Revenge (1990)

Revenge est un thriller américano-mexicain réalisé par Tony Scott.

Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle Revenge de Jim Harrison publiée en 1979 dans le recueil Legends of the Fall où l’on d’ailleurs retrouver Légendes d’automne, qui a fait également l’objet d’une adaptation cinématographique. L’écrivain américain a participé à l’élaboration du scénario avec Jeffrey Alan Fiskin (Cutter’s Way).

Pour ce qui est de la mise en scène, le projet a connu une petite succession de réalisateurs avec notamment Sydney Pollack, Jonathan Demme, Walter Hill et John Huston. Pendant un temps, Jack Nicholson et même Kevin Costner sont envisagés pour être devant et derrière la caméra. Finalement, Kevin Costner restera devant et officiera aussi en tant que producteur, tandis que Jack Nicholson se retire totalement du projet. Ensuite, c’est Tony Scott (Top Gun) qui est engagé pour réaliser cette adaptation, qui est son quatrième long métrage.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La dernière fois que j’ai vu ce film, cela remonte une dizaine d’années et dans l’ensemble, j’en garde un bon souvenir. Certains considèrent ce thriller comme l’un des films les moins bons de Tony Scott et de Kevin Costner. L’occasion se présente justement pour vérifier si c’est le cas ou non.

Un petit mot sur l’histoire ?

Le capitaine Cochran célèbre son départ de la ‘Navy’ avec ses anciens compagnons, et reçoit de nombreux cadeaux, entre autre un fusil de chasse d’une grande valeur, accompagné d’un carton d’invitation : le Senior Tiburon, le riche Mexicain qui vient de lui offrir cette arme, l’invite à le rejoindre dans sa splendide résidence. Cochran se rend chez son ami, un vieil homme influent et cruel, et fait par la même occasion la connaissance de l’épouse de ce dernier, la ravissante Mireya… Tombée sous le charme du séduisant capitaine Cochran, Mireya lui fait part de ses sentiments, et Cochran en oublie bien vite les liens d’amitié qui l’unissent à Tiburon pour se jeter dans les bras de sa belle épouse. Mais Tiburon n’est pas dupe : il surprend le couple, et laisse exploser sa colère…

Les premières minutes ?

La musique sombre et palpitante de Jack Nitzsche vient ouvrir le long métrage. Elle est additionnée aux beaux plans du relief mexicain de Tony Scott, qui portent également un petit clin d’oeil à Top Gun.

On fait ensuite la connaissance du capitaine Jay Cochran (Kevin Costner), un homme séduisant inspirant un certain aplomb. Le rythme est posé et la patte  de Tony Scott est  bien présente. Le réalisateur nous imprègne tout doucement de l’atmosphère à la fois fiévreuse, paisible et austère. D’ailleurs la musique de Nitzsche suit à merveille cet axe, ses compositions sont toutes en nuances et rappellent parfois Hans Zimmer.

A la fin des vingt premières minutes, Tony Scott ventile tout doucement le sentiment de paradis et de tranquillité pour laisser place au doute et au danger.

Le casting ?

Dans la peau du brillant et séduisant Jay Cochran, Kevin Costner se montre plus que convaincant à travers son interprétation nuancée en adéquation avec le ton que Tony Scott porte au sein de son long métrage.

A ses côtés, le grand et charismatique Anthony Quinn respire son rôle du vieux et dangereux maffioso mexicain. L’acteur jongle habilement entre le côté redoutable et sensible de son personnage. Pour rappel, le rôle avait été confié au départ à Jack Nicholson.

Madeleine Stowe est sublime limite fatale sous les traits de Mireya Mendez, mais la conception de son personnage est profonde et même audacieuse. Une femme dont a volé la vie et qui trouve le souffle de la résurrection aux côtés de Jay Cochran. Cette particularité rend le personnage attachant et même très émouvant au final. Cependant, on peut reprocher parfois de finesse de l’actrice et de la direction de Tony  Scott, Mireya apparaît un peu trop comme une femme fatale par moments.

Le regretté Miguel Ferrer (Twin Peaks, Robocop) tient la route en tant que petit bad boy et allié de Cochran. John Leguizamo remplit son contrat, en interprétant un voyou mexicain qui n’a pas froid aux yeux.

Et au final ça donne quoi ?

Trois ans avant de réaliser True Romance, Tony Scott signe un thriller dramatico-romantique de bonne facture. Le réalisateur américain conjugue plusieurs genres pour nous pondre un film intense, violent et émouvant.

La mise en en scène est dans l’ensemble intéressante malgré quelques défauts regrettables. Comme pour Top Gun, Tony Scott et son chef opérateur nous proposent de magnifiques images. Un soin particulier qui symbolise la patte du réalisateur, de par ses expériences passées en art graphique et en réalisations publicitaires. Il fixe également son regard sur tous les petits gestes et les petites attentions qu’ont les personnages entretiennent entre eux, notamment entre Jay et Mireya. Cet aspect renforce bien évidemment l’aspect psychologique du long métrage, mais il est dommage qu’il soit gâché par quelques égarements artistiques. Par exemple, les scènes sulfureuses entre Jay et Mireya manquent de subtilité, on n’obtient pas un réel impact sur le spectateur. On a l’impression qu’elles sont là juste pour satisfaire le spectateur dans un optique d’excitation. On a vu plus inspiré de la part de Tony Scott, notamment dans Les Prédateurs et True Romance. La deuxième partie souffre aussi d’un creux rythmique, qui embourbe quelque peu l’histoire et les enjeux. Il aurait peut être été plus judicieux de travailler sur des péripéties plus intéressantes, qui auraient donner porter le souffle de la vengeance un peu plus haut. En dehors de ça, Tony Scott et son équipe ont fait du bon boulot.

Pour ce qui est du scénario, Jim Harrison et Jeffrey Alan Fiskin ont composé une bonne histoire et des personnages intrigants. Les thématiques abordées ont inspiré Tony Scott pour travailler sur une intelligente hybridation des genres. L’amitié, la rivalité, l’amour, la solitude, le mariage forcé, la politique/mafia mexicaine… forment un bloc très intéressant et quelque peu audacieux pour l’époque. Si l’on devait aborder maintenant les carences, ça serait au niveau du contexte politique qui est un peu trop abstrait à mon goût. Cela aurait permis de vraiment mesurer la force et la puissance de Tiburon « Tibby » Mendez au niveau de la région mais aussi du pays. Autre petit reproche, c’est au niveau de l’amitié qui anime le mafieux et l’ancien pilote, ça méritait d’être bien plus fortifier pour donner plus d’épaisseur à la trahison et à la blessure ressentie par Tibby.

L’une des grandes forces de ce long métrage est sans aucun doute le jumelage entre la musique de Jack Nitzsche et la vision de Tony Scott. Le compositeur américain livre un magnifique score avec des partitions qui respire les personnages, les émotions et le cadre mexicain. Son travail voisine sur certaines sonorité Hans Zimmer et Vangelis sur Blade Runner.

En résumé, Revenge est un western contemporain semi-nerveux, mais avec des intentions louables et une ensorcelante distribution. Ce n’est pas le meilleur de Tony Scott, mais ça n’en pas pour autant le moins bon.

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