Wyatt Earp (1994)

Wyatt Earp est un western américain co-écrit et réalisé par Lawrence Kasdan.

Au début des années 90, le scénariste Kevin Jarre et Kevin Costner envisage de faire ensemble un film sur le célèbre Wyatt Earp, mais les deux hommes ont eu quelques différends artistiques sur le projet. En effet, Kevin Costner souhaitait concentré l’histoire sur la vie de Wyatt Earp avant son arrivée à Tombstone. Finalement, chacun prend sa propre direction, Kevin Costner s’associe à Lawrence Kasdan pour un film intitulé tout simplement Wyatt Earp. Tandis que de son côté, Kevin Jarre lance son propre projet avec Kurt Russell et le film a pour titre Tombstone. La concurrence est aussitôt affichée et Kevin Costner ira même jusqu’à même faire jouer ses relations pour Tombstone ne voit pas le jour, mais Kevin Jarre et Kurt Russell ont réussi à trouver des producteurs au sein de la filiale de Disney, la société Buena Vista Pictures.

A sa sortie en salles, Wyatt Earp connait un accueil glacial et les Razzie Awards en font l’un de leurs favoris. Sur un budget de 65 millions de dollars, le film n’a rapporté qu’une petite vingtaine de millions. Pourtant au fil des années, ce western connait une certaine réhabilitation dans le genre.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Il s’agit tout simplement du meilleur film réalisé par Lawrence Kasdan (La Fièvre au corps, Silverado). Du grand spectacle pour une histoire passionnante et un personnage tout aussi fascinant. C’est un grand plaisir que de revoir ce film et de vous partager mes impressions dessus.

Un petit mot sur l’histoire ?

Wyatt Earp a passé toute sa jeunesse entouré d’avocats et c’est pourquoi il s’est lancé dans une licence de droit. Mais, un jour, l’amour de sa vie, Urilla, décède et cette nouvelle l’anéantit totalement. Parti alors s’installer à Dodge City, il y devient le shérif et s’entoure de ses frères pour faire régner la loi. Fort de son expérience et de sa réputation de franc-tireur, Wyatt Earp est craint dans tout l’Ouest, sauf par le clan des Canton, son ennemi juré.

Les premières minutes ?

Le long métrage s’ouvre avec le thème principal de James Newton Howard, ça sonne proche de James Horner et John Williams. La première scène du film nous montre Wyatt Earp de dos en pleine réflexion, quelque chose semble se prépare et cela semble fortement le préoccuper.

On enchaine ensuite avec une première transition qui nous emmène vers la jeunesse de Wyatt Earp. Sa construction identitaire s’inspire principalement de son père et des valeurs familiales qu’il revendique. Ce qui saute aux yeux dans ce premier quart d’heure, c’est à quel point on ressent l’influence de Kevin Costner sur le film. Les grands espaces sont sublimement mis en valeur et le travail de reconstitution nous laisse entrevoir de gros moyens pour être le plus authentique et spectaculaire possible.

Le casting ?

Dans la peau de la figure emblématique du Far West, Kevin Costner se montre charismatique et implacable. A travers ce personnage psychorigide, l’acteur insuffle le côté humaniste qu’il lui est propre et que l’on retrouve dans la plupart de ses rôles au cinéma.

A ses côtés, Dennis Quaid livre l’une des meilleures compositions de sa carrière. Il est habité de la tête au pied par le personnage de Doc Holliday. Il faut savoir que l’acteur a perdu près d’une quinzaine de kilos pour les besoins du rôle. Ce qui est assez bizarre, c’est qu’aujourd’hui il aurait obtenu au minimum une nomination aux Golden Globes. La complicité entre Costner et Quaid fonctionne très bien à l’écran, il aurait été intéressant de retrouver ce duo sur d’autres films.

Gene Hackman, Michael Madsen, Mark Harmon, Bill Pullman et Tom Sizemore viennent efficacement étoffer cette distribution pro-masculine.

Mais que serait l’homme sans la femme, cela est d’ailleurs là que Lawrence Kasdan propose cette réflexion auprès d’actrices comme Joanna Going, Isabella Rosselini, Catherine O’Hara ou encore Annabeth Gish.

Et au final ça donne quoi ?

Pourquoi ce western/biopic n’a pas rencontré le succès ? Pourtant, Lawrence Kasdan et Kevin Costner ont réuni les principaux ingrédients d’un grand et beau film, et ce même si il y a quelques petits défauts apparents.

On commence par la mise en scène, qui est centralisée sur Wyatt Earp (Kevin Costner). Lawrence Kasdan se fixe de près comme de loin sur le personnage. Cela favorise de magnifiques plans larges, mais aussi la compréhension psychologique de cet homme, de cette légende du Far West. On est loin du western où ça flingue à tout va, ici on pose la destinée et la détermination de Wyatt Earp sur un rythme léger, même si  on peut reprocher parfois un montage et des transitions expéditifs. Les décors et les costumes entretiennent à merveille l’aspect authentique des faits et de l’époque. Comme il a été ressenti lors des premières minutes, on est assez proche des réalisations de Kevin Costner.

En ce qui concerne le scénario, Dan Gordon, Kevin Costner (non crédité) et Lawrence Kasdan ont suivi à la lettre les réels faits de la vie de Wyatt Earp. Une histoire passionnante et instructive pour un personnage magnétisant. Dans l’ensemble, les personnages sont bien exploités, même si on aurait aimé un peu plus de présence en ce qui concerne le père de Wyatt interprété par Gene Hackman. Les dialogues maniés avec intelligence et collent comme il faut aux différents personnages. La philosophie de Wyatt et ses opposants est un attrait intéressant au sein de l’intrigue. Les femmes, certains amis, les ennemis et parfois les frères n’adhèrent pas à la rigidité et l’imperméabilité du personnage. Pourtant, ce sont eux qui vont appuyer la réputation et forger cette le mythe.

La musique de James Newton Howard participent au souffle dramatique, aventureux et épique que le film véhicule. Le Main Title est magnifique et résonne tout au long du film. Le compositeur livre un score en adéquation avec Wyatt Earp et la vision de Kasdan.

En résumé, Wyatt Earp est un grand western sombre et passionnant. On ressent la passion, l’admiration et l’investissement de Lawrence Kasdan et Kevin Costner pour cette histoire et cette figure emblématique du Far West. Après Impitoyable de Clint Eastwood, il y a eu un autre beau western ténébreux et fiévreux. Il y a eu Wyatt Earp !

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Victor Lavene dit :

    Il faudra donc que je revois également ce western, car il m’avait laissé sur ma faim à l’époque et je lui avais préféré Tombstone et la sublime interprétation de Val Kilmer pour Doc Holliday. Quelques longueurs moins bien exploitées que dans Impitoyable qui m’avait justement séduit m’ont laissé un gout amer.
    A revoir avec plus de maturité aujourd’hui…

    Aimé par 1 personne

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