Le Bon, la Brute et le Truand : l’Excellent, le Parfait et l’Unique Western !

Le Bon, la Brute et le Truand, sorti en 1966, est le 5e film réalisé par Sergio Leone et le dernier volet de la célèbre trilogie du dollar. Il est précédé par Pour une Poignée de dollars (1964) et Pour Quelques dollars de plus (1965). Le Bon, la Brute et le Truand est considéré selon plusieurs, l’un des meilleurs films jamais réalisé et le meilleur Western à de tous les temps. Il est un succès au Box-Office mondial mais en raison de controverses sur le style Western-Spaghetti à l’époque, ses avis étaient mitigés. C’est quelques années plus tard que les critiques lui rendront ce qu’il mérite. Connu en parti pour ses longs plans séquence et de la cinématographie de Sergio Leone, le film marque par son utilisation distinctive de la violence, de la tension et de coups de feu stylistiques. Quintessence du genre Western Spaghetti, nous parlerons aujourd’hui du dernier film de l’homme sans nom.

Jamais 2 sans 3 !

Pour conclure La Trilogie du dollar, Sergio Leone répète ce qu’il avait fait pour Et Quelques Dollars de Plus et rajoute un protagoniste dans son film, passant de 2 à 3. Eli Wallach rejoint donc Clint Eastwood et Lee Van Cleef dans le casting principal du film. Ainsi, cela évitait la répétition à Leone et lui ouvrait des portes et idées beaucoup plus vagues.

Une préparation surprise !

Après le succès de Pour une poignée de dollars et de Et pour quelques dollars de plus, la société de production United Artists demandent à Luciano Vincenzoni (scénariste des 2 premiers films) et à Leone d’acquérir les droits de ses précédents et futurs westerns. Or, ni Sergio Leone, ni Vincenzoni et ni le producteur Alberto Grimaldi n’avaient l’idée de faire un autre western. United Artists offrit à Leone une somme d’argent colossale qui lui aurait permis de vivre sans problèmes financiers pour le reste de sa vie alors il accepta l’offre de ceux-ci sans même avoir une idée pour un prochain western. Vincenzoni proposa de faire un film sur trois personnages à la recherche de trésors durant la guerre de Sécession. Le studio qui finança le film approuva et permit un budget de 1 000 000$ USD pour produire le film. En tout et partout, il coutera 1 300 000$, ce qui était immense à l’époque pour un western. Après que les scénaristes aient donné le scénario du film à Leone, sous le nom de Les Deux Magnifiques Bons-à-rien, ce dernier le rejeta et décida d’écrire le film lui même sous le nom de Le Bon, la Brute et le Truand (titre qui fut choisi lors du début du tournage). Il fit à sa tête et écrit un film digne de lui avec des idées plus grandes sans se stresser des contraintes budgétaires. Il avait le feu vert comme il ne l’avait jamais eu. Blondin, Sentenza et Tuco ont été créés selon certains éléments autobiographiques de Sergio Leone. Le réalisateur conta lors d’une entrevue que dans son monde, les personnages les plus intéressants sont les anarchistes. Il les comprend mieux car ses idées sont plus près des leurs : « Je suis fait un peu comme ces trois hommes. Sentenza n’a pas d’âme, il est un professionnel dans le sens le plus banal du terme, comme un robot. Ce n’est pas le cas des deux autres personnages. Considérant le côté méthodique et prudent de ma personnalité, je ressemble aussi à Blondin. Ma plus profonde sympathie sera toujours pour Tuco, Il sait être touchant avec toute cette tendresse et cette humanité blessée mais Tuco est aussi une créature toute instinctive, un bâtard, un vagabond ». Le scénario terminé, la production peut s’entamer !

Un tournage minutieux pour un film remarquable !

Le film est tourné dans le désert de Tabernas en Espagne, accompagné de l’armée espagnole et parmi les figurants, 1 500 sont des soldats locaux. Leone ne parlait presque pas anglais et la moitié de l’équipe parlait seulement l’espagnol. Eli Wallach ne comprenait pas l’italien alors il parlait français pour communiquer avec les italiens. Giancarlo Santi occupe le poste d’assistant réalisateur de mars à août 1966. Il déclara lors d’une entrevue au Festival di Torella dei Lombardi (2006) « Il m’a engagé pour le projet et je suis parti pour l’Espagne, de mars à août 1966, la plus belle période de ma vie. L’histoire du film Le Bon, la Brute et le Truand est supérieure à celles des deux films précédents, avec ses grands thèmes épiques, éthiques et historiques. J’y appris comment gérer un budget car Leone était un grand entrepreneur ». Le réalisateur italien s’oppose aux règles de coproduction cinématographique italo-espagnole en affirmant que maintenant il peut faire ce qu’il veut : « J’ai signé un contrat fabuleux avec la United Artists. C’est moi qui décide ce que je veux faire, quels sujets, quels acteurs, tout. Ils me donnent ce que je veux, ils me le donnent. Seulement ces messieurs bureaucrates du cinéma italien cherchent à me mettre des bâtons dans les roues. Ils font des films en mesurant tout avec une balance de pharmacien : quatre acteurs et demi italiens, deux virgule cinq acteurs espagnols, un Américain. Je leur ai dit non. Vous me laissez faire mes films comme je le veux, ou alors je pars pour l’Amérique ou pour la France, où on m’accueillera à bras ouverts ! ». Le tournage est rempli de péripéties, Eli Wallach manque s’empoisonné alors qu’il boit une bouteille d’acide accidentellement. Il raconta la mésaventure dans son autobiographie et ajouta que même si Sergio Leone est un réalisateur incroyable, il ne se préoccupait pas des mesures de sécurités sur le tournage. D’ailleurs Leone était réputé pour suivre les détails à la lettre lors d’un tournage et dans ce 3e volet de la trilogie du dollar, cela en était devenu spectaculaire. Du vrai Chaplin ! Tout devait être parfait. Même qu’à la fin du tournage, Clint Eastwood déclara en rigolant qu’il en avait enfin fini du perfectionnisme de Leone.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Le Bon, la Brute et le truand est l’un des films les plus connus du cinéma, il est envié par tout le monde et c’est Clint Eastwood le personnage principal du film. Il est évident que je devais le voir. Depuis mon enfance ce film revient constamment quelque part, que ce soit comme easter egg ou parodie à la télévision, mentionné par un grand du cinéma ou encore parmi un top. J’ai mis beaucoup de temps à le voir et je le regrette mais je l’ai vu, et plus d’une fois ! Je crois que tout le monde devrait voir ce film, les commissions scolaires devraient l’imposer dans le cours d’histoire. Il fait parti de la culture mondiale et il s’avère que le métrage de Sergio Leone soit bien plus qu’un simple far West de 3 heures.

Un petit mot sur l’histoire ?

Durant la guerre de sécession, 3 tireurs étoiles de la gâchette sont à la recherche d’un chargement d’or disparu. L’un d’eux, Tuco, connaît le nom du cimetière où l’or est enterré et un autre, Blondie, connaît le nom de la personne sur la pierre tombale qui recouvre l’or. Le 3e tireur, Sentenza, tentera de profiter de la petite guerre entre Blondie et Tuco pour les suivre, trouver le chargement d’or et les tuer. Or, Blondie s’avère à être beaucoup plus futé qu’il en à l’air et il n’a pas l’intention de laisser Tuco et Sentenza lui voler son or. Les trois hommes se confronterons en duel et un seul d’entre eux en sortira riche et vivant.

Les Premières minutes ?

Comme tous les films de la trilogie du dollar, Le Bon, la Brute et le Truand débute avec un générique bien particulier. Il dure plus de 4 minutes et cela nous permet d’entendre et de déguster le thème imposant du film. Un thème qui a marqué la musique cinématographique. Ayant le feu vert, le budget et le temps pour faire son film, Sergio Leone a pris soin de son début. Il a eu la brillante idée de nous présenter ses trois personnages les uns après les autres pour bien nous les faire découvrir et pour qu’on puisse les distinguer facilement ; ne serait-ce que par leur attitude, leurs valeurs ou leur mentalité.

Il commence par la Brute et nous présente un personnage intelligent, restreint et solitaire. On rencontre ensuite Tuco, le truand, bandit comique, maladroit et volubile. Tuco est le personnage le plus détaillé de tous, son histoire est racontée et l’emphase est mise sur lui la plupart du temps. Pour finir son introduction, Leone fait entrer Blondie en scène. C’est le personnage le plus important du film et c’est le plus fort. Il profite de la prime sur Tuco pour empocher de l’argent et profite de lui. Les deux développent une relation amitié-haine et seront ensemble la presque totalité du film, pour s’aider ou pour se nuire.

Le casting ?

Comme je l’avais mentionné dans mon article sur Et Pour Quelques Dollars de Plus, le casting de la trilogie du Dollar est pour moi, un long crescendo qui s’est terminé avec la note parfaite dans Le Bon, la Brute et le Truand.

Nous avions un bon casting pour le premier film avec Clint Eastwood, on y rajoute Lee Van Cleef pour le 2e volet et on termine avec la distribution parfaite en y ajoutant Eli Wallach pour faire le trio idéal avec Clint Eastwood et Lee Van Cleef. Clint Eastwood, qui joue le bon, livre sa meilleure performance à vie. Il incarne le personnage le mieux réussi de tous les personnages créés par Sergio Leone. Eastwood est grandiose, laconique, flegmatique, parfait, brillant et encore !

Vient ensuite la Brute Lee Van Cleef qui, encore une fois, incarne Sentenza d’une manière sombre et froide. Sa performance est si réussie et la réalité qu’il donne à son personnage est telle qu’à seul son regard, nous savons combien la brute est insensible et sans pitié.

Terminons avec Eli Wallach, ce truand qui ne savait même pas monter à cheval lors du tournage et qui a mit sa vie en péril à plusieurs reprises pour le film. Personnellement je n’aurais pas vu personne d’autre à sa place. Il est né pour joué Tuco et Leone sentait le chaplinesque en lui. Il interprète impeccablement ce personnage qui, aux yeux de son réalisateur, représente toutes les contradictions de l’Amérique à l’époque.

Et au final ça donne quoi ?

Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui aiment le Bon, la Brute et le Truand et ceux qui résiste et qui s’oppose au machisme et à l’humour de la potence qui définissent le Western Spaghetti de Sergio Leone. Son film de 1966 est épique, rien de moins !

C’est un témoignage dynamique revigorant l’unicité du cinéma. Bien qu’il soit ordonné dès le début, l’épreuve à trois étapes qui culmine le film est tendue et étonnante. L’utilisation de prises de vue par Leone en conjonction avec des gros plans extrêmes donne au film une qualité épique qui s’inscrit dans une structure narrative squelettique qui respire avec une humeur, un ton et une personnalité qui sont bien conçus. Les choix des pellicules utilisées pour tourner le film révolutionnent et l’utilisation de focales courtes, de plans d’ensembles, parfois même de plans extrêmes où l’on y voit seulement le visage d’un personnage sortent droit du chapeau de Leone. Le scénario est minutieux, subtile et développé. Bien que Sergio Leone a décidé d’écrire le film à lui seul, le résultat est sans pareil, il a écrit et réalisé non seulement son meilleur film, mais aussi le meilleur western de tous les temps et l’un des meilleurs films qu’un réalisateur nous ait livré depuis le début de l’existence du 7e art. Le tout est extrêmement bien pensé par le réalisateur italien qui, contrairement aux attentes, nous a donné un produit meilleur et au dessus de ses deux westerns précédents.

Comme je le mentionne dans le casting, les acteurs sont sublimes et si cela ne serait pas des performances incroyables que nous ont livré Eastwood, Cleef et Wallach, le film ne serait certainement pas celui que nous connaissons aujourd’hui. Des actes biens choisis et des répliques savoureuses pour un trio de mercenaires excentriques. Le film à aussi son côté humoristique, les blagues sont bien placées et bien pensées. Que dire de la musique du film? Ennio Morricone s’est surpassé et a composé ce qui s’avère à être l’une des bandes sonores de films les plus marquantes de l’histoire. La flexibilité accordée à Morricone pour ce volet aura certainement aidé. Qui ne connaît pas le fameux sifflet au début du thème principal ? Cette mélodie de deux notes est rapidement devenue célèbre. Dans ses compositions, Morricone évoque la férocité des animaux sauvages de l’Ouest et représente les trois personnages de différentes façons à travers ses notes. D’ailleurs le groupe américain Metallica utilise le thème de fin The Ecstasy of Gold pour l’introduction de tous ses concerts. Il y a tant de chose à dire sur ce film mais je dois me limiter dans les mots.

En résumé, Le Bon, la Brute et le Truand clôt une trilogie marquante de façon formidable et honorable. Sergio Leone a créé un film phénoménal mais a aussi créé quelques prises de vues des plus mémorables du cinéma. Son grand Casting et la notoriété de son réalisateur auront propulsé Le Bon, la Brute et le Truand au sommet. Le film a été un énorme succès aux quatre coins de la planète et ses chiffres (en valeur actuelle) ne seront probablement jamais égalés par un autre réalisateur européen. Même les dirigeants de l’United Artists furent ébranlés de voir les salles de cinéma se remplir comme jamais auparavant. Le film est aujourd’hui un favori du public ; Box-Office Mojo lui a accordé la note parfaite de A, il a reçu 97% de critiques positives sur Rotten Tomatoes et se retrouve sur la liste des meilleurs films de tout les temps des magazines Empire, Mr. Showbiz, Time out, sur le site ImDb et bien plus encore. Quentin Tarantino dit du film que c’est le mieux dirigé de tous les temps et Stephen King le nomme parmi ses principales sources d’inspirations de son cycle La Tour Sombre. Et voilà, je m’arrêtes ici, j’en ai assez dit. La seule façon de déguster ce chef d’œuvre, ce n’est pas de lire ces 2 363 mots mais de le visionner, et je parie qui est déjà fait ! Et vous, est-il dans votre top 10?

William T.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Victor Lavene dit :

    « Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. »
    Cette citation du film m’accompagne depuis que je suis gamin. Je l’adore!!!
    Je vus et revus ce film des dizaines de fois et ne me lasse pas non plus d’écouter la fabuleuse bande son d’Ennio Morricone, désormais indissociable de Sergio Leone.
    C’est un pur chef d’oeuvre au scénario et à la mise en scène millimétrés.
    Que de souvenirs!!!

    Aimé par 1 personne

    1. belette2911 dit :

      Zut, j’allais le dire !! Bah, je ferai « la tombe sans nom à côté de celle de Arsh Stanton »… allez Tuco, creuse !

      J’adore ce film !

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