Après Séance : Dunkerque

Dunkerque est un film de guerre américano-britannico-franco-néerlandais écrit et réalisé par Christopher Nolan.

Après être passé par le thriller, le fantastique et la science-fiction, Christopher Nolan s’attèle au film de guerre (ou plutôt au film de survie) avec Dunkerque. Le réalisateur d’origine britannique refait vivre la bataille de Dunkerque (ou opération dynamo) en se focalisant uniquement sur l’armée anglaise. Un choix qui a suscité chez certains critiques français une grande déception (mais nous y reviendrons). Avant d’entamer notre critique, nous vous conseillons d’aller voir le film afin de vous forger votre propre avis et de vivre votre propre expérience filmique sans avoir été influencé. Prenez garde : nous parlerons du scénario en détails.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, Brian De Palma ou encore Stanley Kubrick ont réalisé au moins un film de guerre. Aujourd’hui, c’est au tour de Christopher Nolan de s’attaquer au genre à travers un épisode de la Seconde Guerre Mondiale qui l’a profondément marqué dans sa jeunesse. Le cinéaste britanno-américain m’a mis une énorme claque avec Interstellar en 2014, je suis donc très curieux de voir ses premiers pas dans un autre genre que la science-fiction. En plus de ça, la distribution compte tout de même Tom Hardy (Bronson), Cillian Murphy (Peaky Blinders), Mark Rylance (Le Pont des espions) et Kenneth Branagh (My Week with Marilyn), de quoi donner un peu plus d’intérêt au film.

Un petit mot sur l’histoire ?

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques, canadiens, français et belges se retrouvent encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L’Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique (CEB) vers l’Angleterre.

L’histoire s’intéresse aux destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais durant l’Opération Dynamo. Alors que le CEB est évacué par le port et les plages de Dunkerque, trois soldats britanniques, avec un peu d’ingéniosité et de chance, arrivent à embarquer sous les bombardements. Un périple bien plus grand les attend : la traversée du détroit du Pas de Calais.

Les premières minutes ?

Christopher Nolan nous dépeint la ville de Dunkerque comme un étau que les Allemands resserrent progressivement sur les soldats français, belges, canadiens et britanniques jusqu’à l’étouffement. Le cinéaste met ensuite en place trois timelines, une concernant deux soldats qui ne pensent qu’à s’enfuir, la deuxième sur un pilote de la Royal Air Force et la troisième sur un civil britannique d’une cinquantaine d’années accompagné de son fils et d’un de ses amis pour venir secourir les soldats sur la Manche et la plage de Dunkerque. On retrouve la patte Nolan, mais de manière brute, on a connu plus de subtilité de sa part. Une maladresse qui j’espère n’aura pas de conséquence par la suite.

Bizarrement, je n’arrive pas à me plonger totalement dans le film. J’ai plus l’impression d’assister à un épisode de Band of Brothers. Le travail de reconstitution est intéressant, mais imparfait comme on peut voir sur certains plans larges de la ville. L’atmosphère oppressante et imprévisible se fait bien ressentir, notamment par l’excellent boulot autour du son.

Le premier quart d’heure ne me satisfait pas pleinement, Nolan balance trop de choses à la fois,  ce qui déboussole le spectateur et l’empêche d’accrocher totalement au film. J’espère que la suite gommera ces petits reproches et que je ressortirai de la salle avec le sentiment d’avoir vu un grand film.

Le casting ?

Honnêtement, je ne retiens de cette distribution que Fionn Whitehead et Tom Hardy. Le premier se montre convaincant dans son rôle de semi-déserteur. Pour une première au cinéma, on peut dire qu’il a réussi ses premiers pas. Pour ce qui est de Tom Hardy, Christopher Nolan a raison, il n’y a pas besoin de voir totalement son visage et de savoir beaucoup de chose sur son personnage pour s’en attacher. Il est clair qu’au niveau de l’écriture, ça reste (trop) léger pour réellement éprouver de l’empathie pour les différents protagonistes.

Pour son premier vrai rôle au cinéma, Harry Styles démontre qu’il a un réel potentiel d’acteur.  Mark Rylance arrive à souffler un certain humanisme à son personnage, mais ça reste beaucoup trop léger pour être réellement ému.

Jack Lowden, Kenneth Branagh, James D’Arcy et Cillian Murphy ne font que de l’apparence. Pas assez de relief sur l’écriture, la direction et l’interprétation. On attend ça d’un film de guerre, des personnages hauts en couleurs qui marquent l’esprit du spectateur sauf que Nolan a tenu à faire tout le contraire. Une décision que je comprends mais qui n’est totalement justifiée au sein du film.

Christopher Nolan a souhaité s’éloigner des grands classiques du genre, ça se ressent dés les premiers moments du film. Malheureusement, sa vision des choses affecte la transmission des émotions vers le spectateur.

Et au final ça donne quoi ?

Je sors de la salle avec l’impression d’avoir vu un bon film, ni plus ni moins. Christopher Nolan a voulu faire autre chose, un film qui se démarque de ses précédents films et aussi des grands films de guerre. Sur cet aspect, le cinéaste a clairement rempli le contrat. On n’a rien vu de pareil auparavant dans le genre, Christopher Nolan nous propose une expérience sensorielle à travers le temps. Des caractéristiques propres au réalisateur, sauf que cette fois-ci, il met le côté émotionnel de côté pour se focaliser uniquement sur la sensation. Un déséquilibre qui m’a personnellement gêné, car dans un climat aussi oppressant où la survie n’est que la principale occupation, il doit forcément se dégager de l’émotion. Ici, Christopher Nolan enfui tout ça et ne laisse transparaître que la tension et l’envie de s’en sortir. Un parti pris sacrément audacieux, mais qui m’a tout de même laissé de glace.

A travers sa mise en scène, Christopher Nolan retranscrit parfaitement l’étreinte des allemands sur les 400 000 soldats à Dunkerque. On met un peu de temps avant d’être totalement immergé au milieu de la fameuse opération Dynamo, à cause notamment d’un premier quart d’heure qui enchaine énormément de choses. Comme à son habitude, le cinéaste met en place un petit labyrinthe où les destinées se croisent et qui se rejoignent à la fin. Pour un film de guerre, c’est assez novateur mais aussi quelque peu déstabilisant au départ. Il y a un soin particulier sur l’ensemble des plans, malgré quelques petites failles dans le travail de reconstitution. La photographie froide de Hoyte van Hoytema (La Taupe) épouse à merveille la vision de Nolan et vise-versa. Là où l’on peut reprocher quelques petites choses, ça serait au niveau du montage qui parfois est un peu trop brut alors qu’on aimerait être transporté. Ce procédé de coupes est justifié par l’atmosphère que Nolan voulait retranscrire dans son film, mais personnellement j’aurais quelques séquences épiques. Autre reproche au niveau de la violence et de l’horreur qui ne sont pas assez représentées, là aussi il s’agit d’un autre parti pris de la part du réalisateur. Les séquences aériennes sont intéressantes, mais techniquement on est loin d’une dynamique à la Top Gun ou Aviator. Nolan a voulu réduire au maximum les effets spéciaux, pour rester proche de l’authenticité. Comme vous pouvez le constater, Christopher Nolan a vraiment bousculé les codes, alors soit on aime ou pas. Personnellement, cela m’a refroidi par moments.

Au niveau de l’écriture, là aussi Christopher Nolan bouscule le genre tout en restant fidèle à lui-même. Sa structure narrative se divise en trois timelines où chaque personnage principal tient un but qui lui est propre. Trois destins différents mais qui ont pour même théâtre d’opération, à savoir Dunkerque (terre, ciel et mer). Comme je vous l’ai signalé ci-dessus, Nolan a mis de côté l’émotion. Les personnages ne sont pas développés dans ce sens et il y a très peu de dialogues. C’est là, qui à mon sens il manque quelque chose, un peu plus d’étoffe dans l’émotion et au niveau des personnages, cela aurait hissé le film au rang d’un très grand film. Une atmosphère sous-tension ne devrait mettre totalement le côté émotionnel sous terre. Le seul moment où j’ai réellement senti de l’émotion c’est des dernières scènes de Tom Hardy. Heureusement que l’acteur est charismatique à souhait. Interstellar et Inception sont eux aussi des films sensationnels mais qui ne délaisse pas l’émotionnel, c’est pour cela que ce sont de très grands films.

L’une des grosses forces de Dunkerque est sans aucun doute le son, aussi bien sur la musique et que sur les effets sonores. Hans Zimmer livre un score surpuissant, dans la lignée de The Dark Knight. On palpite sur chaque piste, c’est en totale adéquation avec la vision étouffante de Nolan. Richard King, le monteur son, obtiendra certainement l’Oscar du meilleur montage son. Son travail est tout simplement excellent et mérite amplement d’être récompensé.

Pour moi, Dunkerque ne m’a pas totalement émerveillé. Je m’attendais à un peu de profondeur chez les personnages (un minimum) et surtout à de l’émotion forte comme ça avait été le cas pour Interstellar. La vision du cinéaste est beaucoup trop froide à mon goût.

En résumé, Dunkerque est œuvre audacieuse et spectaculaire. Dommage que l’émotionnel et le développement des personnages soient mis de côté.

Jérémy P.


L’Avis de Paul C.

Vingt ans auparavant, Christopher Nolan avait fait la traversée Angleterre – Dunkerque et avait vécu une expérience marquante. Le trajet fut beaucoup plus long et plus rude qu’il ne le pensait confie-t-il dans plusieurs interviews, il ressentait même la peur et le danger imminent alors que personne ne le bombardait. Aussi a t-il un profond respect pour les soldats et les secours britanniques acteurs de la bataille de Dunkerque. Nous comprenons aisément pourquoi les sensations ont une place centrale dans ce long-métrage. Le réalisateur s’est focalisé sur nos perceptions, nos sens en situation de danger : le contexte guerrier et éprouvant de l’opération dynamo semble être une bonne matière sur laquelle travailler et réfléchir. Certains journalistes ont critiqué l’absence de véritable intrigue et l’absence d’un contexte historique au profit d’un jeu sur les sensations : « Il se déroule comme un jeu vidéo sans commencement ni fin. On joue, c’est tout. » conclut André Larané du site Hérodote.net et « Reste que le cinéma ne se résume pas à la production d’une sensation, si virtuose qu’elle soit. Et l’écueil sur lequel s’échoue ce Dunkerque tient à ce que le focus choisi par Nolan est si étroit qu’il ne permet pas davantage de comprendre l’épisode historique qu’une caméra GoPro embarquée sur le cheval de Napoléon ne nous aurait renseignés efficacement sur Waterloo. » harangue Geoffroy Caillet du journal Le Figaro. Le journaliste G. Caillet reconnaît ce travail remarquable sur les émotions humaines mais sous-entend que le cinéma se doit d’offrir plus à son spectateur. A cette affirmation, plusieurs questions peuvent être soulevées : un film basé sur des faits réels doit-il forcément offrir un contexte historique précis ? Doit-il révéler tous les enjeux historiques de cette bataille ? Nous pensons que même si ce film aurait pu davantage être approfondi sur certains aspects historiques, il a eu pour but d’être un film de survie qui se focalise uniquement sur une partie des acteurs du conflit (l’armée britannique) et qui se concentre seulement sur les émotions et sensations qu’ils ont éprouvées.

Nous en venons à une autre critique faite au film : les personnages et leur manque d’étoffement, et donc d’attachement. A vrai dire, nous ne savons même plus si les noms des différents protagonistes du long-métrage sont donnés à un moment mais ce n’est encore une fois pas le but du film. Certes on se focalise sur quelques-uns des soldats de la bataille, sur leur expérience de l’évènement mais finalement leur identité ont peu d’importance. Nous sommes dans un film de guerre : là où le groupe est plus important que l’individu en lui-même, là où le sentiment de patriotisme paraît être le plus fort, là où on essaie de s’allier face à l’adversité. C’est d’ailleurs ce qu’explique le réalisateur au journal Le Point : « Mais pour moi [« l’esprit de Dunkerque »], c’est avant tout ceci : tout ce que l’on peut accomplir en tant que communauté face à de terribles événements, insurmontables autrement. J’espère que le message aura une certaine résonance, à une époque où nous vivons dans le fétichisme des milliardaires et de valeurs individualistes ». Dans ce film, on préfère le tout au particulier.

Certains reprochent que l’on ne s’attache pas assez aux personnages car ils ne sont pas assez développés. Pourtant, il suffit d’observer les regards de certains personnages, leurs gestes pour s’y attacher (nous pensons notamment aux personnage incarnés par Kenneth Branagh et Fionn Whitehead) : les zooms sur les acteurs, les scènes volontairement lentes et la musique le montrent. Pas besoin de connaître leur nom, leur vie, on parvient à se mettre à leur place et à les comprendre dans leur volonté de survivre. On a l’impression d’être à leur côté. A noter que le casting entier s’en sort bien.

Nous arrivons à une des dernières grandes critiques adressées au film : l’absence de l’armée française malgré leur importance dans cet événement. Geoffroy Caillet du Figaro déclare : « De la part d’un réalisateur prompt à célébrer à cor et à cri, pendant la promotion du film, l’héroïsme et l’esprit de sacrifice des Français, cela ressemble fort à ce que, dans ce contexte militaire, on appellerait une trahison. » et Jacques Mandelbaum du Monde s’indigne : « Sauf son respect et la dette éternelle que la France doit à ses ­libérateurs, il y a là comme une cinglante impolitesse, une navrante indifférence. » Pour nous, cette absence n’est pas du tout une indifférence, une impolitesse ou une trahison : bien au contraire. Tout d’abord, nous le répétons mais le film a choisi de se focaliser sur une partie de la bataille seulement. Elle aurait pu bien sûr tourner quelques scènes du côté français mais ce n’était pas le but et la volonté de l’équipe du film. Bien évidemment, le long-métrage n’échappe pas à la traditionnelle vision du français (« mangeur de grenouilles » entend-on à un moment du film). A plusieurs reprises dans ce film, on fait référence au grand courage de l’armée française restée au front aider l’évacuation. A l’image du français déguisé en soldat anglais qui se retrouve être le dernier à évacuer le bateau qui coule et qui meurt noyé, l’armée française a sauvé l’armée britannique : à travers ce sacrifice du personnage (qui était jusqu’ici un traître à l’armée française), Nolan rend hommage à nos soldats morts au front de Dunkerque. A plusieurs reprises, le commandant Bolton de la Royal Navy (Kenneth Branagh) évoque la volonté de Churchill d’évacuer également une partie de l’armée française. A rendre compte également du choix du personnage joué par Kenneth Branagh de rester à Dunkerque pour évacuer l’armée française alors que les britanniques ont été rapatriés.

Maintenant que nous avons vu et essayé de comprendre les principales critiques adressées à Dunkerque, analysons de plus près les qualités que l’on lui prête et que nous lui reconnaissons.

Nous ne pouvons qu’admirer le travail du son (bruitages et bande-son). Hans Zimmer a fait un travail remarquable. Sa composition demeure l’une des grandes forces du long-métrage. Elle entretient la tension, le suspense, l’angoisse du début à la fin avec comme fond sonore le tic-tac d’une montre enregistrée par le réalisateur lui-même. Celle-ci ne s’arrêtera que lorsque les britanniques seront à bord d’un train en départ pour Londres. La bande-son de Zimmer s’apparente parfois à des battements de cœur et tend vers une composition expérimentale comme le confie Nolan dans un entretien avec un journaliste de Le Point : « on voulait créer une bande-son expérimentale autour de cette relation entre la représentation technologique du temps et sa forme organique, notre corps. Et comment cette relation change sous l’influence du suspense, de la peur ou d’une action intense. » Et nous pouvons confirmer que l’équipe sonore du film a véritablement réussi son objectif. Autre point intéressant : les bruitages. Lorsque des avions s’approchent et s’apprêtent à bombarder, des bruits de moteur assourdissants assaillent nos oreilles de spectateurs (à plusieurs reprises, mon voisin s’est d’ailleurs bouché les oreilles). Je dois avouer que je m’y croyais. « J’ai aussi fait en sorte que tous les bruitages, de type détonations ou moteurs d’avion, soient le plus inconfortables possible, débarrassés de tout vernis. Tout cet ensemble sonore devait donner l’impression de bouger plus vite que le film lui-même. » explique Nolan toujours dans une interview à Le Point. J’ai sincèrement été admiratif du travail sonore. C’est dans ce genre de films que l’on comprend que la composition sonore peut parvenir à transmettre des sensations.

Tous comme dans ces anciens travaux, Christopher Nolan a le souci permanent d’un certain réalisme. L’équipe du film a donc tourné avec des destroyers de l’époque et a demandé de l’aide à des professionnels de la marine et à des historiens, ne serait-ce que pour savoir comment les soldats se déplaçaient à bord. Le réalisateur a d’ailleurs voulu minimiser les plans numériques pour plus d’authenticité. Il a également rencontré certains vétérans anglais de Dunkerque. Ces derniers lui ont apporté leur expérience de combattant. Pour encore plus de réalisme, il a choisi de tourner le long-métrage à la même période de l’année que la vraie bataille de Dunkerque. Ce souci d’authenticité est également une des forces de ce film : on a plus une impression de vrai.

L’idée de bouleverser la chronologie et de diviser le film en trois parties qui se rejoignent à la fin : la terre, la mer et le ciel permet de rendre compte de l’égarement des soldats. Croiser ainsi plusieurs temporalités aurait pu mal fonctionner et sortir le spectateur du film. Peut-être certains en sont sortis mais j’ai trouvé qu’au contraire, ce parti pris maintient efficacement le suspense et joue avec le spectateur qui attend de savoir si le personnage va s’en sortir ou non.
Plusieurs problématiques peuvent être soulevées : des enjeux autour du thème de la survie, du patriotisme, du sacrifice, du devoir … A t-on le droit de sacrifier quelqu’un pour sauver sa propre vie ? C’est la question que se pose le jeune protagoniste lorsque tous veulent que se dévoue à monter sur le pont le traître français. Un des soldats coincés dans le bateau qui coule donne d’ailleurs son avis : l’humain a son instinct primaire de survie, il préféra sauver sa vie avant celle des autres. Pourtant certains se sacrifieront pour que d’autres vivent. Mais n’oublions pas que nous sommes en temps de guerre, certaines actions humaines ne trouvent pas de réponse : nous pouvons penser au soldat qui se déshabille et qui marche jusqu’à l’eau. Veut-il rejoindre l’Angleterre à la nage ou se suicide t-il ? Cette scène révèle le désordre des soldats.

Ce film propose une expérience de la peur de la mort et de notre volonté de survivre. Bien évidemment, Christopher Nolan a voulu faire un film de guerre sur l’opération dynamo et un hommage aux soldats britanniques (sans oublier les secours civils) et français. Mais je pense qu’avant-tout, ce long-métrage témoigne des émotions humaines face au danger et montre ce besoin de survivre.

Alors bien sûr, Nolan aurait pu prendre plus de risques, aurait plus aller plus loin : il en avait la matière et l’expérience. C’est ce que je lui reproche : le personnage incarné par Cilian Murphy aurait mérité plus d’approfondissement, la violence aurait pu être davantage montré au lieu d’être suggéré (mais le film se devait d’être tout public) … Peut-être n’est-il finalement pas assez long. Mais il n’empêche que j’ai apprécié le film et qu’il est parvenu à me faire ressentir des émotions.

Ce film n’a jamais eu la prétention d’être autre chose qu’un film à grand spectacle comme l’explique son réalisateur à Le Point : « On a vraiment conçu Dunkerque comme un grand spectacle d’action et de suspense. Un film popcorn, même s’il est basé sur des faits réels et qu’il a une résonance historique. » ; « J’adore les gros films populaires qui respectent mon intelligence et me montrent des choses que je n’avais jamais vues. C’est naïf de ma part, j’essaie de me tenir à cette ligne à chaque film. » Des grosses productions qui respectent notre intelligence : c’est ça pour moi le cinéma de Nolan et il a réussi une nouvelle fois avec Dunkerque.

Paul C.

Source : Le Point – Le Monde – Herodote.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. C’est un grand spectacle, comme tu le dis. Un spectacle très immersif et c’est ce qui restera en mémoire et non la narration. En effet les acteurs sont tous convaincants et ceux-ci même avance aussi peu de développement.

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    1. Convaincant mais c’est faiblard quand on connait le potentiel de chacun. Tom Hardy dégage quelque que peu d’acteurs sont capables de faire. Il commence a chopper une trempe à la Brando.

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      1. Complément d’accord et justement sans aucun développement, ils réussissent haut la main à dégager quelque chose surtout Tom Hardy. D’autant plus que son visage est recouvert la plupart du temps.

        Aimé par 1 personne

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