Pour une poignée de dollars, il était une fois…le premier western de Sergio Leone

Pour une poignée de dollars (Fistful of dollars) est le 4e film réalisé par Sergio Leone et son premier Western Spaghetti. Il est sorti en 1964 et marque le début d’une nouvelle ère pour le Western au cinéma. Popularisé par Leone lui-même, le style « Western Spaghetti » sera fortement exploité dans les années 60. Sergio Leone deviendra le père de ce style, nous livrant des films facilement identifiables à son image. On pourrait dire du réalisateur italien qu’il a révolutionné le cinéma de son époque par la qualité et la violence de ses scénarios, par la musique tonitruante de ses films et par les choix des pellicules utilisées pour tourner ses métrages. Utilisation de focales courtes, de plans d’ensembles, parfois même de plans extrêmes où l’on y voit seulement le visage d’un personnage. Bref, son style a marqué l’histoire du cinéma et nous parlerons aujourd’hui de son premier film de la trilogie du dollar, qui sera suivi des films Pour Quelques Dollars De Plus (For few dollars more) et Le Bon La Brute Et Le Truand (The Good, the Bad and the Ugly).

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

On devrait être d’accord sur le fait que Le Bon la Brute et le Truand est l’un des meilleurs films jamais réalisés. De plus j’ai toujours trouvé que ce film est le mieux dirigé que j’ai eu la chance de voir. Cependant, c’est troisième film d’une trilogie signé Sergio Leone (la trilogie du dollar ou la trilogie de l’homme sans nom) avec Clint Eastwood comme personnage principal, ce qui fait des deux premiers films de la triade, des indispensables pour moi.

Un petit mot sur l’histoire ?

Joe (l’homme sans nom), vagabond tireur hors-pair, arrive dans le village mexicain de San Miguel aux abords de la frontière américaine et devient rapidement ami avec Silvanito, le propriétaire du bar local. Joe découvre que la petite ville est dirigée par 2 gangs, les Baxters et le Rojos. Lors de son arrivé, Joe devient la cible des Baxters, ce qui le pousse à en tuer 4, geste qui n’est pas passé inaperçu chez les Rojos. Ils engageront donc Joe et l’inviterons à se joindre à eux. Or, Joe décide de travailler pour les 2 clans, les poussant ainsi à s’entre-éliminer.

Les premières minutes ?

Comme plusieurs films de Sergio Leone, le métrage commence avec un générique bien spécial et distinct, il compense l’absence de crédits à la fin et nous permet de savourer le thème principal du film composé par le génie Ennio Morricone. La première scène nous fait découvrir l’homme sans nom (Clint Eastwood) et nous présente la ville dans laquelle l’histoire aura lieu. Dès les premières images, nous sentons une ambiance unique signée Leone. Le contraste et les plans utilisés par le réalisateur mettent en avant le style qu’il révolutionnera. Il maitrise le tout d’une manière sublime, ce qui nous fait penser qu’il travail ce genre depuis des années.

Le casting ?

La trilogie du Dollar n’a pas été l’évènement marquant qui a poussé Clint Eastwood au top pour rien. Sa performance est impeccable pour l’époque. Il joue avec une subtilité vertueuse et impose sa « loi » tout au long du métrage. Eastwood défini et complète la magie du renfrogné style Spaghetti de Leone. Il frappe dans la poussière dramatique du film et en ressort le grand héros.

Pour ce qui est des autres acteurs, excepté Gian Maria Volontè, ils ne sont là que pour se faire tuer par Eastwood ou pour compléter certaines petites choses et pour ensuite fondre dans le décor. Leurs noms ne resteront pas graver dans ma mémoire et c’est tout à fait normal car le terrain doit être réservé entièrement pour le personnage de Clint Eastwood.

Et au final ça donne quoi ?

Immortel et unique, ce western a révolutionné le genre à son époque et il n’a rien perdu de sa superbe. Quelle incroyable maitrise pour un premier western ! Il dirige ses (son) acteurs si remarquablement, le jeu de Eastwood est sensationnel ! Les plans de caméras sont choisis si minutieusement qu’ils nous donnent droit à des scènes spectaculaires, qu’elles soient à cheval, dans le ranch ou dans la ville, elles sont remarquables !

Il en est à se demander où et comment Leone a appris à réaliser de telles choses alors qu’il en est à son premier Farwest. Le scénario est si bien travaillé et les quelques dialogues dans le films sont d’une saveur parfaite. Faire un excellent Western de 100 minutes dans une ville mexicaine avec 6 bâtiments et une vingtaine d’habitants, c’était tout un défi pour l’italien Sergio Leone et il relève le tout d’une manière distingué et compétente. Son talent relève de l’incroyable et son statut de Grand réalisateur est amplement mérité. Leone nous a livré plusieurs perles et son premier western spaghetti est un délice.

Ce n’est pas sans parlé de sa bande sonore astucieuse et idéale composée par Ennio Morricone. Ce n’est peut-être pas la musique purement fantastique de ses compositions futures des films Le bon, La brute et le truand et Il était une fois dans l’Ouest mais Morricone nous livre une bande originale enivrante et soigneusement écrite pour le film. Elle est bien utilisée et se disperse à la perfection à travers le film.

En résumé, Pour une Poignée de Dollars est un film qui a osé être différent en 1964, peut-être bien le premier Western qui l’a fait depuis Le Vol du Grand Rapide en 1903. Le film se démarque par sa violence et ce, dans le sens de la nouveauté apporté par Leone à l’époque et non comme film violent et effrayant, par son action, son scénario, son personnage et l’inoubliable score de Morricone. Il prend les rails du Western et explore des choses qui n’avaient jamais été explorées avant. Le film et son personnage ont du style et le tout est cynique. Fistful of Dollars marque le début d’une grande carrière pour Sergio Leone et promet pour la suite de la trilogie. Sur ce, nous nous reverrons pour une critique sur Pour Quelques Dollars de Plus et d’ici là, je vous souhaite de découvrir la sublime trilogie du dollar de Sergio Leone si ce n’est pas déjà fait, bien entendu.

William T.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. LydiaB dit :

    Je n’aime pas trop les westerns mais cette trilogie est géniale en effet.

    J'aime

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