Les Anges de la nuit (1990)

Les Anges de la Nuit est un film de gangsters américain réalisé par Phil Joanou (Vengeance Froide).

Avant de se lancer dans le cinéma, le réalisateur américain Phil Joanou était surtout connu pour avoir tourné  certains vidéoclips de U2 comme All because of you, One, Bad, Who’s Gonna Ride Your Wild Horses et Sometimes You Can’t Make It on Your Own. Il a également réalisé l’excellent documentaire concernant le groupe irlandais intitulé : Rattle & Hum. Celui-ci retrace la tournée américaine du Joshua Tree Tour ainsi que l’enregistrement de certaines chansons.

Le scénario des Anges de la Nuit est signé du dramaturge américain, Dennis McIntyre. Ce dernier s’est basé sur la véritable histoire du gang irlandais de Hell’s Kitchen, les Westies. Le scénariste a recueilli de véritables anecdotes racontées par des gangsters emprisonnés. Il s’agit là de l’unique scénario écrit par Dennis McIntyre, qui s’est éteint à la suite d’un cancer, six mois avant la sortie du film.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

James Gray et Olivier Marchal ont souvent cité ce film comme étant une source d’inspiration, en l’ayant qualifié de référence dans le domaine du polar au cinéma. En plus de ça, la distribution est plus qu’alléchante et Phil Joanou a tout de même quelques bons films à son actif. Les Anges de la Nuit est souvent considéré comme son meilleur long métrage.

Un petit mot sur l’histoire ?

Après 12 ans d’absence, Terry Noonan revient à Hell’s Kitchen, le quartier irlandais le plus mal famé de New York, menacé désormais par les gangs et la mafia italienne. Il renoue contact avec son vieil ami Jackie Flannery, son frère Frankie, le plus gros racketteur du quartier et sa sœur Kathleen, son amour de jeunesse. Rapidement, Terry rejoint ses anciens camarades pour les aider à racketter les commerces du voisinage.

Les premières minutes ?

Le film intrigue dés les cinq premières minutes où l’on voit un deale qui tourne mal. On se demande justement pourquoi et qui sont ces hommes ? Ensuite, une ellipse de 12 ans est placée et elle correspond à l’absence de Terry (Sean Penn) dans son quartier natal. Phil Joanou montre déjà l’importance des décors pour créer son atmosphère sombre et cafardeuse. Pour la mise en ambiance, le réalisateur a quelqu’un qui l’aide bien aussi, en la personne d’Ennio Morricone. Sa musique nous empreigne immédiatement et en même temps que les images.

Le duo Oldman/Penn nous séduit déjà, l’un est fiévreux et imprévisible tandis que l’autre inspire plus la sérénité et la réflexion. Un contraste subtile qui amène un véritable sentiment d’amitié entre les deux protagonistes.

Le casting ?

Pour son premier polar, Phil Joanou s’est constitué une distribution de luxe. En tête, Sean Penn trouve un rôle à sa mesure. Il interprète merveilleusement cet homme rongé par la dualité des choix qu’il a faire. Il s’agit sans aucun doute d’un des ses meilleurs premiers grands rôles au cinéma.

A ses côtés, Gary Oldman est impérial ! L’acteur britannique décoche une composition époustouflante sous les traits de Jackie Flannery. Il dégage une telle fièvre additionnée d’une certaine détresse et sensibilité. Honnêtement, il méritait une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

Ed Harris est impeccable et imposant dans la peau du grand ponte du quartier. On sent que depuis Abyss, l’acteur américain a pris une toute autre dimension dans sa manière d’interpréter ses personnages en y amenant plus fermeté et de nuance dans son jeu.

La touche féminine est hautement assurée par la sublime Robin Wright, qui trouve ici son premier grand rôle au cinéma. Elle se révèle comme une actrice ayant un réel potentiel (la suite de sa carrière nous l’a amplement prouvé) et elle incarne efficacement le lien entre les trois gangsters.

John C. Reily, John Turturro et Joe Viterelli apportent un relief secondaire mais convaincant à la distribution.

Et au final ça donne quoi ?

Il s’agit sans aucun du meilleur long métrage de Phil Joanou, qui est à la fois précurseur d’une nouvelle forme du polar atmosphérique et un véritable hommage au cinéma de Martin Scorsese, Sidney Lumet ou encore Don Siegel. A mes yeux, Les Anges de la Nuit figure à présent comme un très grand film, et proche du chef d’oeuvre. Je comprends à présent pourquoi des réalisateurs comme Oliver Marchal, James Gray ou encore James Mangold cite ce film comme référence du genre.

La mise en scène agît comme une espèce de cage, elle cloitre le spectateur au milieu du quartier d’Hell’s Kitchen avec pour compagnie les gangsters qui y font la loi. Le réalisateur prend soin de mettre en avant l’environnement grisonnant et froid qui entourent les différents personnages, même ceux qui aimeraient s’en écarter. On s’imprègne de cette atmosphère oppressante et hostile. La caméra de Phil Joanou se veut posée et intimiste, ce qui favorise évidemment l’aspect sombre ainsi que l’immersion au sein du long métrage.

Pour son seul et unique scénario pour le cinéma, Dennis McIntyre a réussi à composer une histoire intense et passionnante, avec des personnages attachants, bouleversants et détestables aussi. Les enjeux de chacun s’intriquent dans une cohérence d’ensemble, ce qui entraine évidemment des étincelles entre les personnages. Ce que l’on peut reprocher c’est la révélation sur Terry qui intervient un peu trop tôt à mon goût. Il y a un souffle authentique qui a sans aucun doute inspiré Phil Joanou dans sa manière d’appréhender la mise en scène.

Ennio Morricone signe une bande originale sublime et mélancolique. Le thème principal est tout simplement magnifique, il s’en dégage une certaine tristesse, cela m’a rappelé le Dead Theme des Incorruptibles. Le travail du compositeur apporte comme souvent une réelle dimension à l’ambiance véhiculée par les images.

En résumé, Les Anges de la Nuit est un grand polar méconnu et sous-estimé, qui mérite plus de lumière. Le trio Penn/Harris/Oldman est étincelant !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s