Après Séance : Jupiter’s Moon

Jupiter’s Moonest un drame fantastique hongrois réalisé par Kornél Mundruczó. Il s’agit de son sixième long-métrage et de son troisième en compétition officielle au Festival de Cannes.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

J’ai eu la chance de le voir au Festival de Cannes. Honnêtement, j’y suis allé sans trop savoir à quoi m’attendre. J’avais vaguement entendu le pitch de départ et vu l’affiche du coin de l’œil, mais j’ai surtout suivi le groupe qui m’accompagnait.

Un petit mot sur l’histoire ?

En tentant de traverser la frontière avec son père, Aryan, un jeune migrant, se fait tirer dessus. Il découvre alors que, non seulement, il n’est pas mort, mais qu’il a également le pouvoir de léviter. Jeté dans un camp de réfugiés, il va faire la connaissance du Dr. Stern, un médecin déchu, qui va l’aider à s’enfuir dans l’espoir d’exploiter le don d’Aryan afin de récupérer une importante somme d’argent. Traqués par un inspecteur de l’immigration, László, les deux hommes vont apprendre à se connaître et à croire en la rédemption.

Les premières minutes ?

Le film débute, après un carton parlant d’une lune de Jupiter, directement au moment où Aryan tente de traverser la frontière. Après un bref moment de tension dans la nuit, les personnages embarquent sur des bateaux de fortunes mais se font surprendre au milieu de la rivière. Sans trop laisser aux personnages (et aux spectateurs) le temps de comprendre ce qu’il se passe, la police fait feu. S’en suit alors l’un des plans-séquences les plus impressionnants qu’il m’ait été donné de voir, durant lequel Aryan prend la fuite à travers les bois. Il finit par se faire arrêter et abattre par László. Ce dernier l’abandonne sur place, et c’est à ce moment que le jeune homme commence à léviter avant de tomber au sol.

 

Le casting ?

Zsombor Jéger? Gyorgy Cserhalmi? Merab Ninidze? Ces noms ne vous disent rien? Rassurez-vous, c’est normal.
Zsombor Jéger interprète le jeune Aryan. Il s’agit de sa première expérience cinématographique, mais il se débrouille très bien. Naïf, faible et doux, Aryan est comme un enfant qui suit le Dr. Stern sans trop comprendre ce qui lui arrive, et Jéger le joue de manière très convaincante. Sans trop en faire, on lit l’inquiétude et l’incompréhension sur son visage durant tout le film, ce qui contraste avec les quelques fois où il tente de se rebeller.

Le Dr. Stern est le personnage le plus intéressant du film. Homme brisé par sa propre faute, il se refuse, par orgueil, à s’excuser auprès des personnes qu’il a blessé, et préfère payer, en se ruinant, les frais de procès. Il est à la fois protagoniste et mentor, et prétend vouloir aider Aryan mais il finit par être celui qui doit vraiment être aidé. Ni entièrement bienveillant, ni complètement fourbe, Stern est juste un homme qui cherche à s’en sortir sans toujours faire les bons choix. Merab Ninidze (qui apparaît également dans Le Pont des Espions) est très bon et arrive à nous faire passer par pleins d’émotions : de la colère à la pitié, en passant par la joie et la frustration, Merab arrive à faire évoluer son personnage avec justesse et de manière suffisamment subtile.

Cserhalmi joue quant à lui, László. Bon dans l’ensemble, il est juste dommage que son personnage, ou du moins les ambitions du personnage, ne soient pas suffisamment claires. Fait-il tout cela par envie? Pour le boulot? Pour des raisons personnelles? On ne sait pas trop, bien qu’on puisse avoir quelques idées. Cserhalmi se débrouille cependant très bien et il a également le profil physique pour ce rôle.

Et au final ça donne quoi ?

Quelle claque ! Alors certes, le film n’est pas parfait : il y a quelques longueurs qui cassent un peu le rythme, le scénario est parfois un peu bancal, à certains moments, les effets spéciaux piquent un peu les yeux, le dernier quart d’heure est pas vraiment le point fort du film et il possède de nombreuses zones de flous. Il est d’ailleurs assez difficile de bien saisir toute l’histoire et on se pose de nombreuses questions : Aryan est-il un ange? Pourquoi est-ce qu’il lévite? Pourquoi est-ce qu’à un moment donné, il est capable de changer la gravitation dans une pièce, mais qu’ensuite il semble à peine contrôler ses mouvements? Mais, malgré ses défauts, le film reste une claque.

Déjà en termes de mise en scène: elle est ambitieuse, originale et puissante. J’ai parlé de la séquence d’introduction, mais ce n’est pas la seule qui colle le spectateur au siège. Les acteurs sont bons, la photographie est magnifique, le film aborde pleins de sujets intéressants, tels que la rédemption, la religion, l’immigration, la mort, l’humain, etc… la musique, signée Jed Kurzel (Alien: Covenant, Mister Babadook, Assassin’s Creed) est juste géniale et profite à l’ambiance et à l’action. De plus, je salue l’audace de sortir un film du point de vue des migrants, ou du moins d’un migrant, en Hongrie durant cette période un peu trouble, surtout sachant que la Hongrie n’est pas le pays le plus tolérant à ce niveau-là. C’est une prise de risque qui mérite d’être saluée, et j’espère qu’il n’y aura pas de répercussions trop importantes.

En résumé, même si Jupiter’s Moon n’est pas parfait, il reste l’un des films qui m’ont le plus marqué à Cannes, de par son ambition et son ambiance. C’est un film qui m’est resté dans la tête et que je me réjouis de revoir.

Jérémie V.

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