American Pastoral (2016)

American Pastoral est un film dramatique américain de Ewan McGregor.

Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Philip Roth et du premier long métrage réalisé par Ewan McGregor. Le projet avait été initié en 2004 avec dans le rôle titre le couple à la ville : Paul Bettany/Jennifer Connelly et Philip Noyce (Bone Collector) à la réalisation. En 2014, Ewan McGregor se greffe au casting puis décide d’en être également le metteur en scène. Le producteur américain Gary Lucchesi (Million Dollar Baby, La Défense de Lincoln) exprime toute sa confiance envers McGregor et sur la richesse du roman de Philip Roth. Tous les ingrédients semblent être réunis pour une adaptation réussie.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

American Pastoral était l’une de mes grosses attentes de 2016, malheureusement il n’a pas été distribué par chez moi. J’ai dû patienter un peu plus jusqu’à la sortie en vidéo. Je suis tout d’abord très curieux de voir les premiers pas d’Ewan McGregor en tant que réalisateur, de plus le roman est un bijou comme je vous conseille fortement. Le sujet, son époque et la distribution viennent appuyer mon intérêt pour cette adaptation.

Un petit mot sur l’histoire ?

L’Amérique des années 60. Autrefois champion de sport de son lycée, Seymour Levov, dit « le Suédois », est devenu un riche homme d’affaires marié à Dawn, ancienne reine de beauté. Mais les bouleversements sociopolitiques de l’époque font bientôt irruption dans la vie bourgeoise, en apparence idyllique, de Seymour. Lorsque sa fille adorée, Merry, disparaît après avoir été accusée d’acte terroriste, il part à sa recherche pour que sa famille soit de nouveau unie. Profondément ébranlé par ce qu’il découvre, il doit affronter le chaos qui secoue la société américaine et jette les bases d’un nouveau monde. La vie de famille ne sera plus jamais la même…

Les premières minutes ?

En introduction, la soul des sixties vient nous caresser les oreilles, une manière simplet et efficace pour poser le décor de l’époque avec quelques images d’archives. La voix de Nathan Zuckerman interprété par David Strathairn, il est en position de narrateur et nous présente Seymour Levov, sa femme Dawn et leur fille Merry.

Le premier quart d’heure pose doucement les choses. On remarque déjà le soin que porte Ewan McGregor au niveau du cadre et la séduisante photographie de Martin Ruhe (Control).

Le casting ?

Dans la peau de Seymour Levov et du père de famille, Ewan McGregor n’est pas vraiment à son aise. Malgré que j’apprécie énormément cet acteur, il ne parvient pas ici à réellement me convaincre. Ce qui cloche dans son interprétation, c’est le manque de conviction dans la détresse et la volonté de son personnage. L’auto-direction n’est malheureusement pas son fort. J’aurais bien vu Michael Fassbender pour incarner « le Suédois ».

A ses côtés, Jennifer Connelly cultive toujours aussi bien le trouble passant par la beauté. Dakota Fanning s’en sort admirablement bien sous les traits complexes de Merry.

On remarque aussi l’interprétation de Valorie Curry qui démontre un certain potentiel, malgré une filmographie peu valorisante. Le reste de la distribution passe assez inaperçue, seul Peter Riegert apporte un peu de solidité.

Bref, on a un casting mi-figue mi raisin qui prétendait à un peu plus d’impact sur le film et envers le spectateur.

Et au final ça donne quoi ?

Une adaptation trop lourde pour Ewan McGregor, en tout cas c’est ce que l’on ressent quand on voit American Pastoral. La volonté du néo-réalisateur n’est pas remise en question, en revanche ça manque de peps et d’identité contrairement à ce que nous avait laissé entrevoir la bande annonce.

Pour une première derrière la caméra, Ewan McGregor l’a joué un peu trop académique. La mise en scène qu’il propose est posé sur un rythme assez lent, sans réelle prise de risque et sans serrer le spectateur dans le contexte politique des 60’s et l’abysse où s’engouffre les personnages. L’élégance aurait dû épouser la bestialité, malheureusement le réalisateur a privilégié un seul des deux aspects. On parvient quand même à s’accrocher aux quelques fragments de réussites comme certains plans, la photographie grisonnante de Martin Ruhe et surtout une histoire passionnante.

Au niveau du scénario, John Romano s’est centré principalement sur la relation père/fille en délaissant légèrement le côté politique et les autres personnages. L’équilibre entre les différentes thématiques ne convainc pas, on ne retrouve pas la solidité et l’intelligence de Philip Roth. Comme pour la forme, ça manque d’audace.

Côté bande originale, Alexandre Desplat ne laisse pas un souvenir impérissable. On a cette sensation de mélancolie crépusculaire, mais il n’y a pas cette étincelle qui fait qu’elle soit réellement indispensable.

Cette adaptation cinématographique d’American Pastoral méritait une équipe en adéquation avec le propos du roman. On pense à celle de David Fincher, qui est pour nous celle qui aurait été parfaite pour ce type d’adaptation.

En résumé, American Pastoral n’est pas à la hauteur de ce qu’il prétendait. Faute à une équipe qui n’ose pas, et cela nous donne une adaptation bien trop timide pour nous scotcher.

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