Man of Steel (2013)

Man of Steel est un film de super-héros réalisé par Zack Snyder, produit et écrit par Christopher Nolan.

Après l’échec Superman Returns en 2006, la Warner décide de ne pas donner une suite au film et pense plutôt à construire une autre saga dans la lignée de The Dark Knight de Christopher Nolan. En 2008, les studios commencent à développer un nouveau point de départ pour la franchise concernant dans un premier temps Superman. Ils s’appuient notamment sur les origines du personnage écrites par Jerry Siegel et Joe Shuster. Christopher Nolan et David S. Goyer se montrent tous les deux intéressés par le projet, notamment sur le plan de l’écriture. En octobre 2010, Zack Snyder (300, Watchmen) est officiellement engagé au poste de réalisateur. Le projet prend une dimension alléchante, une collaboration Snyder/Nolan ça promet quelque chose d’original et spectaculaire.

Le scénario de Goyer et Nolan s’inspire des comics Superman for All Seasons (Jeph Loeb, 1998), Superman Birthright (Mark Waid, 2003) et Superman : Secret Origins (Geoff Johns, 2009). Ces trois séries retracent les premiers pas de Clark Kent en tant que super-héros. Zack affirme que Man of Steel se détache complètement des autres films.

Le film a obtenu un énorme succès commercial, avec plus de 668 millions de dollars de recettes engrangées au box-office mondial. L’accueil critique a été dans l’ensemble positif, même si il a souvent été souligné que la mise en scène, le rythme et le développement des personnages étaient à revoir.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

A ce jour, j’ai dû voir ce film au moins cinq fois dont deux au cinéma. Peu avant sa sortie en salles, Zack Snyder nous avait promis du spectacle et de l’originalité, et dans l’ensemble le contrat a été rempli. Pourtant, ce long métrage n’est pas exempt de défauts et la plupart du temps on résumé Man of Steel qu’à ça. Alors qu’il s’agit d’une œuvre très intéressante, qui souffre d’un bras de fer entre cinéastes. J’ai tenu à le revoir encore une fois pour vous donner une critique assez objective sur ce premier volet du DCU.

Un petit mot sur l’histoire ? 

Clark Kent, élevé dans une ferme du Kansas, s’interroge sans cesse sur sa différence. Il apprend qu’il est né sur Krypton, un monde lointain aujourd’hui disparu dont les ultimes représentants tentent de conquérir la Terre au mépris de la civilisation humaine. Clark va devoir prendre de difficiles décisions pour devenir le symbole d’espoir pour toute l’humanité…

Les premières minutes ?

Zack Snyder nous embarque dés les premières secondes dans un véritable film d’aventure. Nous sommes sur Krypton où l’on assiste à la naissance de Kal-El en plein chaos planétaire. Le rythme est haletant et s’additionne à un magnifique visuel qui est propre au réalisateur. Le spectacle est déjà au rendez-vous et en annonce encore plus pour la suite.

Même si l’on connait les origines de Superman, on savoure ce premier quart d’heure où l’histoire et les personnages se mettent en place. On assiste clairement au début d’une nouvelle ère pour Superman. L’ambition de Snyder et de la Warner s’affichent clairement, il ne reste plus qu’à confirmer jusqu’à la dernière minute.

Le casting ?

Pour la distribution, on peut dire que Zack Snyder a vu juste sur toute la ligne. Chaque acteur et actrice correspond parfaitement à son personnage. Il est rare de voir un casting aussi prestigieux et calibré pour un blockbuster. Souvent, on a quelques acteurs qui passent à travers, ici ce n’est pas le cas.

En tête, Henry Cavill se révèle être un Superman/Clark Kent très convaincant. Il tient les deux facettes comme il faut, et laisse en même temps place à une évolution de son personnage et de son jeu. Sur le plan de l’écriture, la tourmente psychologique et les références bibliques apportent quelque chose de neuf au fils de Krypton.

Face à lui, Michael Shannon impose puissance, détermination et intelligence. Même si parfois l’acteur frôle le surjeu, son interprétation est plus que convenable. On peut tout regretter le fait que l’on ne le voit pas assez, un peu plus de présence aurait pu accentué la confrontation avec Superman.

Dans la peau de Loïs Lane, Amy Adams ne semble pas avoir pris totalement ses marques, mais la dernière partie du film nous laisse entrevoir un peu plus de conviction. Il faut avouer qu’au niveau de la conception du personnage, ça reste assez léger.

Russell Crowe se montre particulièrement à l’aise sous les traits de Jor-El. On sent l’acteur investi par son rôle, son rapport du père et fils est très fort. Kevin Costner et Diane Lane sont tout aussi touchants, le couple véhiculent sagesse et amour pour leur fils adoptif. Comme pour Russell Crowe, il se dégage une certaine sincérité dans leurs jeux. Des rôles sur mesure tout simplement.

Laurence Fishburne fait bien son job en Perry White. Antje Traue et Ayelet Zurer sont sublimes et esquissent un réel potentiel pour leurs personnages, dommage qu’on ne les voit que très peu.

Et au final ça donne quoi ?

Bien qu’imparfaite, Zack Snyder signe une ouverture intéressante au DCCU (DC Cinematic Universe). Pourtant le cahier des charges était assez costaud, proposer un nouveau ton, un nouvel univers, de nouveaux visages, une démarcation par rapport aux autres films… Une relecture où Christopher Nolan a eu parfois à s’imposer voir s’opposer à certains choix artistiques de Zack Snyder. Tout d’abord la Warner a misé énormément sur ce long métrage en ayant pour volonté de concurrencer le MCU (Marvel Cinematic Universe) de Marvel Studios et Disney. L’idée de deux films sur le fils de Krypton a été l’une des idées de départ sauf que les studios n’ont pas voulu perdre de temps, pour ainsi enchainer avec Batman V Superman et Justice League. C’est peut être sur cet aspect que Man of Steel montre quelques lacunes, un film c’était un peu trop juste pour poser correctement la mythologie de Superman. Le long métrage est segmenté en deux, avec une première partie plutôt maitrisée et novatrice sur le héros, ses origines, son enfance et sa tourmente. La seconde partie accélère et d’un point de vue scénaristique ça balance trop choses en même temps et avec trop peu de développement. On assiste à un fourretout quelque peu déstabilisant, mais qui reste fort divertissant.

La mise en scène est dans l’ensemble assez spectaculaire, Zack Snyder décroche des séquences d’action époustouflantes et dignes de ce qu’on attend d’un Superman. Les effets spéciaux sont impressionnants ! On retrouve la patte Nolan à travers la structure narrative et les petits flashbacks, on a toujours ce rapport au temps à travers ses écrits. Le réalisateur de Watchmen amène quelque chose de très intéressant dans le rapport des proportions, ce qui est évident quand on parle de Superman. Certains plans se focalisent sur de petits objets et à l’inverse, Snyder réduit un camion, une plateforme pétrolière et des gras de ciel. Des petits éléments qui se révèlent importants et les grands sont réduits en poussière. Là où l’on peut reprocher quelques petites choses, c’est au niveau de la mort de Jonathan Kent, trop simpliste même cela serre activement au développement psychologique de Clark. Le sauvetage de Martha face à Zod est également balancé à l’arrache. Ces séquences discutables sont dues aussi à la faiblesse scénaristique.  Pour ce qui est du montage, David Brenner ne s’avère pas très inspiré. On amène un côté épileptique dans le seconde partie, qui est à la limite de l’oppression. La photographie est sans réelle saveur et affecte quelque peu la vision de Snyder. On se demande encore pourquoi Larry Fong (300, Sucker Punch) n’a pas été engagé par Christopher Nolan.

Au niveau du scénario, David S. Goyer (Blade, Trilogie Dark Knight) et Christopher Nolan n’ont pas vraiment fait des étincelles. Les deux hommes esquissent des thématiques très intéressantes, mais sans pour autant les faire aboutir. D’autant que cela délaisse certains arcs scénaristiques, la relation entre Clark et Loïs est expédiée à la vitesse de la lumière. L’écriture souffre aussi de simplicité et de raccourcis (le costume et les pouvoirs de Superman, la mort de Jonathan Kent par exemple). Pourtant, la première partie est composée intelligemment et se démarque totalement de ce qu’on a pu voir dans les autres films. Les scénaristes ont pris soin de ne pas reprendre une péripétie déjà traitée au cinéma. La conception de Kal-El est subtilement conçue, le dilemme qui le ronge est le fil rouge du personnage et de l’histoire. Les autres personnages ont plus ou moins un développement honorable, mais ça reste survolé quand même.

Si l’on regarde bien, le film apparaît comme déséquilibré et la cause est peut être la superposition de deux visions du mythe Superman, à savoir celle de Nolan et de Snyder. Même si un compromis semble apparaître par moments, ça reste désordonné et cela déboussole quelque peu le spectateur. L’alliance des deux cinéastes auraient pu fonctionner sur un Man of Steel en deux films. Bien sûr, ça n’est que mon opinion.

La bande originale d’Hans Zimmer et Junkie XL en impose et nous donne un magnifique avant-goût de ce que sera celle de Batman V Superman. C’est épique à souhait, on vibre sur chaque piste. Le seul petit hic, c’est qu’on a l’impression d’entendre souvent le même thème au sein du film. En dehors de ça, c’est un pur plaisir pour les tympans.

En résumé, Man of Steel a beau avoir des faiblesses, cela reste une relecture passionnante du mythe Superman. Le casting cinq étoiles tient ses promesses.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. roijoyeux dit :

    belle relecture du mythe de Superman mais scénario peu passionnant, j’ai été déçu car j’adore Henry Cavill et Superman

    Aimé par 1 personne

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