Sur mes lèvres (2001)

Sur mes lèvres est un thriller dramatique français co-écrit et réalisé par Jacques Audiard.

En 2002, le film gagne trois Césars (sur 9 nominations) dont ceux du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour Emmanuelle Devos, lors d’une année considérée comme un excellent cru où il était en compétition notamment avec Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, La Chambre des officiers, La Pianiste et Chaos.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Il s’agit du premier long métrage de Jacques Audiard que j’ai vu et ça été une véritable révélation. Un polar noir d’une intensité et intelligence, avec des interprètes en état de grâce. C’est toujours avec un très grand plaisir que de revoir cette pépite palpitante.

Un petit mot sur l’histoire ?

Carla Bhem, une jeune femme de 35 ans au physique plutôt moyen et qui porte des prothèses auditives, est secrétaire à la Sédim, une agence immobilière, mais elle est payée une misère et souffre d’un manque de considération de la part de ses employeurs. Son existence triste et solitaire va prendre une tournure différente avec l’arrivée dans la société de Paul Angéli, une nouvelle recrue de 25 ans, plutôt beau gosse, mais qui n’a aucune compétence dans la promotion immobilière. Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d’amour improbable, doublée de manipulation réciproque, va naître entre ces deux marginaux.

Les premières minutes ?

C’est tout d’abord la musique qui vient nous cueillir, elle instaure une ambiance sombre et mystérieuse. Une introduction qui reflète à merveille le ton que prendra le film au fil des minutes, on reconnait bien évidemment la mise en bouche made in Audiard.

Le regard serré du cinéaste vient se posé sur Carla (Emmanuelle Devos), on la voit éprouver des difficultés au sein de son quotidien aussi bien professionnel que personnel. La jeune femme n’a aucune attache et en souffre terriblement, jusqu’au jour où Paul Angèli (Vincent Cassel) entre dans sa vie. Le contraste est manié avec précaution et intelligence, cette rencontre vient donner du sens à la vie de Carla et ça pourrait être le cas aussi pour Paul.

Le premier quart d’heure amène les ingrédients du drame social classique avec un petit soupçon d’imprévisibilité de par le personnage de Paul. Une ouverture vers le polar se fait sentir.

Le casting ?

Du lourd ! Emmanuelle Devos et Vincent Cassel sont tout simplement magnifiques ! Ils forment tous les deux un duo époustouflant, deux performances pleine d’émotions et de sincérité. La force du cinéma de Jacques Audiard passe par la distribution et sa direction. Son regard se pose constamment sur les personnages, c’est pourquoi les acteurs doivent être d’une solidité irréprochable et c’est bien évidemment le cas avec Vincent Cassel et Emmanuelle Devos.

En ce qui concerne les seconds rôles, on a Olivier Gourmet toujours aussi convaincant et frontal dans son interprétation. Olivia Bonamy est plutôt discrète mais reste efficace, notamment par son personnage qui contraste avec celui de Carla.

Et au final ça donne quoi ?

Quel film ! Même après l’avoir vu plusieurs fois, ce long métrage frappe toujours où il faut et quand il faut. A mes yeux, Jacques Audiard ici son premier chef d’oeuvre ! Le cinéaste métamorphose la comédie dramatique sociale pour lui donner un cachet plus sombre et plus psychologique.

C’est clair, c’est net, on est bien face à un film de Jacques Audiard, cela transpire déjà par la mise en scène. Sa patte intimiste, la spirale viscérale qu’apporte le montage et l’écriture, nous plonge au milieu de ses deux âmes perdus qui s’accrochent l’une à l’autre, au point de ne faire qu’un. Le suspens est implacable et dosé avec minutie, sans sombrer dans le trop-plein. On retrouve aussi le côté âpre et frontal qui est cher au cinéaste français, un angle qu’il maitrise à la perfection pour mieux nous figer d’un coup poing cinématographique.

Le scénario se centre sur deux personnes que tout oppose, sauf qu’ils sont tous les deux en retrait par rapport à la société. Jacques Audiard donne à ces deux personnages une aura héroïque et plus précisément à Carla. Une preuve que le cinéaste ose se renouveler, tout en conservant ses fondamentaux qui font son cinéma. Il jumelle les thématiques avec aisance et intelligence. Bref, c’est grandiose !

Un petit mot aussi sur la musique d’Alexandre Desplat, qui est toujours aussi bien inspiré par le cinéma de Jacques Audiard. Il signe l’une de ses plus belles bande originales. Le thème principal est sublime et apporte énormément à l’atmosphère du long métrage.

En résumé, n’hésitez à voir et revoir Sur mes lèvres, c’est du grand et beau cinéma ! Jacques Audiard signe là son premier grand polar et ce avec un couple transcendant à l’écran.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s