Et pour quelques dollars de plus, quand Sergio Leone confirme son cinéma !

Et Pour Quelques Dollars de Plus, sorti en 1965, est le 2e Western Spaghetti de Sergio Leone et le second volet de la trilogie du dollar. Le film est principalement marqué par les débuts de Lee Van Cleef dans la trilogie. Il est précédé du film Pour une Poignée de Dollars et suivi de Le Bon, la Brute et le truand, tous réalisés par le père du Western Spaghetti Sergio Leone. Ces films, considérés comme des classiques du cinéma, ont été les éléments propulseurs pour Clint Eastwood et le compositeur Ennio Morricone dans le monde du 7e art. Lundi dernier je vous faisait part de mon avis sur Pour une Poignée de Dollars et aujourd’hui, il sera question de Et Pour Quelques Dollars de Plus.

Le style Sergio Leone

Au début de sa carrière, même c’est films étaient appréciés par le public et par ses fans, Leone se vu boudé par la critique durant de nombreuses années. Elle fut très sévère et même assassine envers ses films et plus précisément envers ses 2 premiers westerns (Pour une Poignée de Dollars et Et Pour Quelques Dollars de Plus). L’auteur français Alain Paucard a été jusqu’à écrire à propos de Et Pour Quelques Dollars de Plus qualifiant le film d’un peu moins mauvais que le premier mais long, très long. Ce n’est que plusieurs années plus tard que son importance dans le cinéma et que la valeur de ses films ont été reconnues. L’italien s’est imposé dans l’histoire du cinéma grâce à son style bien identifiable. Une mise en scène formidable, l’utilisation de plans de vue remarquables, une violence cynique et le tout sans oublier la musique tonitruante de ses films composée par son grand ami et partenaire, Ennio Morricone. Sergio Leone est sans aucun doute l’un des plus grands réalisateurs à avoir existé. Howard Hawks, comme plusieurs, a avoué admirer le style de Leone et le grand Quentin Tarantino a déclaré que Sergio Leone était sans aucun doute son cinéaste préféré et lui a même dédié son film Kill Bill Vol. 2. Dans le classement des meilleurs films de tous les temps de IMDb, Le Bon, la Brute et le Truand est classé 9e, Il Était une fois dans l’Ouest est 30e, Il Était une fois en Amérique 67e et Et Pour Quelques dollars de plus est à la 102e position.

Une trilogie qui n’en est pas vraiment une

Encore si c’est l’uns des plus grands mystères du cinéma, il faut savoir que ce n’est pas parce que Clint Eastwood porte le même poncho dans les 3 films qu’il est le même personnage. Il n’y a aucune continuité entre les volets de la trilogie, comme la trilogie Il Était une fois (Il Était une fois dans l’Ouest, Il Était une fois la Révolution et Il Était une fois en Amérique). Sergio Leone les a faites comme 3 Westerns séparés, il a simplement engagé certains acteurs plus d’une fois comme Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Gian Maria Volontè. Eastwood joue trois personnages différents dans trois films différents. Si nous le connaissons comme l’homme sans nom c’est parce que, pour certaines raisons commerciales, la US Marketing team est venue avec cette idée pour mieux vendre les films. Il s’appelle Joe dans Pour une Poignée de Dollars, Monco dans Et Pour Quelques Dollars de Plus et Blondie dans Le Bon, La Brute et le Truand. Leone voulait en plus engager Clint Eastwood pour le rôle de Harmonica dans Il Était une fois dans l’Ouest et s’il l’avait fait, les gens auraient pensé qu’il est le même personnage que dans la trilogie du dollar, ce qui est absurde.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Avant de connaitre Sergio Leone, je n’avais pas vraiment d’attirance envers le style Western. Il était pour moi, un bon vieux style de film américain des années 1940-1950. Les Cowboys contre les indiens. C’étais avant que je découvre Leone bien évidemment car, lorsque j’ai visionné un de ses Westerns pour la première fois, soit Le Bon, la Brute et le Truand, j’étais par terre. Choqué ! C’était une merveille, un chef d’œuvre ! Alors donc j’ai commencé à écouter plusieurs Westerns, dont ceux de Leone bien entendu, et découvert une attirance envers ce style cinématographique. Sergio Leone m’a transmis sa passion pour le Westerns. De plus, comme tous ses autres films, Et Pour Quelques Dollars de Plus est un indispensable du cinéma. Un classique du genre et je me devait de le voir. J’ai adoré Pour une Poignée de Dollars et selon plusieurs, cette suite plus accompli, plus rempli et meilleure. Et puis qui oserait refuser un spaghetti signé Leone ?

Un petit mot sur l’histoire ?

Monco (Clint Eastwood), est un chasseur de prime et tireur hors-pair qui tente d’éliminer El Indio (Gian Maria Volontè) et sa bande de hors-la-loi. Durant sa chasse, il rencontre le Colonel Douglas Mortimer (Lee Van Cleef), un autre chasseur de prime à la recherche d’El Indio et ses quelques bandits. Les deux hommes décident de faire un marché et d’abattre le gang ensemble pour ainsi se séparer la récompense. En cours de route, il y aura beaucoup de balles tirées et l’action ne manquera pas à l’appel !

Les premiers tirs ?

Le film commence avec générique, comme la plupart des films de l’époque. Celui-ci compense l’absence de crédits à la fin et nous permet de savourer le thème principal du film composé par Ennio Morricone. Ce générique est quelque peu « ordinaire » si on le compare aux autres. Il ne montre que des titres qui bougent, rien de bien impressionnant. La première scène nous présente le Colonel Mortimer, joué par Lee Van Cleef, ainsi que ses motivations et sa principale quête. Nous voyons ensuite Monco dans un bar qui cherche des bandits pour récupérer la prime offerte pour eux. Rapidement, on comprend que Mortimer et Monco cherchent les mêmes hommes. D’ailleurs ils sont présentés immédiatement par la suite, soit El Indio et son gang. Ils font sortir un confrère de prison et l’évasion est unique en son genre. C’est du Leone pure.

Une fois l’évasion terminé, El Indio va éliminer une femme et un bébé pour ensuite confronter le père en duel, nous y voyons un méchant très cynique, cruel et sans merci. La brutalité de l’antagoniste et de son gang est abominable. Les 30-45 premières minutes du film nous mettent en halène pour la suite et elles promettent.

Le casting ?

J’ai l’impression que le casting de la trilogie du Dollar est un long crescendo qui prépare la note finale parfaite. Nous avons un bon casting pour le premier film avec Clint Eastwood, on y rajoute Lee Van Cleef pour le 2e volet et on termine avec la distribution parfaite pour Le Bon, la Brute et le Truand qui comprend le trio idéal soit Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach. Sergio Leone n’a pas voulu reprendre Clint Eastwood plusieurs fois pour ses westerns seulement car il avait bonne figure avec son puncho. Encore une fois, sa performance est sans pareil et taillée sur mesure pour le film. Il est encore plus éloquent que dans le premier volet de la trilogie. C’est la grande entrée en scène de Lee Van Cleef avec Sergio Leone et il est la révélation de se film (Leone et Eastwood s’étaient déjà fait valoir dans Pour une Poignée de Dollars). Cleef est hors ligne, il interprète son personnage vertueusement et il est unique. Il y a aussi l’acteur Gian Maria Volontè qui est de retour et il joue encore une fois l’antagoniste du film. Il est bon et donne une bonne performance mais sans plus. L’accent est plutôt mis sur les 2 chasseurs de prime car à l’époque, les spectateurs voulaient voir les héros en grand et le méchant dépérir.

Et au final ça donne quoi ?

Un Western glorieusement gras, en sueur, velu, sanglant et violent. C’est délicieux ! Un Spaghetti dur avec des valeurs en majuscules hors de l’écurie occupée d’Italo à l’époque, c’est une entrée d’action réussi. Il nous présente énormément plus de choses et c’est la grande entrée en action de Lee Van Cleef. Prenant place dans différents lieux et avec plus de personnages que dans le premier film de la trilogie, celui-ci possède une manœuvre d’exécution à tire-larigot et Sergio Leone l’utilise pleinement, nous livrant un film évolutionniste, nouveau et, si ce n’est pas parfait, concret.

Le réalisateur italien étire son talent et son potentiel au maximum et comme à son habitude, il prend habilement son temps pour nous offrir des scènes magiques et juteuses. De plus, Leone aborde des nouveaux thèmes et maitrise le tout d’une manière chenu et absolu. Les scènes entre Monco et Mortimer sont si exquises et si soignés qu’elles en sont parfaites. Chaque chose a sa place dans le film et Sergio Leone ne démontre pas qu’il connait la définition des mots inutiles et incohérence. Du coté de sa musique, elle ressemble à celle de Pour une Poignée de Dollars car Ennio Morricone a divisé la bande originale en 2 parties : la partie A, qui contient les principaux thèmes de Fistful of Dollars et la partie B, qui est nouvellement composé par Morricone pour le film. À ce qu’on a droit de nouveau, c’est spécial et génial, encore une fois. La musique est minutieusement composée et elle nous donne des frissons une fois le montage terminé. Clint Eastwood nous livre une autre prestation incroyable tout en tentant de garder un équilibre entre l’homme sans nom et le Colonel Mortimer, incarné par Lee Van Cleef. Cleef ne vole pas la vedette à Eastwood mais le rejoint et sa performance est tout simplement admirable et accompli. En résumé, Et Pour Quelques Dollars de Plus est un grand pas devant son prédécesseur Pour une Poignée de Dollars, alors que Leone commence à polir sa direction d’une façon des plus élégantes. Il est aidé par un grand casting à créer des scènes parmi les plus inoubliables du sous-genre Spaghetti Western.

En résumé, Et pour quelques dollars de plus est une suite formidable et en plus d’être un film extrêmement bon en soi, ce fut surement le meilleur western italien au moment de sa sortie. Je le classe meilleur que Fistful of dollars mais est-ce le meilleur de la Trilogie du Dollar ? La réponse lundi prochain lors de la publication de mon article sur Le Bon, la Brute et le Truand.

William T.

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