On l’appelle Jeeg Robot

On l’appelle Jeeg Robot est un film de super-héros italien réalisé par Gabriele Mainetti. Peu connu du grand public, le premier projet du cinéaste romain a pourtant remporté de nombreux prix dans son pays et fût présenté à Cannes l’année dernière. Avec pas moins de sept David di Donatello, ce qui correspond aux césars français, Jeeg Robot arrive le 3 mai dans nos salles de cinéma.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Il y a quelques jours, j’ai eu la chance d’être invité à l’avant-première de On l’appelle Jeeg Robot. Je n’attendais pas grand-chose de cette projection, j’imaginais assister à un film de genre à petit budget (1.7 millions d’euros de budget et à titre de comparaison le budget moyen d’un film en France est 4.4 millions) qui essaye de se prendre pour Marvel sans la post-production derrière. Pourtant, je vous l’avoue, j’ai été agréablement surpris de ma séance !

Un petit mot sur l’histoire ?

Le cinéaste italien nous conte l’histoire d’un petit voleur de la banlieue romaine qui du jour au lendemain, alors qu’il essaye de fuir la police, entre en contact avec des substances radioactives, ce qui lui confère par la suite des pouvoirs : le don de régénération et une super force. Introverti et solitaire, Enzo Ceccotti, notre personnage principal verra sa vie changer du tout au tout. Il fera la rencontre d’une voisine d’une vingtaine d’année un peu cinglée du nom d’Alessia qu’il va devoir gérer et sera persécuté par un criminel narcissique qui souhaite devenir le « roi du monde. »

Les premières minutes ?

Dès les premiers instants de l’œuvre, nous découvrons différents styles artistiques peu communs. Entre la comédie et le drame, Gabriele Mainetti n’hésite pas à jongler entre plusieurs procédés cinématographiques afin d’émerveiller ses spectateurs. Bien qu’il n’y ait que peu d’originalité dans la trame scénaristique tout au long de l’œuvre, les choix de réalisation rendent le projet différent de ce que l’on voit d’habitude. Lors des trente premières minutes, il instaure la psychologie de ses personnages principaux et comme vous en doutez puisque sur ce côté-là c’est assez traditionnel, notre héros découvre ses pouvoirs et tente de découvrir leurs limites. Intelligemment bien écrit, Jeeg Robot prépare la suite de l’œuvre dans un rythme et dans une ambiance peu communs.

Le casting ?

Les trois acteurs principaux de ce long métrage se sont vus offrir un David di Donatello pour leur prestation. Commençons par notre super héros : Enzo Cecotti interprété par Claudio Santamaria. Comme nous l’a joliment indiqué lors de notre débat d’après film le réalisateur italien, son premier rôle a fait énormément d’effort pour améliorer sa performance et ça se voit. Il a apparemment pris pas moins de quarante kilos pour avoir la carrure recherché et s’est entrainé pendant plusieurs mois pour paraître crédible en tant que rebelle des banlieues italiennes.

On a ensuite une novice ou plutôt la petite nouvelle : Ilenia Pastorelli. Pour son premier rôle au cinéma, la mannequin italienne a su être authentique. Je ne trouve pas qu’elle joue forcément bien malgré sa récompense au David di Dontatello, mais on ressent de la sincérité, de l’émotion et de la pureté. Le sosie de Nabilla incarne à merveille une jeune adulte un peu attardé depuis la mort de sa mère il y a quelques années. Est-ce un signe pour notre française ?

In fine, on retrouve Luca Marinelli, ou le Joker de Jeeg Robot. Machiavélique, psychopathe, ce sosie du pire ennemi du Batman dans The Dark Knight colle parfaitement avec le style artistique de Gabriele Mainetti. Je trouve que parfois ce mafieux de banlieue en fait un peu trop, mais sa prestation reste crédible vis-à-vis du propos de l’auteur. Heath Ledger n’a qu’à bien se tenir, le nouveau Joker c’est lui !

Et au final ça donne quoi ?

Ce fût une incroyable expérience cinématographique. Je ne m’attendais vraiment pas à autant aimer ce petit projet italien. La distance que cela prend avec les grosses productions américaines fait du bien et continue à me faire penser que quand on veut on peut. Les Marvels sont des bons blockbusters, mais dans l’ensemble, cela n’apporte rien au public, à part les faire s’hébéter devant des gros bras en armure qui se fracassent la tête pendant deux heures. Là, Gabriele Mainetti apporte de belles valeurs. Ce doux mélange entre de l’Orange Mécanique de Kubrick dans l’ambiance, du Astérix et Obélix Mission Cléopâtre d’Alain Chabat lors des combats de super héros, les quelques références à The Dark Knight de Nolan et aux bons côtés d’Hancock de Peter Berg dans l’écriture du script ; cette multitude de genre utilisée par le cinéaste italien est rafraichissant.

Pour son premier long métrage, Gabriele Mainetti n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a produit et écrit ce petit bijou tout seul (un an et huit versions plus tard, le scénario était enfin opérationnel) puis s’est même offert le luxe de composer la musique. La musicalité proposée dans cette œuvre est vraiment louable et apporte un sens au propos de l’auteur. La critique sociétale subjacente fait corps avec les effets sonore, la photographie et un montage précieux d’Andrea Maguolo, lui aussi récompensé pour son travail dans Jeeg Robot. Le romain critique les bourgeois hautains des beaux quartiers de la capitale italienne et souhaite leur montrer que leurs idéologies sont fausses. Ce n’est pas parce qu’il y a un décalage entre la vie dans la capitale et dans la banlieue que les gens n’ont aucun rêve et surtout ne peuvent pas changer le monde.

Je ne vais pas aller plus loin dans l’analyse de cette œuvre, mais je vous encourage vivement à vous diriger dans vos salles de cinéma pour aller voir On l’appelle Jeeg Robot. Il n’y aura certes aucune star que vous connaissez, mais si vous souhaitez voyager, découvrir de nouvelles choses et pourquoi pas changer d’avis par rapport aux grosses productions hollywoodiennes, foncez, vous ne serez pas déçu !

Tomas R.

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. nico nsb dit :

    Oui très bon premier film. J’avais également apprécié un autre film italien fantastique récent, ‘Le Garçon Invisible’ (2015) de Gabriele Salvatores. Soit le renouveau du cinéma de genre de ce pays qui fut l’un des meilleurs du monde.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s