War Machine (2017)

War Machine est un film de guerre satirique américain écrit et réalisé par David Michôd.

Il s’agit d’une adaptation du best seller The Operators de Michael Hastings. Le projet est né en 2012, lorsque New Regency et Plan B Entertainment (boite de production de Brad Pitt) acquièrent les droits d’adaptation du roman publié en 2011. Autant dire que Brad Pitt ne perd pas de temps puisqu’il s’engage immédiatement pour participer aussi en tant qu’acteur sur le film. Impressionné par The Rover, il propose à David Michôd d’être le scénariste et le réalisateur de The Operators, qui deviendra plus tard War Machine. Le cinéaste australien accepte et travaille sur l’adaptation.

En juin 2015, la chaine américaine Netflix remporte les droits de distribution du film. War Machine dispose d’un budget évalué à 60 millions de dollars, ce qui affiche clairement l’ambition de la production et de Netflix à travers ce film.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

La bande annonce promet un film de guerre rock n’ roll avec un Brad Pitt en grande forme. Cela rappelle un petit peu Les Rois du désert de David O. Russell. Quelque chose me dit que je vais m’éclater devant ce film. Que la séance commence !

Un petit mot sur l’histoire ?

Un film sur la guerre qui retrace le parcours en montagnes russes d’un général américain et souligne la question très actuelle de la limite entre réalité et mascarade cruelle. Se prenant pour un leader né et persuadé d’être dans le vrai, il se précipite, droit dans ses bottes, au cœur de la folie. Brad Pitt pose un regard moqueur sur le général décoré et charismatique Stanley McChrystal, une personnalité militaire parmi les plus clivantes qui a pris la tête des forces de l’OTAN en Afghanistan avec la fougue d’une rock star, avant d’être envoyé au tapis par sa propre vanité suite à l’article sans langue de bois d’un journaliste. War Machine évoque ce que l’on doit aux soldats en posant la question de l’objectif de leur engagement.

Les premières minutes ?

Un démarrage fidèle à ce que la bande annonce nous avait montré, c’est rythmé, décalé et accrocheur. La voix-off du journaliste Sean Cullen (Scoot McNairy) présente le général Glen McMahon et ceux qui partagent son quotidien en Afghanistan. Brad Pitt apparait absurde à travers un jeu exagéré mais il reste tout de même impressionnant et très convaincant. L’acteur américain incarne justement l’artère du film, qui véhicule l’absurdité de la guerre à travers le côté comédie et dramatique. Un mélange qui apparait comme équilibré dans ce premier quart d’heure. D’ailleurs, on pense immédiatement aux frères Coen, David Michôd se rapproche clairement de leur cinéma.

Le casting ?

Lors de sa première apparition, on se dit mais à quoi joue Brad Pitt, des mimiques grossières, un ton grave et une manière de courir grotesque. On se demande pourquoi cette composition ? La réponse vient très vite en observant le déroulé de l’histoire et le ton que David Michôd lui donne. L’acteur américain porte brillamment la vision du cinéaste, tout ayant composé lui-même son personnage à partir de la personnalité du général Stanley McChrystal. On attendait depuis un petit moment de retrouver le Brad Pitt d’antan, cette performance marque peut être un vrai retour !

A ses côtés, le reste de la distribution est loin d’être ridicule. On retient notamment les interprétations de Anthony M. Hall (Live by night)  RJ Cyler (Power Rangers) et Will Poulter (The Revenant). Ben Kingsley incarne de manière efficace un président afghan à côté de ses pompes. Et on a Tilda Swinton qui fait une apparition courte mais intense.

Et au final ça donne quoi ?

Comme souvent avec les films de guerre satirique, War Machine va diviser les foules. Pour moi, le contrat est pleinement rempli pour David Michôd et Brad Pitt. Ils surfent tous les deux sur un fil tendu, sans jamais chuter. L’équilibre entre le dramatique et le comique est habilement orchestré, ce qui nous donne une opposition décapante des réalités. En revanche, je me demande comment le budget a pu atteindre les 60 millions de dollars…

La mise en scène de David Michôd n’a rien de révolutionnaire, mais elle reste pour le moins efficace. C’est bien rythmé et surtout le côté satirique est totalement maitrisé. Le cinéaste australien y insère une réelle profondeur dramatique, notamment sur la deuxième partie du film.  Le côté décalé prête à sourire, mais ça terriblement convaincant et pas si éloigné que ça des faits réels. Un petit mot sur la dernière scène, qui est tout simplement excellente et qui nous donne envie d’en voir un peu plus encore.

Au niveau de l’écriture, on a de l’intelligence et de l’audace qui prend tout de même le spectateur à contre-pied. De base, on part sur l’opposition entre deux terrains, celui des opérations en Afghanistan et les décisions politiques aux États-Unis. Au milieu de tout ça, on a le général Glen McMahon qui doit jongler avec ses hommes sous tension et ses dirigeants oppressants. C’est là que David Michôd vient puiser son cocktail tragique/comique. Il bouscule les codes du genre, tout autant que ses personnages et cela fonctionne parfaitement à l’écran.

La bande originale signée Nick Cave et Warren Ellis accompagne plutôt bien les images. Les compositeurs misent plus sur des sonorités troublantes,cela reflète une partie sombre et mélancolique, à l’image de ce le film nous évoque aussi.

En résumé, War Machine vient frapper de manière juste et intelligente sur l’absurdité de certains conflits d’hier mais aussi d’aujourd’hui. Brad Pitt is BACK !!!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s