Après Séance : Valérian et la Cité des mille planètes

Valérian et la Cité des milles planètes est un film français de science-fiction et une adaptation libre de l’univers de la série de bande dessinée, elle aussi française, Valérian et Laureline de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières.

Après l’énorme succès de Lucy, Europa Corp et Luc Besson possèdent enfin suffisamment d’argent pour lancer le projet de rêve de Besson : adapter Valérian au cinéma. Projet déjà avorté 20 ans plutôt mais qui donnera naissance à un excellent film de science-fiction aujourd’hui connu de tous : Le Cinquième Élément.

Précisions : Je n’ai jamais ouvert une BD de Valérian et Laureline, j’ai juste vu la plupart des planches présentant les vaisseaux ou les situations qui ont inspirées bons nombres de films de science-fiction. Rendons un instant à César ce qui est à César, Stars Wars, Dark City, Independence Day et tant d’autres se sont directement inspirés des aventures de Valérian et Laureline mais aussi de son univers graphique (Voir Making-of de ces films), comme par exemple le Faucon Millénium qui ressemble très fortement au XB 982 de Valérian.

Je précise car beaucoup de critiques français reconnus font preuves de mauvaises fois envers Luc Besson et ce depuis très longtemps et tout prétexte est bon pour le basher. Oui pour certaines choses Luc Besson s’inspire d’autres films mais qui ne le fait pas ? On n’invente rien, les plus grands le disent. Mais n’inversons pas les sources d’inspirations pour un bashing pur et simple d’un des réalisateurs français les plus détestés par la presse française, qui se réjouissait, à peine cacher, du flop de Valérian aux États-Unis lors de son premier week-end d’exploitation face à Nolan et son Dunkerque ou encore Spider-Man du MCU de Jon Watts (Réalisateur du très intéressant Clown).

Après 200 millions d’euros rassemblés, des polémiques autour du crédit d’impôt et 4 ans de préparation, Valérian est enfin prêt et a atterri sur nos écrans le 26 juillet dernier.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Tout simplement parce que j’aime profondément le cinéma de Luc Besson. Que ce soit Le Dernier Combat, Subway, Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième Élément, bref je ne vais pas citer tous ceux que j’aime… Mais pas d’inquiétude je n’apprécie pas l’intégralité de son œuvre.

Mais je me répète j’aime son cinéma et ce qu’il essaye de faire pour le cinéma français, à tel point qu’après mon BTS Audiovisuel j’ai tenté le concours de son école…

Lorsque j’ai appris, par diverses connaissances, que Luc Besson était pleinement lancé dans son projet Valérian je n’avais qu’une hâte : Qu’il sorte dans les salles obscures pour le voir. Ce que j’ai fait en vacances lors d’une après-midi pluvieuse.

Un petit mot sur l’histoire ?

En 1975 Apollo et Soyouz se rencontrent, fort de cet élan d’autres nations envoient des cosmonautes rejoindres la station spatiale. Les siècles passent et tout le monde accède à cette grande plateforme appelée Alpha… Et les extraterrestres sont de la partie. Devenue trop grande, Alpha risque de s’écraser sur terre. Tout le monde décide, dans une unité parfaite, de s’éloigner de la terre.

En 2740, Valérian rêve d’un monde inconnu peuplé d’êtres majestueux, appelés les Pearls. Ces derniers vivent en parfaite osmose avec la nature (coucou Avatar). Malheureusement ils assistent impuissant au crash de multiple vaisseaux entrainant la destruction de leurs planète. Valérian se réveille sans savoir si son rêve est réel ou non… Et l’aventure commence.

Les premières minutes ?

Les premières minutes regroupent essentiellement ce que je viens de vous raconter. Le film s’ouvre avec la musique Space Oddity de feu David Bowie, montrant justement la rencontre entre tous les peuples de la terre et de l’univers. Vient ensuite cette séquence sur la planète Mül. Magique, magnifique visuellement, tout passe par l’image, il n’y aura aucun dialogue, juste des mouvements de caméra, des expressions faciales. Le tout est accompagné par la musique d’Alexandre Desplat. Les petites touches de pianos sublimées par les instruments à vent peu avant l’envolée des cordes et des voix plongent le spectateur dans un univers visuelle et musicale onirique. Luc Besson nous montre tout ce qu’il peut, dresse en 10 minutes le fonctionnement de ce peuple aux corps longilignes gracieux et distingués : ses maisons, ses habitudes, ses vêtements, sa gestion politique, son utilisation des ressources… Tout est clair, féérique, poétique… jusqu’au moment où tout bascule dans le chaos… Cette ouverture est maîtrisée, passionnante, visuellement impressionnante, avec une mise en scène soignée et parfaite, elle est annonciatrice d’un grand film, est-ce le cas ?

Le casting ?

Le ?
Voici le premier point faible de ce long-métrage… Dane DeHaan (qui est un acteur que j’apprécie beaucoup) n’est pas au niveau et Cara Delevingne… Mouais bof… Alors essayons un instant de mesurer les propos et de prendre du recul. La prestation des acteurs est très certainement desservie par une VF des plus abominables. La voix de Xavier Dolan derrière Dane DeHaan… ça ne passe pas du tout, c’est monotone et la voix étouffée, presque rauque et indifférente aux situations de la chanteuse Soko… Horripilant. Pour le coup c’est purement subjectif mais dès les premières phrases j’ai regretté la VO.

Ensuite, le peu d’évolution dans la psychologie des personnages empêchent certainement de développer leurs jeux et finalement les pénalises dans une prestation plus que médiocre.

Pour le reste Clive Owen et Sam Spruell font le taff.

Et au final ça donne quoi ?

De prime abord Valérian est grandiose et inspiré. Les 40 premières minutes du film sont sans conteste exceptionnelles, maitrisées en tout point. Le rythme y est soutenu sans pour autant oublier de présenter l’univers, très chargé, de Valérian. Une seule chose est expéditive : La présentation de la relation entre Valérian et Laureline. De toute façon l’exposition de cette dernière est peu intéressante mais permet tout de même de cerner très rapidement la psychologie de Valérian, c’est-à-dire prétentieux, imbus de lui-même, courageux et forcément très bon dans ce qu’il fait. De l’autre côté l’exposition de Laureline est plus nuancée. Elle a du caractère et représente l’archétype de la femme forme que Besson apprécie tant. Mais on en saura pas plus pour le moment. Certainement dû au faite que c’est son personnage qui jouit le plus d’une évolution psychologique mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Pour continuer sur les 40 premières minutes, Luc Besson mets tout en œuvre pour que sa vision soit respectée à l’écran. Pari réussi, chaque plan transpire son auteur, ses mouvements de caméra complexes, les plans zénithaux, son sur-esthétisme… bref tout y est et c’est loin d’être désagréable. Le tout est sublimé par des effets numériques d’une grande beauté et on ressent l’attachement et la volonté de Luc Besson d’avoir des rendus exceptionnels… Et la WETA y est surement pour beaucoup. Mention spéciale pour la séquence du Big Market.

De son côté la mise en scène n’est pas en reste… Un plan, un mot, une idée. Les 15 premières minutes du long-métrage sont dénuées de tout dialogue, tout passe par l’image, ce qui est l’essence même du cinéma, raconter avec des images, c’est un tour de force, surtout dans un blockbuster, c’est courageux et ça marche !

Ces 40 premières minutes de film sont vraiment magiques et nous emmènent sur la voie d’un chef d’œuvre.

Et… ça se corse. Il y avait tellement de promesse que la suite du long-métrage ne peux être que décevante et ce sur quelques points. Pour rester dans le thème de la réalisation et de la mise en le scène : L’univers graphique reste de grande qualité, l’univers que l’on découvre au fur et à mesure également. Cependant la mise en scène devient de moins en moins subtile, de plus en plus expédiée et un peu moins réfléchie. (révélation du méchant, build up autour de ce dernier)

Il est possible que tout ceci soit intimement liée à un scénario qui, lui, pêche dans son déroulement mais aussi dans son intérêt. Car finalement, mise à part le message final du métrage, le scénario n’est qu’un prétexte pour faire découvrir le gigantesque univers de Valérian. On en visite énormément de recoin, on découvre une multitude d’espèces, de créatures, on fait un grand voyage, mais derrière le scénario ne suit pas, les retournements de situations non plus. Trop téléphonés, trop attendus. Et la mise en scène qui l’accompagne n’est pas senti et ne révèle que ce que sait le spectateur depuis 1h00.

Je profite de cette bribe de transition pour enchainer sur les personnages. Il est assez compliqué de parler d’eux sachant qu’ils n’évoluent que très peu et que la plupart sont des personnages fonctions, qui apparaissent et disparaissent au grès du scénario et des besoins de ce dernier pour avancer. Comme par exemple ceux d’Ethan Hawk et Rihanna (qui offre d’ailleurs une scène quelque peu malaisante).

Valérian n’évolue pas, il reste le mec prétentieux et imbus de lui-même du début de film. Laureline, elle, démontre sa capacité d’adaptation, son courage, sa force morale et son sens de la justice. Pour le reste, Elle est traitée en surface et finalement assez rapidement.

Les personnages du commandeur Arün Filitt et du général Okto Bar sont des stéréotypes, je ne peux en dire plus sur ces deux personnages sous peine de spoile. Que dire de plus ? C’est dommage et décevant, surtout que certains personnages auraient, à mon sens, mérités une plus grande attention et un meilleur développement… (ex : Le personnage d’Alain Chabat)

Allez changeons un peu de sujet, vous avez de toute façon, je pense, compris l’essentiel des idées que je voulais transmettre.

Cette fois Mr Serra cède sa place à Mr Desplat pour la musique. Cette dernière est efficace, elle accompagne très bien le film, certains de ses scores sont d’ailleurs d’une grande qualité. Alexandre Desplat est tout de même un grand compositeur et il le prouve une fois de plus. Le thème des Pearls est d’une beauté particulière et les autres musiques accompagnent parfaitement l’image et le déroulé des scènes d’actions. Le thème principale l’est tout autant. En bref une bande originale vraiment très agréable.

Je pense avoir fait le tour, le mieux est que vous découvriez le film pour vous faire votre propre avis. Malgré ses faiblesses scénaristiques et de casting Valérian reste un bon film. Luc Besson nous avait promis un grand voyage, il nous l’a offert et ce, de façon passionné et généreuse.

Je vous recommande vivement le film, certes il n’est pas parfait mais pourquoi se priver d’une si belle œuvre ? Parce que c’est Luc Besson ? Parce que certaines choses ne marchent pas ? Ce serait dommage, laissons de côté tout ça pour découvrir qu’elle chose de fort et de grandiose. Est-ce qu’on reproche à James Cameron d’avoir écrit un scénario simpliste et manichéen pour Avatar ? Non car le long-métrage se révèle magnifique visuellement, innovent et d’une grande maîtrise, j’en veux pour preuve la dernière bataille qui est une masterclass de film d’action à elle seule… Laissez-vous tentez, embarquer, et laissez une chance à Valérian.

A bientôt sur Le Cinéma avec un Grand A, sur Ardennes TV et dans les salles obscures, tchao.

Maxime Herbillon.

Publicités

5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Elisabeth Faupin dit :

    Votre critique est intéressante mais vous devriez quand même vous faire relire… Publier avec des fautes, ça gâche!

    J'aime

  2. Victor Lavene dit :

    A la lecture de cette critique, je tenterai quand même l’expérience par curiosité. J’avoue avoir été horrifié en découvrant le casting improbable et tellement orienté Young adult que j’avais laissé tomber. En grand fan de la BD, je ne comprends pas ce choix de Luc Besson, si ce n’est l’aspect purement commercial (On ne voit que des ados dans les films depuis Hunger Games) qu’on lui connait un peu trop ces dernières années.
    Et puis la bande annonce m’a tellement rappelé le graphisme de l’excellent 5ème élément que j’avais peur d’être déçu.
    Je verrai ça à la sortie DVD!

    Aimé par 1 personne

  3. luneetoilee dit :

    Envoyé de mon Galaxy J5x Orange

    J'aime

  4. Strum dit :

    Dane deHaan en Valérian est une énorme et incompréhensible erreur de casting. Il ne correspond absolument pas au personnage. L’autre point faible manifeste du film, c’est son scénario, un comble pour l’adaptation d’une BD qui se distinguait par la qualité des scénarios de Christin (qui étaient non seulement bien construits mais abordaient aussi les grands thèmes de la SF avec intelligence et réflexion). Bref, une adaptation ratée.

    Aimé par 1 personne

  5. princecranoir dit :

    Comme Strum, si j’ai décollé grâce à Bowie au générique (superbe en effet), je me suis vite ramassé sur le vide abyssal de l’écriture, sur la pauvreté des dialogues. Certes Besson veut se hisser à hauteur des Américains, mais il ne faudrait pas prendre les spectateur pour plus bêtes qu’il ne sont (ce qu’ont bien compris les jeunes réalisateurs du MCU qui jouent avec nos références avec une certaine sagacité, comme dans le récent Spider-Man) et ne pas faire injure la BD originale.
    Au moins, Besson m’aura donné envie de lire Valérian. C’est toujours ça de pris.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s