Les Galettes de Pont-Aven (1975)

Les Galettes de Pont-Aven est une comédie française écrite et réalisée par Joël Serria.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Ce long métrage tient une réputation de film « culte », une comédie grinçante qui a eu du mal à voir le jour. Joël Serria a bataillé dur pour trouver des producteurs, l’occasion se présente aujourd’hui de mettre un peu de lumière sur cette peinture d’une vie, celle de Monsieur Henri.

Un petit mot sur l’histoire ?

A 45 ans, Henri Serin, représentant en parapluies et peintre du dimanche, jette un regard désabusé sur sa vie. Sa femme, ses deux enfants, son entourage, tout le monde le méprise et nul ne le comprend. Une tournée le mène en Bretagne. Henri pense pouvoir passer une nuit tranquille au domicile d’un colporteur, qu’il doit pourtant fuir précipitamment, dans l’obscurité la plus complète, pour échapper au voyeurisme appuyé de la sœur de son hôte. Henri se remet au volant. Il heurte un sanglier et se retrouve dans le fossé. Les réparations de sa voiture prennent du temps. Désespéré, Henri tente de s’adapter au village où il a échoué, Pont-Aven. Il y fait une rencontre qui bouleverse sa vie…

Les premières minutes ?

On nous présente Henri Serin, son quotidien et la mélancolie qui le gagne. Sous ses airs de séducteur, l’homme est un peintre amateur qui demande de l’imprévu et un peu de folie dans sa vie, bref de l’aventure.

Jean-Pierre Marielle se montre tout à son aise, les dialogues lui fondent sous la langue. Joël Seria mise clairement sur son acteur pour porter son histoire, et pour le moment cela fonctionne.

Dans ce premier quart d’heure, l’humour et le charme de Marielle ne laisse pas indifférent. On a là un très grand acteur, d’un naturel confondant, sans nul doute qu’il s’affiche comme le maillon fort de ce long métrage.

Le casting ?

Dés ses premières scènes, Jean-Pierre Marielle se montre comme l’homme de la situation. Le personnage d’Henri Serin lui correspond parfaitement. Il dégage de la tendresse, de l’humour, de la passion et une part de tristesse, un cocktail d’émotions délicieux et convaincant. La nomination au César du meilleur était entièrement méritée.

Du côté des seconds rôles, on a Bernard Fresson qui incarne comme il faut l’opposé de Serin. Son personnage voit les femmes comme un simple instrument de plaisir, servant aussi pour ses peintures et son business. Une malsanité qui contraste avec le regard et l’esprit d’Henri.

Jeanne Goupil (femme de Joël Seria) apporte légèreté et innocence qui ne laisse pas indifférent notre Monsieur Henri.

Andréa Ferréol, Claude Piépu, Dolorès Mac Donough et Dominique Lavanant apportent séduction, humour et sarcasme.

Et au final ça donne quoi ?

Une petite douceur subtilement écrite et dirigée. Joël Serria propose bien plus qu’une histoire de « fesses », c’est avant tout l’histoire d’un homme passionné par la peinture, qui cherche la beauté absolue à peindre. Un périple sommé d’embuches qui le conduira à son ascension, sa chute et sa renaissance.

Au plus près de Jean-Pierre Marielle, le réalisateur met l’accent sur les mots, les gestes et le regard de son acteur. Une forme classique qui prend du relief grâce notamment à la performance de l’interprète principal. Joël Serria oppose très bien les deux peintres amateurs, deux visions de l’art et de la femme. Il divise également les ambiances en cohérence avec le personnage d’Henri et l’environnement dans lequel il se trouve. Poésie, mélancolie et planitude ressortent chez Marielle et de la caméra de Serria.

Le scénario est orchestré autour d’Henri Serin, sa révélation se mêle à sa passion pour la peinture et sa recherche de la femme parfaite, celle qui correspondra à son coup de pinceau et les battements de son cœur. Les dialogues sont conçus en fonction de chaque personnage, même si il faut avouer que pour Dominique Lavanant c’est un peu exagéré. On sent tout de même la patte du romancier à travers les différentes figures de style et la subtilité de traitement à l’écran.

En résumé, Les Galettes de Pont-Aven se révèle être une œuvre bougrement malicieuse et intelligente. Jean-Pierre Marielle est magistral !

 

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