American Honey (2016)

American Honey est une comédie dramatique britannico-américain écrite et réalisée par Andrea Arnold.

Pour ce premier long métrage réalisé aux États-Unis, Andrea Arnold s’est inspirée de sa propre expérience pour narrer l’histoire de la jeune Star, ainsi que d’un article du New York Times, paru en 2007, consacré aux vendeurs de magazines itinérants.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Ce road trip intrigue par son propos, séduisant de part la bande annonce et son casting. Toutefois, je n’espère pas connaitre la même désillusion que Spring Breakers, qui est à mes yeux le pire film que j’ai vu dans une salle de cinéma.

Un petit mot sur l’histoire ?

Star, 17 ans, croise le chemin de Jake et sa bande. Sillonant le midwest à bord d’un van, ils vivent de vente en porte à porte. En rupture totale avec sa famille, elle s’embarque dans l’aventure.

Les premières minutes ?

Caméra à l’épaule, Andrea Arnold est au plus près de Star (Sasha Lane). On comprend très vite que la jeune femme vit dans une atmosphère chaotique et miséreuse. Le format et la technique de mise en scène de la réalisatrice favorisent l’immersion et l’impact émotionnel sur le spectateur.

La scène de rencontre entre Star et Jake (Shia Labeouf) est sublime, d’autant que la chanson We found love de Rihanna colle parfaitement à la situation et au langage des regards échangés. On est tout aussi charmé que le sont les protagonistes.

Le premier quart se conclut sur le grand saut vers la liberté pour Star, jumelé avec un coup de foudre pour le mystérieux et magnétisant Jake.

Le casting ?

On va démarrer par la révélation incontestable de ce film, à savoir la jeune et talentueuse Sasha Lane. Elle interprète de manière confondante et sincère son personnage. Un naturel qui l’a rend attachante dés les premières minutes et qui est en adéquation avec la vision de la réalisatrice. Dans sa composition, on ressent chez la jeune actrice quelques attraits de Rihanna. D’ailleurs, ce n’est pas anodin d’entendre à deux reprise We Found Love. En tout cas, Sasha Lane nous montre qu’elle a du potentiel pour le métier d’actrice et on a hâte d’en voir la confirmation prochainement.

A ses côtés, Shia Labeouf complète parfaitement le travail de sa partenaire. Son interprétation dégage l’image d’un pirate des temps modernes avec une sensibilité touchante. L’acteur américain trouve ici l’un de ses plus beaux rôles et forme avec Sasha Lane, un couple irrésistiblement séduisant et attachant.

Riley Keough (Magic Mike) se montre convaincante dans la peau de la petite boss, son jeu est assez intense et froid pour qu’on y croit. On peut voir aussi la courte apparition de Will Patton (Sens Unique, The Postman) en mode cowboy.

Le reste de la distribution est plus de l’ordre d’acteurs amateurs, ce qui encore une fois, est cohérent au vu du propos et de la vision de la cinéaste. Elle souhaitait que son casting respire une certaine sincérité et authenticité, et on peut dire que c’est clairement réussi.

Et au final ça donne quoi ?

Avec American Honey, Andrea Arnold signe un sublime road trip qui nous emporte, qui nous touche et qui nous déstabilise. La cinéaste britannique pose un regard neutre et réaliste sur l’Amérique, son rêve et sa jeunesse.

Le côté authentique vient tout d’abord de la mise en scène, une caméra à l’épaule qui suit au plus près les acteurs. Le format 4/3 et la lumière naturelle viennent également appuyer cet aspect sincère et spontané. On a le droit à des plans magnifiques, grâce aussi à la photographie de Robbie Ryan. Ce dernier apporte sa patte et juste ce qu’il faut de relief pour nous éblouir sans nous rendre totalement et surtout sans s’éloigner de la vision « réelle » que Andrea Arnold véhicule derrière la caméra.

Pour ce qui est de l’écriture, on retient avant tout les personnages de Star et Jake et cette manière intelligente d’avoir cartographier l’Amérique à travers leurs regards. On y voit une envie assoiffée de liberté dans un monde qui a des règles, des codes et qui a aussi sa part d’hostilité. Les péripéties sont assez abruptes et marquantes et c’est par ce billet que les personnages tirent leur force et leur profondeur.

La bande originale est excellente, elle apporte un souffle de légèreté aux images comme c’est le cas avec le titre Fade in you de Mazzy Star ou encore Raury avec God’s Whisper. Bref, ça fusionne avec le propos et l’œil de la réalisatrice.

En résumé, American Honey est un road trip ensorcelant avec sur la balance du sucre et de l’acide. Le couple Lane/Labeouf est magnifique !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. adrienots dit :

    Très bonne critique, joliment réalisée avec beaucoup de minutie et de talent. Bien meilleure que certaines parues sur allociné.

    Je garde votre site de critique cinématographique bien au chaud dans mes favoris et vous encourage à continuer.

    Adrien O.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Adrien, ça nous fait énormément plaisir !!!! =)

      J'aime

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