Spun (2002)

Spun est un comédie dramatique américaine réalisée par Jonas Âkerlund (Les Cavaliers de l’Apocalypse).

Il s’agit du premier long métrage du réalisateur suédois, qui est surtout réputé pour la réalisation de vidéoclips. Il a notamment collaboré avec Metallica, U2, Madonna, Roxette ou encore Lady Gaga. A l’origine, Spun devait être un documentaire sur les fabricants et les consommateurs de méthamphétamine. Une idée intéressante mais qui allait subir les lois de la censure, ce pourquoi Jonas Âkerlund s’est dirigé vers le cinéma pour aborder ce sujet sensible et intemporel. Les sociétés Silver Nitrate Films et Brink Films suivent le réalisateur dans le projet et engagent deux jeunes scénaristes avec Creighton Vero et Will de los Santos, qui n’ont à ce jour travailler que sur Spun. Le budget du film est évalué à 2,8 millions de dollars pour un tournage de 22 jours. De par sa réputation dans le domaine du vidéoclip, Jonas Âkerlund a réussi à constituer une distribution prestigieuse pour un film indépendant et à petit budget.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La première fois que j’ai entendu parler de ce film, c’était sur Canal + lors de sa sortie en DVD. Les premières images, le casting et l’histoire m’ont immédiatement attiré. Quelques mois après sa sortie, j’ai eu la chance de l’obtenir en DVD pour 1 euro. Je ne vais pas le cacher, à lors de ma première visualisation, j’ai pris une claque. Un film survitaminé où l’humour et le drame s’entremêlent, imaginez Requiem for a dream et Trainspotting mais encore plus frappé !

Un petit mot sur l’histoire ?

Ross, un chômeur de 20 ans qui vient de rompre avec sa petite amie, traîne dans la maison de son dealer, Spider Mike, où il rencontre Nikki, une strip-teaseuse. En la raccompagnant en voiture, il fait la connaissance de Cook, son petit ami, qui fabrique de la méthamphétamine dans un motel. Acceptant de servir de chauffeur à Cook en échange de quelques doses, il s’embarque alors dans une virée de trois jours sans sommeil…

Les premières minutes ?

Dés le départ, le réalisateur suédois affiche clairement ses influences pour sa mise en scène. On passe par Danny Boyle, Darren Aronofsky ou encore Stanley Kubrick. L’immersion est immédiate au milieu de la bande déjantée accro à la méthamphétamine. Ce petit monde baigne au milieu de la crasse, de l’errance et l’irrationnel. A l’image du côté speed des protagonistes, la mise en scène suit la cadence cadence par ses prises de vues, son montage et ses effets.

Est-ce qu’on est dans du réchauffé ? Non, ce que l’on peut voir dans les vingt premières minutes n’indiquent pas un simple réchauffé. Les personnages sont totalement barrés, tout comme l’histoire qui les entoure, et la réalisation de Jonas Âkerlund se démarque tout de même des autres classiques du genre. La dramaturgie du propos est subtilement traitée, soit par la musique, les situations et les répliques. Il y a un camouflage, on passe par l’humour pour une histoire mélancolique et sombre. On s’attache facilement aux personnages, qui véhiculent de l’absurde, du dégoût mais aussi une certaine tendresse.

Le casting ?

Il s’agit sans aucun doute d’un des maillons forts de ce long métrage. Jonas Âkerlund peut remercier l’ensemble de sa distribution qui a réalisé une véritable performance collective. Chacun est grimé, à contre-emploi et se montre particulièrement convaincant.

Sous les traits de Ross, Jason Schwartzman est aussi stressant qu’attachant. Il se montre investi par son personnage, notamment dans sa gestuelle et son regard. Il incarne efficacement le mec pommé qui s’accroche à peu de choses pour donner un sens à sa vie. Même si il en impose beaucoup moins qu’un Mickey Rouke ou un John Leguizamo, Jason Schwartzman dégage une certaine sensibilité ce qui rend sa composition assez tendre par rapport à ses partenaires, mais aussi ce qui correspond à son personnage.

Mickey Rourke apporte son charisme naturel au service d’un rôle qui lui va à merveille. Il tient une couche pleine de machisme et de perversité, qui cache une certaine douleur profonde.

Brittany Murphy est à son aise dans les pompes de Nikki, une femme tout aussi pommée que Ross qui renferme elle aussi quelques mésaventures passées. John Leguizamo est complètement survolté en petit revendeur raté. Mena Suvari (American Beauty) est méconnaissable dans la peau de Cookie.

Patrick Fugit (Gone Girl) est excellent en espèce d’ados retardé. Alexis Arquette incarne un flic au physique similaire à Freddie Mercury et il forme un sacré tandem avec Peter Stormare (Fargo).

On retient également les caméos de Rob Halford (Juda Priest), Tony Kaye (American History X), Eric Roberts ou encore Déborah Harry (Vidéodrome).

Et au final ça donne quoi ?

Jonas Âkerlund réussit ses premiers pas au cinéma avec cette comédie dramatique, à la fois délirante et assez touchante. Son long métrage se range aux côtés de Trainspotting, Human Traffic ou encore Las Vegas Parano. Il aborde la drogue et sa dépendance avec humour et délires dans un premier temps, pour ensuite s’approcher délicatement des démons profonds qui habitent les différents personnages.

La mise en scène s’avère assez décapante, sans pour autant totalement révolutionner le genre. Le réalisateur établit tout d’abord une espèce de tornade délirante, pour ensuite se diriger vers un faux calme, qui mène à la descente. Techniquement, Jonas Âkerlund se montre solide et inspiré. Prises de vue, effets graphiques, montage virevoltant, cela agît comme un espèce de tourbillon où l’on se marre mais qui amène sur une certaine souffrance émise par les personnages. La conclusion est simple et cohérente avec le reste.

Au niveau de l’écriture, c’est plus que correct. Nous avons des personnages haut en couleur avec pour chacun un objectif à atteindre et une cicatrice à vif. Le scénario traite aussi de la télé-réalité de manière humoristique qui reflète tout de même de une triste réalité. On sent que l’aspect semi-documentaire est omniprésent en fond de toile, même si les scénaristes ont misé avant-tout sur les personnages, leurs choix (bons et mauvais) en abordant un fait passé marquant pour The Cook (Mickey Rourke), Nikki et Ross.

La bande originale est signée Billy Corgan, qui apporte un souffle posé et mélancolique correspondant au personnage principal. En complément, on a du Ozzy Osbourne, T-Rex ou encore Donovan, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

En résumé, Spun est un film qui va à 100% dans son délire à l’image de son casting, sans trop vraiment s’éloigner de la réalité. Le genre de long métrage méconnu et sous-estimé, qui mérite à devenir culte.

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