Brothers (2009)

Brothers est un film dramatique américano-britannique réalisé par Jim Sheridan. Il s’agit d’un remake du film du même nom réalisé par Susanne Bier et sorti en 2004.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Je garde plutôt un bon souvenir de ce drame et des interprétations du trio d’acteurs. L’histoire m’avait quelque peu secoué et j’imagine qu’elle n’a rien perdu de sa puissance et de son impact.

Un petit mot sur l’histoire ?

Sam, militaire de carrière, doit partir en déploiement en Afghanistan. Il laisse son épouse Grace et ses deux petites filles. Son frère Tommy tout juste sorti de prison vient s’occuper de sa famille en son absence. À la suite d’un accident d’hélicoptère, Sam est porté disparu et la vie continue pour sa famille.

Les premières minutes ?

Le réalisateur pose immédiatement le cadre avec notamment la narration de Sam (Tobey Maguire). Les portraits des protagonistes se succèdent, on comprend alors que c’est une famille avec un passé compliqué et plus précisément pour Tommy (Jake Gyllenhaal). Le climat est sous tension, à l’image du repas familial en l’honneur du retour de Tommy. On retrouve déjà une thématique phare de Jim Sheridan. Les interprètent se montrent très convaincants et aussi attachants, c’est rare d’être aussi vite accroché par des personnages.

Le premier quart d’heure aboutit sur le départ en Afgha de Sam, la mise oppose alors deux environnements avec d’un côté l’OPEX et de l’autre la famille qui continue à vivre sans Sam. Lors de l’attaque de l’hélicoptère, ça reste quelque peu brouillon. ça manque d’impact et de réalisme dans la mise en scène. Jim Sheridan n’est pas connu pour le cinéma d’action. Suite à cette scène qui es tout de même tragique, la famille est fissurée.

Le casting ?

Jim Sheridan dirige de main de maître sa prestigieuse distribution. L’interprétation de Tobey Maguire est surpuissante ! L’acteur agît toute en nuances sous les traits du capitaine Cahill, on sent parfaitement le basculement d’un homme apaisé dans une détresse et une souffrance qui ne laisse pas insensible. Une performance qui prend aux tripes, certainement la meilleure dans la carrière de l’acteur.

Dans la peau de sa femme, Natalie Portman est tout simplement lumineuse. Elle incarne à merveille son personnage de mère et d’épouse. C’est simple, on a du mal à voir une autre actrice pour ce rôle.

Jake Gyllenhaal est comme à son habitude très convaincant, il dévoile une nouvelle facette de son jeu à travers le rôle (légèrement à contre-emploi) de Tommy.

Sam Shepard apporte tout son savoir-faire et son charisme naturel, tout comme Mare Winningham. Un petit mot sur les jeunes actrices Bailee Madison et Taylor Geare qui sont terriblement touchantes.  A noter, la courte apparition de Carey Mulligan.

Et au final ça donne quoi ?

Après My Left Foot, Au nom du père et The Boxer, Jim Sheridan vient de nouveau nous bousculer avec un film dramatique intense dont il a le secret. Même si il s’agit d’un remake, la patte du cinéaste irlandais est omniprésente à travers la complexité des rapports familiaux et comment le traumatisme d’un soldat peut venir troubler un peu plus la fragilité de ses proches.

La mise en scène de Sheridan jongle comme il faut entre les moments de joies et de peines. La manière dont la musique se lie avec les images, ça sonne un peu « clip » mais rien de bien gênant au final. Le regard du réalisateur se pose principalement sur ses acteurs et il leur donne l’espace suffisant pour porter cette histoire. L’intensité du film provient avant tout de ça, l’impact émotionnel soufflé par la distribution frappe juste et fort ! Toutefois, on se dit que Jim Sheridan aurait pu oser un peu plus sur le sujet et prendre ainsi un peu plus de risque. Mais certainement qu’il ne voulait pas froisser le pays dans lequel il a tourné ce film.

Au niveau du scénario, il y a quelques changements pertinents comparé au film original. A commencer par le traitement des personnages qui est clairement différent, le côté américain qui veut ça aussi. Dommage que le contexte ne soit pas exploité de manière plus dérangeante comme ça été pour Voyage au bout de l’enfer par exemple.En dehors de ça, l’histoire reste assez classique mais elle tire sa force chez les personnages et les interprètes.

Thomas Newman est chargé de la bande originale et c’est globalement satisfaisant. On retient aussi Winter et Bad de U2, petit clin d’oeil de Sheridan pour son ami Bono.

En résumé, Brothers frappe fort par le biais de la performance collective de son casting. Le seul petit regret que l’on peut avoir, c’est l’hésitation que Sheridan et son scénariste ont eu sur les intentions réelles du long métrage.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s