Paterson (2016)

Paterson est une comédie dramatique écrite et réalisée par Jim Jarmusch.

Pour ce film, Jim Jarmusch (Dead Man, Ghost Dog) s’est inspiré d’un poème de l’américain William Carlos Williams, grand représentant du modernisme et de l’imagisme des années 30. Même si il n’a pas tout compris du long poème de Williams, Jarmusch tient une idée, raconté la vie d’un homme nommé Paterson en s’inspirant d’une ville du même nom. Dans l’écrit du poète, la ville Paterson est décrit comme un homme. Le projet trottait dans la tête du cinéaste depuis plus de 20 ans avant qu’il voit le jour en 2016 et ainsi rendre hommage au poète qu’il l’a inspiré.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Pas besoin de bande annonce ou de synopsis, le cinéma de Jim Jarmusch attise toujours autant la curiosité. La distribution est alléchante avec notamment Adam Driver en tête.

Un petit mot sur l’histoire ?

Paterson vit dans une ville qui porte le même nom que lui, dans l’Etat du New Jersey. La cité, qui a hébergé plusieurs écrivains, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, inspire également le jeune homme. Chauffeur de bus, Paterson est aussi un poète minimaliste, qui consigne tous ses textes dans un petit carnet. En dehors de cette activité, la vie de Paterson, qui boit tous les jours une bière dans le même bar avant de rentrer chez lui, est parfaitement réglée. Celle de son épouse, l’enthousiaste Laura, artiste particulièrement inventive, s’articule autour du noir et du blanc, qu’elle décline dans toutes ses créations…

Les premières minutes ?

Dés les premiers instants, Jim Jarmusch nous conduit dans l’intimité d’un jeune couple et suis encore plus près Paterson. On se laisse porter par le quotidien du jeune homme qui est chauffeur de bus et qui s’inspire de ce qu’il voit et entend pour écrire des poèmes. Il se dégage une ode apaisante, décalée et humaine dans ce premier quart d’heure, une sensibilité propre au cinéaste.

Les personnages ont une vision du rêve et de l’évasion assez différente, l’un semble le vivre quasi-inconsciemment contrairement à sa compagne qui cherche à le vivre et le montrer à des milliers de gens. Un démarrage poétique qui berce le spectateur dans la vie de couple de deux rêveurs.

Le casting ?

Adam Driver est lumineux et magnétique, son interprétation est d’une justesse qui fait corps avec le cinéma intimiste et poétique de Jarmusch. A ses côtés, la sublime Golshifteh Farahani est intéressante, mais son personnage manque un peu de relief à mon goût.

Kara Hayward et Jared Gilman apparaissent une poignée de minutes, le temps de faire un petit clin d’oeil à Moonrise Kingdom. J’aurais aimé les voir un peu plus au sein du film et suivre leurs conversations et leurs affinités. Mais bon, Jim Jarmusch travaille sur les rencontres de Paterson, c’est le sens de son film et de son histoire.

Et au final ça donne quoi ?

Après nous avoir émerveillé avec Only Lovers Left Alive y a trois ans, Jim Jarmusch continue à explorer l’intimité et la poésie, il a troqué les vampires pour les humains. Paterson fait clairement écho aux précédents films du cinéaste, ce dernier voit vraiment sa filmographie comme un puzzle. On y voit de la fidélité et de la cohérence, mais peut être aussi quelque part un léger enlisement.

Tout d’abord la mise en scène a un aspect assez volatile, c’est à dire, que ça part telle une légère brise se laissant porter par les mots et les personnages. Tout est réglé comme un poème, ce qui colle merveilleusement au propos et cela rend un véritable hommage à William Carlos Williams. Le montage, la lumière et les transitions sont orchestrés comme il faut pour entretenir l’ode poétique.

Au niveau de l’écriture, la première partie est intéressante mais ensuite ça manque d’une petite tempête. Cette petite brise fraiche et tendre made in Jarmusch aurait mérité d’être bousculé à travers un drame ou autre. On a une platitude qui nous laisse parfois de côté et c’est dommage. Après, il s’agit d’un choix de la part du cinéaste et c’est assez culotté, mais ça ronronne à plusieurs reprises. Les personnages sont séduisants, mais on est attaché qu’à Paterson, et c’est dommageable de laisser les autres protagonistes autant flotter que ça à ses côtés. Encore une fois, c’est une volonté de la part de Jarmusch, mais c’est un peu trop prononcé à mon goût. Les dialogues sont épurés et souvent dotés d’une certaine profondeur.

Pour finir, la bande originale est plutôt sympathique sans être pour autant être mémorable. Pour info, il s’agit du groupe de Jim Jarmusch, nommé Sqürl qui à travailler sur la bande son.

En résumé, Paterson est une pure œuvre à la Jarmusch où l’on retrouve poésie, amour, rêve et rencontre. Apaisant mais aussi quelque peu embourbé.

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