Après Séance : La Planète des Singes – Suprématie

La Planète des singes : Suprématie est un film de science-fiction américain co-écrit et réalisé Matt Reeves. Ce troisième film fait suite aux films Les Origines (2011) et L’Affrontement (2014), reboot de la célèbre série cinématographique adaptée du roman du même nom de Pierre Boulle.

Qu’est ce que j’ai pensé des deux précédents films ?

J’ai découvert Les Origines lors de sa sortie en DVD, et j’ai été agréablement surpris par ce spectacle intense en émotions. Le scénario a été composé avec intelligence, tout comme la mise en scène de Rupert Wyatt. Andy Serkis est absolument époustouflant en César, encore une fois l’acteur britannique confirme sa maitrise totale de la capture motion.

Pour avoir été conquis par ce premier volet, j’ai vu le deuxième au cinéma. L’affrontement prend un tout autre ton que son prédécesseur, Matt Reeves (Cloverfield) et les scénaristes approfondissent parfaitement les thématiques du premier film tout en y apportant l’aspect guerrier et bestial, aussi bien pour les singes que pour les humains. Le parallèle est encore plus ancré dans un environnement apocalyptique. Du grand divertissement articulé avec intelligence, tout en respectant toujours l’œuvre originale.

Pourquoi j’ai voulu voir La planète des singes : Suprématie ?

Matt Reeves a été reconduit pour cet ultime chapitre de la saga rebootée. Le réalisateur a montré de très belles choses lors du précédent film, j’ai donc toute confiance en lui pour cette suite. La présence de Woody Harrelson dans ce film me ravi également, surtout dans le rôle de l’antagoniste. Face à César, ça promet pas mal d’électricité.

Que la séance commence !

Un petit mot sur l’histoire ?

Protégés par la forêt, César et les singes sont confrontés à l’armée d’un colonel humain sanguinaire qui cherche à tout prix à retrouver César pour installer la domination des hommes sur les primates. Défaits lors d’un assaut violent, le colonel se déplace en personne dans le refuge de César pour le tuer alors que ce dernier venait de prendre la décision de faire avancer la colonie vers un désert repéré par son fils et son ami Rocket, où les humains ne pourraient plus leur causer d’ennuis. Le Colonel commet un acte impardonnable, qui va éveiller chez César une haine qu’on ne lui connaissait pas et anime sa soif de vengeance.

Les premières minutes ?

Matt Reeves ouvre son long métrage avec quelques phrases qui nous remettent immédiatement dans le contexte et l’évolution qu’il y a eu à travers les trois films. De cette manière, le spectateur reprend le fait que les trois chapitres de cette saga sont bien distincts et qui ont une véritable connexion entre eux, et ce sur tous les plans.

La premières séquence nous place du côté des soldats qui s’infiltrent dans le repère de César et de ses congénères. Le réalisateur prend un malin plaisir à déstabiliser le spectateur en lui insufflant un sentiment de peur pour les singes, pour ensuite faire l’inverse et nous faire ressentir de la peur pour les humains. Le spectacle est déjà au rendez-vous et cela est dans la continuité du film précédent. La réalisation nous emporte totalement, tout comme la musique de  Michael Giacchino (Rogue One). A l’image de César, les singes apparaissent épuisés dans ce monde dévasté où la dernière heure semble être proche pour l’un des deux camps.

Les quinze premières minutes immergent totalement le spectateur. La mise en scène est percutante et les enjeux mis en place sont très intéressants, j’ai toute confiance en Matt Reeves qui a déjà prouvé qu’il ne prenait rien à la légère et qu’il prenait un énorme plaisir dans son travail. La suite promet d’être spectaculaire et forte en émotions, ce qui fût le cas des Origines et de l’Affrontement.

Le casting ?

Pour la troisième et dernière fois, on retrouve Andy Serkis sous les traits de César, et c’est encore grandiose ! Il prend réellement en compte l’évolution de son personnage pour sa composition. Clairement, il mérite une nomination aux Oscars pour son travail unique et pour l’émotion qui dégage à travers la capture motion. Il est temps de reconnaître cette méthode et ce type de performance du côté des grandes cérémonies américaines.

Woody Harrelson en impose terriblement dans la peau du colonel McCullough. Son interprétation rappelle évidemment celle de Marlon Brando dans Apocalypse Now. Il dégage une véritable cruauté mais aussi une redoutable intelligence, à l’image de la scène dans ses quartiers face à César. L’opposition est très convaincante, et c’est grâce au talent des acteurs et du reste de l’équipe.

La point d’humour du film vient de la prestation de Steve Zahn. Encore une fois, on y voit l’intelligence de Matt Reeves d’apporter un peu de légèreté au long métrage.

La révélation du film est sans aucun doute la jeune Amiah Miller, qui interprète Nova. On est immédiatement happé par son regard, qui nous tranche au fur et à me sure qu’avance le long métrage. Elle porte sur elle deux scènes magnifiques, celle avec César emprisonné et celle avec Maurice dans le tunnel.

Et au final ça donne quoi ?

Voila enfin un blockbuster qui tient toutes ses promesses, je commençais à perdre espoir après les désillusions que j’ai pu avoir cette année (Alien : Covenant, Valerian…). Heureusement, Matt Reeves répond à nouveau présent pour nous offrir un grand divertissement intelligent et respectueux de la franchise.

Au niveau de la réalisation, c’est vraiment du grand et beau spectacle ! Matt Reeves fusionne les références bibliques, gaming et cinématographiques et cela nous donne une mise en scène qui se démarque par rapport aux autres grandes productions hollywoodiennes. Bien sûr, les effets spéciaux sont extraordinaires mais il faut également souligner le travail technique qu’a œuvré le réalisateur. Il prend à contre-pied en posant méticuleusement les choses, la caméra reste fixe et donne une beauté particulière aux scènes d’actions. Un parti pris parfaitement justifié, l’équilibre en émotion et sensation est accompli. La finesse du montage de William Hoy (Danse avec les loups, Watchmen) apporte un réel dynamisme au long métrage faisant corps avec la vision du réalisateur. La direction artistique et les décors apportent un relief important, un environnement réfléchi et facilement identifiable pour le spectateur. La photographie sombre de Michael Seresin (Angel Heart, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban) est parfaitement adaptée aux images de Reeves. Comme c’était déjà le cas pour l’Affrontement, on a une adéquation totale dans le travail de cette équipe.

L’écriture est d’une maturité rare pour un blockbuster. On avait l’habitude d’un tel niveau avec les deux films précédents, mais là Mark Bomback et Matt Reeves apportent ce qu’il fallait à cette histoire pour que la boucle soit parfaitement bouclée. Tout d’abord, ils ne perdent jamais les idées de départ écrites par Rick Jaffa et Amanda Silver (Les Origines et L’Affrontement). Ici, ils offrent une véritable continuité dans la réflexion de ce qu’est l’humanité et ce qu’est un animal. Matt Reeves a construit son intrigue en ayant deux question en tête, et si les singes étaient l’avenir de l’humanité ? Qu’est ce qui symbolise l’humanité ? C’est de par ce fil rouge que lui et Mark Bomback composent un scénario philosophique et poétique. La scène qui symbolise cet aspect est évidement celle entre César et le colonel, où ce dernier explique les raisons de son combat. Matt Reeves renverse l’humanité vers le côté bestial pour justifié la conservation de l’humanité à travers l’homme. Un attrait scénaristique subtilement développé et conclu. Le script se veut humaniste et optimiste envers l’évolution. C’est pourquoi, le réalisateur provoque l’empathie pour les singes et non pour les humains, un nouveau parti pris intelligemment orchestré sur le papier et reflété à l’écran.

Un petit mot sur la bande originale de Michael Giacchino, qui joue sur la simplicité tout étant efficace. A l’image de l’utilisation du piano ou des sonorités tribales. On aurait aimé tout de même avoir un thème épique et inoubliable pour souligner César ou la scène finale.

En résumé, La Planète des singes : Suprématie vient conclure parfaitement la trilogie amorcée en 2011. Matt Reeves confirme son talent pour hisser le divertissement à un autre niveau, tout comme un certain Christopher Nolan. Andy Serkis est impérial et mérite d’être enfin reconnu par ses paires.

Cette trilogie préquelle est la preuve qu’il peut y avoir de bonnes initiatives à Hollywood. Il s’agit clairement de la trilogie de la décennie, tout comme l’a été Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson pour les années 2000.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. movievaures dit :

    Je suis complètement d’accord, le scénario est d’une maturité impressionnant!

    Aimé par 1 personne

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