Sunshine (2007)

Sunshine est un film de science-fiction britannique réalisé par Danny Boyle et écrit par Alex Garland (La Plage, Dredd).

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Il s’agit d’un des rares films de Danny Boyle que je n’ai pas eu l’occasion de voir. Le réalisateur britannique explore un peu plus la science-fiction au cinéma après 28 jours plus tard. Sunshine a été une réussite critique à défaut d’être une réussite commerciale, certains vont même jusqu’à qualifier ce film comme l’un des meilleurs de la part de Boyle. Voyons à présent ce que ça donne.

Un petit mot sur l’histoire ?

En 2057, le Soleil meurt en s’éteignant progressivement. Un vaisseau avec un équipage de huit astronautes est envoyé dans l’espace pour tenter de le rallumer. Cette mission, baptisée Icarus 2, a pour but d’expédier une charge thermonucléaire d’une masse équivalente à l’île de Manhattan au cœur du Soleil afin de « l’allumer » à nouveau. Sept ans plus tôt, la première tentative de l’humanité s’était soldée par un échec avec la disparition mystérieuse de Icarus 1. Cette deuxième mission est le dernier espoir de l’humanité car elle a épuisé toutes les matières fissibles de la Terre lors de la fabrication de la deuxième bombe (Icarus 2).

Les premières minutes ?

Danny Boyle nous imprègne efficacement de l’atmosphère huis clos face à la beauté et la puissance du soleil. Les personnages sont présentés de manière assez brève, mais c’est juste ce qu’il faut pour comprendre le rôle et le caractère de chacun. La mission s’affiche clairement auprès du spectateur, le côté scientifique est assez intéressant, même si on peut y voir déjà quelques incohérences.

Le premier quart d’heure surfe sur un bon rythme et ce avec de belles images. On s’attend évidemment au fait que tout ne va pas se passer comme prévu.

Le casting ?

L’un des points fort de ce long métrage, c’est sans aucun doute sa distribution internationale. Les acteurs et actrices caractérisent avec conviction leur personnage. En tête, Cillian Murphy confirme son talent sous les traits de Capa, le scientifique chargé d’envoyer la bombe nucléaire au sein du soleil.

Chris Evans démontre qu’il peut s’éloigner des rôles de beaux gosses gentils, il livre une belle interprétation dans la peau de Mace, qui ne souhaite qu’une seule chose réussir la mission coûte que coûte. Son personnage s’oppose clairement à la vision de Capa, ce qui nous donne une confrontation constante au sein du film.

Rose Byrne se montre très convaincante et son personnage aurait mérité un meilleur traitement final, et c’est la même chose pour Michelle Yeoh. Cliff Curtis, Troy Garity, Hiroyuki Sanada et Benedict Wong apportent à eux quatre une profondeur psychologique et scientifique. Leurs apparitions n’est que secondaires mais reste très importantes pour l’intrigue.

Petite déception pour Mark Strong, qui méritait un plus de lumière (c’est le cas de le dire). Son personnage débarque à l’arrache et le choix de Boyle de ne pas nous le montrer totalement, ça gâche pas mal de choses aussi bien sur le fond que la forme.

Et au final ça donne quoi ?

Sunshine affichait clairement un potentiel pour devenir une référence dans la science-fiction au cinéma. Malheureusement, Danny Boyle et Alex Garland n’ont pas fait toujours les bons choix pour hisser ce film au rang de pépite. Pourtant sa première partie insuffle des choses très intéressantes, mais ça manque de subtilité dans la seconde, aussi bien sur le papier que dans la mise en scène. Malgré ça, on sent que Boyle est assez à l’aise pour cette première expérience dans ce type de long métrage.

Dans l’ensemble, la mise en scène répond aux attentes. Danny Boyle équilibre convenablement le sensationnel et l’émotionnel, du moins dans les 2/3 du film. Visuellement, le contrat est pleinement rempli. On a le droit à des plans sublimes et le travail sur la lumière est parfaitement adapté. Les effets spéciaux sont eux aussi globalement réussis. Le rythme tourne sur une bonne dynamique, un mélange haletant entre le thriller et la SF. Là où l’on peut  vraiment reprocher quelque chose au travail de du réalisateur, c’est dans les vingt dernières minutes du film. Tout s’emballe beaucoup trop vite, et surtout l’arrivée et l’apparence de Pinbaker (Mark Strong) reste trop flou. Le côté mystique vient s’entremêler avec la science de manière pas très adroite. Un manque de finesse de la part de Boyle et Garland. Autre parti pris de la part cinéaste britannique, le son. Là aussi il s’est appuyé dessus pour l’atmosphère électrisante, sauf qu’une fois de plus, on oublie qu’il ne peut pas y avoir de son dans l’espace. Certains y verront que des détails, sauf que leur accumulation devient gênante.

On s’attend à un peu plus de sérieux aussi de la part d’Alex Garland. Le scénariste enchaine lui aussi quelques incohérences, notamment sur l’aspect scientifique du film. Les personnages sont constitués avec intelligence, même si l’on aurait aimé un petit soupçon de relief sur Pinbaker. C’est notamment à cause de ce manque d’approfondissement et de visibilité que le côté mystique s’essouffle dans les vingt dernières minutes. Sinon la tension à bord du vaisseau est orchestré avec finesse avec des oppositions claires, des faiblesses, et divers perceptions de la vie et  la mort.

La musique de John Murphy est excellente, il s’agit clairement d’un de ses meilleurs scores. Le thème principal, The Surface of The Sun est tout simplement magnifique.

En résumé, Sunshine détient de grandes qualités mais souffre d’un manque de finesse dans son approche du mystique et dans l’arrivée de l’antagoniste.

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