Après Séance : You were never really here

La 70e édition du festival de Cannes vient de s’achever, et si d’aucun s’accorde pour dire que cette édition n’aura pas bouleversé la croisette comme cela à pu être le cas d’autres années, il demeure néanmoins de très belles choses qui méritent d’être pointées. Il aurait été trop facile de parler du sublime 120 battements par minutes, pressenti dès sa projection pour la palme d’or, et finalement battu par le film suédois de Rüben Ostlund, The Square.

C’est pourquoi j’ai décidé de m’attarder sur le dernier film présenté dans la compétition officielle. Le nouveau film de Lynne Ramsay peut déjà être remarqué par le fait qu’il récolte à l’issu de ce festival, pas moins de deux palmes, chose exceptionnelle au festival de Cannes. A peine terminé dans les temps pour être montré la semaine dernière, You were never really here marque une nouvelle fois un coup de maitre de la part de Lynne Ramsay. Après le film bouleversant, We need to talk about Kevin en 2011, qui a révélé Ezra Miller, c’est ici Joaquin Phoenix qui porte le film.

L’intrigue du film (court puisqu’il dure 1h35) peut se résumer très simplement. Joe est un vétéran marqué par la guerre. Il arrive à joindre les deux bouts en faisant des petits boulots qui l’amènent parfois au delà des limites de la loi. Il a la réputation d’être un homme froid et sans compromis. En parallèle, il s’occupe de sa mère à demi-sénile. Un jour, un homme politique influent lui demande de sauver sa fille d’un réseau de proxénètes, et Joe n’imagine pas que son intervention va provoquer une réaction en chaine et une escalade de violences.

Dès les premières scènes du film, le ton est donné. Un Joaquin Phoenix magistral, une mise en scène originale et remarquable, ainsi que des flashbacks qui aident à mieux comprendre le passé du personnage. You were never really herenous embarque dans un périple à mi-chemin entre Taxi Driver et Drive. Un film où il faut chercher les répliques et dialogues, mais cette rareté ne les rend que plus précieux, car ils arrivent toujours à point nommé. De plus, Lynne Ramsay a une mise en scène toute à fait originale, ce qui donne lieu à des plans travaillés, avec une esthétique forte. Ainsi, certaines scènes procurent des émotions que l’on n’aurait pas soupçonnées, comme une scène de massacre filmée via les caméras de sécurité.

Si le système de flashbacks ainsi que le rythme plutôt lent du film (dû à la quasi absence de dialogues) peuvent être déstabilisants au début, le spectateur ne ne doit pas chercher à comprendre et simplement se laisser porter par l’histoire et le spectacle qui se déroule devant ses yeux. Un petit bémol en demi teinte sur la fin du film reste cependant à noter. En effet, la dernière scène du film peut être à double lecture (et à double tranchant ?), toujours est-il qu’elle arrive de manière très abrupte sans plus d’explications.

Finalement, You were never really here réussit à faire d’un scénario simple avec un air de déjà-vu, un film tout à fait extra-ordinaire qui mérite d’être vu et apprécié. Joaquin Phoenix livre une composition transcendante et magistrale !

Angèle P.

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