Scorpion (2007)

Scorpion est un film dramatique français co-écrit et réalisé par Julien Seri (Night Fare).

A l’origine du projet, on retrouve un certain Cedric Jimenez qui s’est fait notamment connaître avec La French et HHhH. Scorpion symbolise pour lui ses premiers pas au cinéma en tant que scénariste et producteur. C’est de lui que vient l’idée de faire un film sur le free fight avec un prodige de la boxe thaï qui se retrouve au fond du trou et qui par amour fera tout pour retrouver son aura d’antan. Sylvie Verheyde (Stella, Sex Doll) est venue compléter cette idée avec plus d’émotions.

Pour la réalisation, Cédric Jimenez a envisagé plusieurs réalisateurs dont Chris Nahon (Le baiser mortel du dragon), qui est un des amis de Julien Seri. La suite vous la devinez, Chris Nahon a parlé du projet à son ami, qui a immédiatement été séduit. Julien Seri a alors contacté Cédric Jimenez pour lui indiquer qu’il était très intéressé à l’idée de porter cette histoire sur grand écran.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’ai découvert ce film lors de sa sortie en DVD, il y a près de dix ans. A l’époque, j’avais plutôt apprécié ce film qui mélangeait les codes du polar et du cinéma d’action. Clovis Cornillac m’avait énormément impression, de par son investissement dans le rôle d’Angelo. Récemment, j’ai retrouvé ce film sur une brocante dans son édition collector. L’occasion de le revoir et de me faire un nouvel avis.

Un petit mot sur l’histoire ?

Angelo ne vit que pour la boxe thaï. Écarté injustement des championnat, il tue accidentellement le challenger dans un combat de rue. A sa sortie après six ans de prison, c’est une épave. Mais par amour, il va changer, devenir un autre, une machine à cogner, à prendre des coups, à combattre. Il va devenir Scorpion. C’est le prix à payer pour gagner les combats clandestins sans règles et sans limites de free fight.

Les premières minutes ?

Julien Seri pose très vite le contexte avec la voix off d’Angelo (Clovis Cornillac) qui nous raconte son histoire. On va à l’essentiel pour comprendre comment sa vie a pu basculer en quelques coups de poings. Rien de bien original, mais la prestance de Clovis Cornillac séduit.

L’atmosphère grisonnante des premières images passent à l’obscurité, en référence à la chute d’Angelo. Le premier quart d’heure inspire à du déjà-vu, malgré que le film traite du free fight. Il se dégage quelques stéréotypes dommageables, et je crois me souvenir que le récit reste dans cette lignée par la suite.

Le casting ?

L’atout principal de ce long métrage est sans aucun doute Clovis Cornillac. Ce dernier livre une composition transcendante, on sent le travail de préparation de l’acteur pour coller parfaitement à son personnage. Il dégage de la rage et une certaine sensibilité qui le rend attachant.

Dans la peau du petit mafieux, Francis Renaud se montre convaincant malgré le côté caricatural de son personnage. Ses partenaires, Karole Rocher et Caroline Proust sont malheureusement dans le même cas.

Olivier Marchal a le charisme du big boss, sauf que son personnage manque cruellement de développement et de présence.

En bref, cette distribution est plus que correcte, mais reste sous-utilisée à cause d’un traitement scénaristique trop cliché et raccourci.

Et au final ça donne quoi ?

Scorpion est long métrage qui a de bonnes intentions et de véritables qualités, malheureusement il s’engouffre dans une surenchère de clichés nuit terriblement à ce que le film veut véhiculer, à savoir la résurrection d’un homme à travers sa passion et l’amour.  C’était l’idée de base, sauf qu’elle n’a pas le développement nécessaire pour réellement nous convaincre.

Julien Seri décroche une mise en scène intéressante, mais qui ne s’avère pas assez posée. Des plans fixes auraient pu contraster efficacement avec la violence des combats. Un travail plus intense sur le son et le silence aurait là aussi donné une toute ampleur aux scène de combats. Bien sûr, je chipote là car mine de rien, le réalisateur a tout de même fait du bon travail. Les combats sont réalistes et percutants, techniquement c’est assez impressionnant.

L’écriture est sans aucun doute le gros défaut du film. Naïf et caricatural à souhait, on a jamais l’approche authentique que l’on espère. On sent pourtant les efforts des acteurs et actrices, mais rien n’y fait, on y croit peu à cette histoire et à ces personnages. Le trop peu de profondeur est malheureusement gommé par l’enchainement des stéréotypes. Les dialogues manquent cruellement d’originalité.

La bande originale de Christian Henson est portée sur le rap avec notamment Sinik, Sniper, Seyfu ou encore Neg Marrons. Un score alléchant et qui épaissit la cadence des combats.

En résumé, Scorpion avait une certaine ambition qui est malheureusement gâchée par une écriture trop téléphonée. Clovis Cornillac décroche l’une des grandes performances de sa carrière.

 

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