Le Géant de Fer « Signature Edition » (2017)

A l’occasion de la sortie de l’édition signature en février dernier, il nous est paru intéressant de réaliser une nouvelle critique du Le Géant de Fer de Brad Bird (1999).

Le Géant de Fer ? Inconnu au bataillon !

Il est vrai que ce dessin-animé n’est pas aussi célèbre que l’équipe du film l’aurait espéré. En effet, malgré les critiques positives du public-test puis des journalistes, le film n’a pas rencontré un grand succès au box office américain (il est parvenu à rembourser à peine la moitié de son budget). Cet échec commercial est expliqué par le contexte de l’époque autour du film mais surtout autour du studio Warner Bros Feature Animation. A cause de l’accueil désastreux réservé au film animé, Excalibur, l’épée magique sortie en salles l’année précédente, la compagnie n’a pas osé préparer une promotion suffisante avant la sortie au cinéma du Géant de Fer.

Brad Bird, son réalisateur, avait pourtant laissé à Warner quatre mois pour promouvoir le film. Dans une interview, le cinéaste avoue que l’équipe du film et lui s’attendaient au succès (et même à un Oscar avoue t-il) tellement les premières critiques avaient été élogieuses. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’il se rendit dans un cinéma américain et qu’il déplora l’absence d’affiche de son film à l’entrée et à l’intérieur du bâtiment.

Toutefois, malgré le revers commercial lors de sa sortie en salles, le film a peu à peu acquis la réputation de petit chef-d’œuvre d’animation et possède aujourd’hui une armée de fidèles. En 1999, ayant constaté l’insuccès du dessin-animé en salles en dépit de sa qualité, Guillermo Del Toro (le réalisateur d’Hellboy et du Labyrinthe de Pan) appela Brad Bird : « Look … in the light of the box office, the audience, the numbers, you feel like a loser, but this will pass. You have made a classic. It will stay in the hearts and minds of anyone that sees it. It would honesty live forever. » (Ecoute, avec le flop du box-office, le public, les chiffres, tu dois te sentir nul, mais ça passera. Tu as créé un classique. Ça restera dans les cœurs et les esprits de tous les spectateurs. Ça va rester pour toujours).

Cet article aura pour but de comprendre en quoi ce film peut être considéré comme un classique en étudiant ses qualités mais également ses défauts.

Un petit mot sur l’histoire  ?

L’action du film prend place dans la ville de Rockwell dans le Maine à la fin des années 50. Nous découvrons la vie quotidienne d’un enfant, Hogarth Hughes, qui a la fâcheuse tendance à préférer posséder pour amis … des bêtes. Un soir, alors qu’il compte profiter de l’absence de sa mère pour regarder un film d’horreur à la télévision, il va constater la disparition de l’antenne sur le toit. Comptant bien savoir si les responsables sont les envahisseurs venus de Mars, il va suivre les gigantesques traces du voleur d’antenne jusqu’au milieu de la forêt et va faire une rencontre à laquelle il ne s’attend pas …

Pourquoi (re)voir ce film dans l’édition signature ? (attention SPOILERS)

Un film pour enfants aux problématiques universelles

Le film a des thématiques fortes. Le traumatisme du réalisateur dû au meurtre de sa sœur par une arme à feux se retrouve dans le traitement du géant robotique et dans l’utilisation des armes de l’armée américaine.

Le dessin-animé se fait adversaire du déterminisme : « Tu es celui que tu choisis de devenir ». Notons que les scènes supplémentaires de l’édition signature insistent davantage sur cette problématique. Nous pouvons en effet voir une scène montrant une armée de robots ressemblant au géant détruire une planète. Le robot a ainsi été conçu pour tuer et non pour aider. Cependant, le choc électrique de la centrale au début du film va le rendre amnésique. Il aura tout à réapprendre (mais nul besoin du thème traditionnel de la rédemption). Cet enfant mécanique va devoir être éduqué par un enfant humain (Hogarth). Une quête d’apprentissage/initiatique est alors lancée. C’est là l’un des points forts du film : un robot traditionnellement exterminateur et antagoniste va apprendre à devenir un héros et sert au blâme d’une société dans laquelle l’armement possède une place importante. La notion de choix est donc particulièrement centrale dans ce film : la scène de la grange où Hogarth présente des comics à son ami géant le montre. Le robot n’est pas obligé d’être un robot « méchant » au sens manichéen du terme mais peut devenir un héros comme Superman.

Cette morale parvient à son point culminant lors de la scène finale du film (par le geste du robot). Brad Bird a sans nul doute voulu faire comprendre aux jeunes spectateurs qu’ils ont le choix de devenir ceux qui veulent devenir. Maxime utopiste ? Laissons les philosophes et autres penseurs le soin d’y répondre.

Le thème de la mort est également important dans ce film et vient renforcer la parabole : nous pouvons nous référer à la scène de la rencontre avec le cerf mais également à la scène suivante dans laquelle le géant couché demande à Hogarth s’il va mourir un jour.

Nous pourrions également parler de la thématique du père à travers le personnage de Dean, de la paranoïa américaine, du manichéisme … Tous ces enjeux font la richesse de ce dessin-animé.

Les autres atouts du film

La musique du film animé a été composée par Michael Kamen (Open Range, X-Men …). Elle sert plutôt bien le dessin-animé et renforce la beauté de certaines scènes (notamment la scène des « âmes ne meurent jamais »).Toutefois, le compositeur nous a habitué à de meilleures pistes musicales.

L’humour se révèle être un autre atout de ce film car il est plutôt bien dosé avec l’ingénuité du géant, les répliques de Dean Mc Coppin ou le traitement caricatural de l’inspecteur du gouvernement à travers le personnage de Kent Mansley.

Là où l’on peut chipoter un peu…

Le film n’est pas exempt d’invraisemblances, même s’il est étiqueté dessin-animé pour enfants. Par exemple, le traitement de l’armée américaine peut paraître un peu excessif et caricatural.

Bilan. Qu’apporte l’édition signature ?

Un dessin-animé à regarder au moins une fois si l’on est amateur de cinéma. Il reste un classique des films animés hollywoodiens. L’édition signature apporte des scènes supplémentaires judicieuses mais également des bonus intéressants qui montrent l’envers du décor.

Paul C.

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