Under the Skin (2013)

Under the Skin est un film de science-fiction britannique de Jonathan Glazer.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Neuf ans après réalisé le surprenant Birth, l’ancien publicitaire Jonathan Glazer est de retour avec son premier long métrage de science-fiction. Ce cinéaste issu de la publicité, me rappelle un de ses confrères (qui se fait rare lui aussi), qui est Tom Ford (A Single Man, Nocturnal Animals). Tous les deux évoque un cinéma à l’esthétisme bien particulier et d’une beauté quelque peu glaciale et torturée.  Après avoir offert un rôle à contre-emploi à Nicole Kidman dans son précédent film, le réalisateur met cette fois-ci en vedette Scarlett Johansson pour un rôle tout aussi intrigant. Le synopsis interpelle par son côté étrange qui peut aboutir à une nouvelle expérience de cinéma.

Un petit mot sur l’histoire ?

Une extraterrestre se prénommant Laura, arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.

Les premières minutes ?

Comme je m’y attendais un peu, le film démarre par une mise en ambiance où le visuel et le sonore se lient pour nous embarquer en terre inconnue. Clairement, Under The Skin s’affiche d’entrée comme un œuvre sensorielle et originale. La structure narrative va dans ce sens, puisqu’il est posé des éléments qu’on ne comprend pas tout de suite. Le spectateur tient une position d’observateur dans ce labyrinthe qui met en place dés le premier son, dés la première image.

Comme pour Birth, Jonathan Glazer adapte une mise en scène toute particulière pour être en cohérence avec l’histoire qu’il nous conte. On a toujours ce côté très intime dans son regard sur les personnages. L’esthétisme des scènes dans l’environnement extra-terrestre dégage une beauté fascinante et déstabilisante, à l’image aussi de Scarlett Johansson. Les scènes d’extérieurs à Glasgow reflètent une certaine authenticité, ce qui contraste merveilleusement avec le « repère » de l’alien.

Les vingt premières minutes sont magnétisantes et prédisent une véritable expérience de cinéma. J’espère vraiment que le scénario ne partira en cacahuète par la suite car tous les éléments semblent être réunis pour une œuvre originale et intelligente.

Le casting ?

Décidément, l’année 2013 aura permis à Scarlett Johansson de démontrer qu’elle n’est pas qu’une actrice de gros blockbusters ou de comédies pour ados. Avec Her et Under The Skin, l’actrice a dévoilé de nouvelles facettes de son jeu à travers des rôles ayant un lien étroit avec l’intelligence sous une autre forme.

Sous les traits de Laura, Scarlett Johansson prend littéralement à contre-pied. Elle ose s’aventurer dans un cinéma où on ne l’avais jamais vu et ce qui est génial, c’est que ça lui va à merveille. Son interprétation est étincelante, elle apporte au millimètre les nuances qu’il faut à son personnage et à son évolution. Jonathan Glazer prouve une nouvelle fois qu’il est un grand directeur d’acteurs et d’actrices. Il hisse Scarlett Johansson à un rang inattendu, celui d’une très grande actrice.

Et au final ça donne quoi ?

Je ne vais y aller par quatre chemins, Under The Skin est un petite perle cinématographique comme on en voit trop peu aujourd’hui. Jonathan Glazer nous offre un cinéma qui lui est propre, à la fois froid, intimiste, fascinant et dérangeant. Cela nous donne un puzzle sombre et intelligent où l’on regarde l’humanité par delà le regard d’un alien. Une plongé qui déstabilise, émeut et fait réfléchir le spectateur.

Sur la forme, le réalisateur propose deux aspects de mise en scène. Le repère de Laura est filmé de manière onirique, tandis que l’extérieur est au plus près d’elle avec un attrait beaucoup plus réaliste, parfois même proche d’un documentaire. Le cadre s’adapte à chaque environnement. Le son et le silence tiennent également une grande importance pour le cinéaste, qui propose une atmosphère insaisissable et étrange. Le montage apporte cette sensation de voyage fascinant vers l’inconnu. La photographie de Daniel Landin est remarquable et intensifie un peu plus ce degré d’hypnotisme qu’inspire l’ensemble du long métrage.

En ce qui concerne le fond, Walter Campbell propose un labyrinthe qui demande pas mal de réflexion et d’observation. Évidemment, on se pose quelques questions lors de la première demi-heure aussi bien sur Laura, que sur les véritables enjeux de sa chasse à l’homme. Il en ressort une fable macabre et émouvante où la réflexion se porte sur l’humanité à travers le point de vue d’un extra-terrestre. Il s’agit là d’une sublime et intelligente adaptation libre du roman de Michel Faber.

La musique est d’une sonorité sombre, vertigineuse et hypnotique. La compositrice Mica Levi signe là sa première bande originale pour le cinéma, et c’est tout bonnement parfait. Le score est totalement en adéquation avec la vision du cinéaste. Ce dernier l’utilise comme il faut au sein de son film, pour donner appuyer encore plus son aspect sensoriel.

En résumé, Under The Skin est une merveille sur tous les plans. Scarlett Johansson est tout simplement sensationnelle ! On attend déjà avec impatience le prochain Jonathan Glazer au cinéma.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. MarionRusty dit :

    Scarlett Johansson donne l’impression avec ses rôles d’être dans la recherche du corps en tant qu’objet, comme si elle cherchait la métaphore entre la façon dont elle est vue et la façon dont elle joue. Après s’être plongée dans le film d’époque avec Deux sœurs pour un roi et La jeune fille à la perle, où c’est l’aspect pictural de son visage qui est mis en avant, elle se plonge maintenant dans des rôles où son corps n’est qu’une enveloppe avec Under the skin, Lucy et Ghost in the shell.

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