Soleil Rouge (1971)

Soleil rouge est un western franco-hispano-italien réalisé par Terence Young.

Même si il n’est pas considéré comme un western spaghetti à la Sergio Leone, il en présente toutefois les codes. Terence Young et le scénariste Laird Koenig ont clairement été influencés par ce sous-genre du western. A l’époque, ce type de films était novateur et apportait un nouveau souffle au genre.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

J’ai toujours eu un petit faible pour Terence Young qui aimait travailler et réunir des grands acteurs et actrices de différentes nationalités. Soleil Rouge réunit une distribution qui a de la gueule avec Charles Bronson, Toshirô Mifune, Alain Delon et Ursula Andress. Ce beau petit monde réunit pour un western, ça ne demande qu’à être découvert.

Un petit mot sur l’histoire ?

En 1871, un ambassadeur de l’Empereur japonais et ses deux gardes du corps, Kuroda et Namuro, traversent l’Ouest américain à bord d’un train qui les mènera à la rencontre du Président des États-Unis. L’ambassadeur a pour mission d’offrir à son hôte un objet d’une valeur inestimable : un sabre de samouraï. Malheureusement, le convoi transporte également de l’or et est la cible de deux bandits sans foi ni loi, Gotch et Link. Ceux-ci parviennent à subtiliser la cargaison et dérobent par la même occasion le précieux cadeau… Gotch, réalisant le montant du larcin, n’hésite d’ailleurs pas une seconde à trahir Link et à s’enfuir avec le butin. Link va alors joindre ses forces avec Kuroda afin de retrouver le sabre et l’or.

Les premières minutes ?

Le générique et les premières images affichent clairement la référence aux westerns spaghettis, de par sa typographie et l’aridité du paysage. Terence Young amorce son long métrage avec une séquence de braquage d’un train. Au début, les regards se croisent pour ensuite succéder à un plan bien huilé de la part de deux grands bandits de l’Ouest américain. Les deux hommes ne semblent pas avoir la même fibre du crime et de l’apparence. L’idée de les amener à rencontrer des autorités japonaises est plutôt originale.

Le réalisateur n’affiche pas le sens de la mise en scène comme le ferait un Sergio Leone ou un George Roy Hill (Butch Cassidy et le Kid). Terence Young essaye de donner du rythme en posant les enjeux d’entrée. Il en ressort un côté moins spectaculaire et contemplatif, dommage car le potentiel pour le faire est omniprésent. Malgré cela, le long métrage conserve tout de même de l’intérêt avec les thématiques lancées et les personnages haut en couleur.

Le Casting ?

L’un des gros atouts de ce long métrage est clairement sa distribution internationale quatre étoiles. En tête, on retrouve Charles Bronson dans la peau du bandit à l’ancienne assoiffé par l’argent. L’acteur se montre convaincant dans son personnage, sans pour autant nous montrer quelque chose de neuf. Il en reste pour le moins charismatique et attachant.

Sur sa route, on a l’acteur fétiche d’Akira Kurosawa en la personne de Toshirô Mifune. Ce dernier impose une certaine classe naturelle et se montre impeccable en samouraï. Il forme avec Charles Bronson, un duo atypique et intéressant.

Ursula Andress est sous-utilisée en partie à cause de la conception de son personnage, caricatural et très agaçant. Un aspect plus vénale aurait apporter un peu plus de cachet à son interprétation.

Et pour finir, Alain Delon incarne le véritable salopard de l’histoire avec conviction mais avec bien trop peu de présence à l’écran. L’écriture de son personnage posait des bases intéressantes qui contrastaient intelligemment avec les autres, sauf qu’au final on n’est pas plus intéressé que ça par sa trajectoire. On a pas une grande confrontation comme on pouvait l’espérer, c’est là qu’on voit que Terence Young n’est pas un grand habitué du genre.

Et au final ça donne quoi ?

Sur le papier, Soleil Rouge véhicule une certaine ambition. Pourtant, Terence Young n’atteint pas les sommets promis par son histoire et son casting. Il en ressort bien trop de carences scénaristiques ainsi qu’au niveau de la réalisation. Il s’agit d’un western qui ne se démarque pas vraiment des autres, et c’est bien dommage.

Terence Young s’attèle à une mise en scène beaucoup trop classique, alors que son western se devait de se démarquer des autres. Ça manque cruellement de relief et d’identité, alors qu’il y a tout ce qu’il faut devant la caméra. Les décors intérieurs et extérieurs offrent une reconstitution plus que satisfaisante. Il manque une certaine finesse dans l’accompagnement de la caméra, aucun long travelling ou fulgurance technique. Le montage laisse lui aussi à désirer tout comme la photographie. Les scènes les plus intéressantes sont finalement celles entre Toshirô Mifune et Charles Bronson, tout simplement car c’est la seule véritable idée originale du scénario.

Laird Koenig propose une histoire qui se veut  se démarquer des autres westerns, ça aurait pu être le cas si l’antagoniste avait été un peu plus développé. Le personnage de Christina (Ursula Andress) méritait plus qu’une simple caricature de la femme agaçante et amoureuse du bandit qui se veut plus malin que tout le monde. Malgré ces quelques failles, le scénario reste convenable et il aurait pu prendre une toute autre dimension avec un cinéaste comme Sergio Leone. La comparaison est inévitable puisque le film prétend reprendre les codes du western-spaghetti. Imaginez cette histoire sous le regard du père de la trilogie du dollar ou bien sous celui de Sam Peckinpah.

La musique de Maurice Jarre n’a rien bien attrayant. On n’a pas l’impression d’entendre de réels thèmes de western. Le compositeur français nous a habitué à beaucoup mieux que ça.

En résumé, Soleil Rouge est un western divertissant, mais qui aurait pu être bien plus que ça. Terence Young reprend les codes  de manière convenu, ce qui n’inscrit pas son long métrage au rang des grands films du genre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s