Cotton Club (1984)

Cotton Club est un film musical américain co-écrit et réalisé par Francis Ford Coppola.

Au début des années 80, Francis Ford Coppola croule sous les dettes après l’échec cuisant de son film démesuré Coup de cœur, sorti en 1982. Afin d’éponger ses multi-découverts, le cinéaste américain accepte de réaliser coup sur coup Outsiders en 1983 et Rusty James en 1984. La critique se montre élogieuse, mais les deux ne rencontrent pas le succès espéré.

C’est une fois le tournage de Rusty James terminé, que Coppola accepte de travailler en tant que scénariste sur Cotton Club, un projet initié par Robert Evans, producteur du premier Parrain, qui envisage d’en être le réalisateur. Après quelques semaines de travail, Evans propose la mise en scène à Coppola, qui y voit l’occasion de redorer son blason et renflouer sa fortune personnelle.

Finalement, Cotton Club sera lui aussi un échec commercial lors de sa sortie en salles, avec un dépassement budget colossal qui a entrainé la faillite de Robert Evans. Au box office, le film a rapporté moins de 30 millions de dollars alors que le budget était de 58 millions de dollars. Suite à cet enchainement de naufrages, Francis Ford Coppola devra attendre quelques années avant de revenir dans la lumière, notamment avec Le Parrain III et Dracula.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Je profite de la diffusion de ce film sur France Ô pour le regarder. Il s’agit d’un des films de Coppola que je n’ai pas encore vu. Aux premiers abords, c’est une ambiance qui va me plaire. Voyons ce que ça donne, que la séance commence !

Un petit mot sur l’histoire ?

1919. La prohibition a engendré une vague de violence qui déferle sur l’Amérique. A New York, au célèbre cabaret « Cotton Club », la pègre, les politiciens et les stars du moment goûtent les plaisirs interdits. Un danseur noir et un trompettiste blanc sont emportés dans une tourmente où l’amour et l’ambition se jouent au rythme des claquettes, du jazz… et des mitraillettes.

Les premières minutes ?

Le générique d’ouverture vient rendre hommage au film noir des années 30 et permet de s’imprégner immédiatement de du film et de son atmosphère. Du jazz, des gangsters et le Harlem des années 20 forment un cocktail séduisant et prometteur pour la suite. Le travail de reconstitution est sublime et rappel un peu celui de Leone pour Il était une fois en Amérique.

Dans ce premier quart d’heure, Coppola soigne son empreinte tout en rendant hommage au cinéma qui l’avait bercé dans sa tendre jeunesse. On pense aussi au Parrain, de part son côté gangsters fastueux.

Le casting ?

Francis Ford Coppola tient une belle distribution devant lui, un joli mélange d’acteurs confirmés et de stars montantes. En tête, Richard Gere dans la peau du séduisant musicien talentueux qui surfe entre la passion fiévreuse, les paillettes et les tentacules de la mafia new-yorkaise. L’acteur livre une interprétation solide, même si on aurait aimé un peu plus de fougue dans la conception de son personnage.

A ses côtés, Diane Lane incarne à merveille la femme fatale ambitieuse, qui mettra tout en œuvre pour réussir. L’actrice collabore pour la troisième fois de sa carrière avec Coppola. Le couple qu’elle forme avec son partenaire rappelle bien évidemment les anciens couples mythiques de l’âge d’or du cinéma américain.

Dans les seconds rôles, on retrouve Nicolas Cage prometteur en petit bandit mégalo, Bob Hoskins à l’aise dans le costume du gros bonnet de la pègre et Lonette McKee un peu trop légère dans sa composition. James Remar est plutôt intéressant en chef de gangster, même si lui aussi manque un peu de folie dans son personnage.

Gregory Hines ne justifie sa présence que par la danse, son jeu d’acteur est assez fade à l’image de l’écriture de son personnage.

A mon goût, je trouve Jennifer Grey, Laurence Fishburne et Mario Van Peebles sous-utilisés dans des rôles quelconques. Pourtant, le charme et le charisme sont déjà présents.

Globalement, on peut dire que les deux tiers du casting est sous-exploité notamment à cause de la paresse scénaristique.

Et au final ça donne quoi ?

Quand on voit ce film, on comprend pourquoi Coppola a continué à crouler sous les dettes. Avec un budget de 58 millions dollars, il n’a pas réussi à hisser son film à l’ambition qui lui prodiguait. Pourtant sur le papier, tout semblait être réuni pour ce long métrage soit une réussite. Malheureusement, ça manque d’originalité et de relief aussi bien sur la forme que sur le fond.

Pour commencer, la mise en scène manque clairement de virtuosité. Coppola frôle l’académisme, ce qui ne donne pas la dynamique attendue pour un tel film et une telle ambition. Cela se ressent déjà dans les transitions, ça veut juste faire un clin d’oeil aux films de gangsters des années 20, mais ça manque de rythme pour nous offrir un réel effet. Ce qui ressort de positif dans la forme, c’est tout simplement la photographie, les costumes et les décors.

Au niveau du scénario, on retrouve pas vraiment la patte de Mario Puzo (la trilogie du Parrain). On effleure les aspects politiques et religieux de l’époque. Coppola mise avant tout sur la romance, la musique et quelques règlements de comptes. Une insuffisance de trop compte tenu du résultat final. Ça tourne en rond et cela affaiblit également les enjeux. Ce déséquilibre scénaristique rend malheureusement le film long. Pour ce qui est des personnages, certains auraient mérité plus de présence et ça manque aussi d’intensité, notamment dans la dernière partie du film.

La musique de John Barry correspond parfaitement à l’époque. Le compositeur britannique offre un score jazzy et remuant comme il faut. On regrette que la mise en scène ne soit pas aussi clinquante.

En résumé, Cotton Club n’est pas à la hauteur de ce qu’il prétend. Francis Ford Coppola n’est pas aussi inspiré que par le passé, aussi bien derrière la caméra que la plume.

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