Copland (1997)

Copland est un polar américain écrit et réalisé par James Mangold.

Trois années après avoir été révélé par par l’écriture et la réalisation du drame indépendant Heavy, James Mangold explore un peu plus la noirceur et la violence de l’homme avec Copland. Le cinéaste américain s’inspire de sa ville natale Washingtonville, où beaucoup de résidents étaient des policiers de NYPD. Les producteurs voient les choses en grand, puisqu’ils misent un budget de 15 millions de dollars et une distribution de haute volée.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

A mes yeux, Copland apparait comme un excellent western urbain. James Mangold a obtenu une modeste reconnaissance internationale avec ce film, pourtant il s’agit d’un des plus beaux polars américains des années 90.

Un petit mot sur l’histoire ?

À Garrison, dans le New Jersey, les flics new-yorkais font régner la loi – leur loi. Cette ville de banlieue, surnommée « Cop Land », sert de cité-dortoir aux policiers du NYPD.

Freddy Heflin, le shérif local, a toujours rêvé d’être des leurs, mais il est sourd de l’oreille droite. On lui accorde tout juste le droit de régler la circulation ! Jusqu’au jour où… Murray « Superboy » Babitch, un jeune officier de police commet une bavure. Refusant de laisser plonger leur collègue, les résidents le couvrent et le font « disparaître ».

La tension monte lorsque Moe Tilden des Affaires Internes est dépêché sur place. Il soupçonne rapidement la mise en scène policière et s’efforce de rallier Freddy à son enquête. Fatigué et résigné, celui-ci adopte une attitude passive. Entre la femme dont il est secrètement amoureux, les hommes qu’il admire et la justice dont il est le représentant, le shérif va devoir choisir…

Les premières minutes ?

Sur un plan aérien de la petite ville de Garrison, la voix de Robert De Niro pose le cadre et donne le ton du film. Une entrée en matière simple qui enchaine parfaitement avec le contraste du portrait du shérif Freddy Helfin avec les flics de la haute qui habitent le patelin. L’atmosphère « western urbain » s’installe très vite, de par la nervosité et les magouilles de la bande de Ray (Harvey Keitel).

Le premier quart d’heure conclut sur une situation instable et quelque peu mystérieuse. James Mangold laisse subtilement quelques éléments en suspend pour mieux les comprendre par la suite.

Le casting ?

Pour le rôle du shérif Heflin, plusieurs acteurs comme John Travolta, Tom Hanks, Gary Sinise et Tom Cruise ont été sollicités pour interpréter le rôle. Ray Liotta a montré lui aussi un certain intérêt pour le personnage. Finalement, c’est Sylvester Stallone qui hérité du rôle. L’acteur souhaitait casser son image à travers ce personnage, un rôle à contre-emploi qui a fait mal à sa carrière puisqu’il a connu une traversée du désert durant huit années. Pourtant, il offre une performance époustouflante ! Sa composition lui a valu 18 kilos en plus et il nous montre une nouvelle facette de son jeu d’acteur. Sylvester Stallone tient ici l’un de ses plus beaux rôles de sa carrière.

A ses côtés, on a du lourd à commencer par Harvey Keitel. Ce dernier interprète solidement le lieutenant Ray Donlan, qui se révèle être un beau salopard en puissance, tout comme Robert Patrick.

Ray Liotta et Robert De Niro cassent eux aussi leur image de manière saisissante. On est loin du duo des Affranchis, les deux acteurs proposent tout autre chose et ça fonctionne à merveille.

Frank Vincent, Cathy Moriarty, Michael Rapaport, Noah Emmerich ou encore Annabella Sciorra viennent apporter le petit plus à cette distribution incroyablement prestigieuse digne d’un Scorsese.

Et au final ça donne quoi ?

Une perle grisonnante et obscure porté par un cinéaste prometteur (pour l’époque) et un casting étincelant. James Mangold signe un magnifique polar, un croisé de Sergio Leone et Don Siegel.

Le réalisateur pose sa caméra en plein cœur de cette petite ville de Garrison, où s’entrecroise un shériff désabusé, un flic cocaïnomane, un chef des affaires internes et une petite bande de flics ripoux. James Mangold prend ses personnages très au sérieux, ils sont suivis de près avec pour fond de toile une ville qui cache une fausse paisibilité. Derrière les sourires se cachent des secrets et de la souffrance. La mise en scène suit totalement cet optique, en s’inspirant du western et du polar des années 60-70. Sur un rythme posé, il est insufflé une atmosphère oppressante et intense, où l’implosion semble la seule issue.

Comme pour la forme, James Mangold fait preuve d’une certaine maturité pour un deuxième long métrage. Les personnages, les enjeux et l’environnement, tout est orchestré intelligemment, même si cela reste parfois un peu prévisible. Les dialogues appuient efficacement la douceur et la férocité des personnages, ce qui nous donne des oppositions très intéressantes.

Pour ce qui est de la bande originale, Howard Shore l’a joue discrète mais efficace. On retient plus l’utilisation des chansons de Bruce Springsteen de l’album culte The River.

En résumé, Copland fait partie des grands films policiers américains des années 90. Sylvester Stallone est impérial !

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