The Yards (2000)

The Yards est un polar américain co-écrit et réalisé par James Gray.

Six ans après avoir remporté le Lion d’Argent à la Mostra de Venise, James Gray se lance dans un deuxième film noir relatant les relations quasi-maffieuses dans les entreprises du métro new-yorkais intitulé : The Yards.

A sa sortie en salles, le film connaît un échec commercial cuisant avec seulement 889 000 dollars rapportés sur un budget de 24 millions de dollars. Le public n’est pas au rendez-vous, malgré les éloges critiques dont le film fait l’objet. Aujourd’hui, on le qualifie même d’être un des meilleurs polars de dans l’histoire du cinéma américain.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’ai vu The Yards à sa sortie en DVD et j’en garde un souvenir assez flou. A l’époque, je l’ai vu sans la réflexion nécessaire pour comprendre réellement le film, ses enjeux aussi scénaristiques qu’artistiques. Aujourd’hui, j’ai un peu plus de billes en ma possession pour voir ce film et porté un jugement construit et argumenté. La distribution est impressionnante et James Gray a confirmé sur plusieurs longs métrages qu’il était un grand réalisateur. Au fil des années, ce polar devient une référence et il est temps de vérifier si c’est réellement le cas.

Un petit mot sur l’histoire ?

Leo Handler vient de sortir de prison, il rentre chez lui avec la ferme intention de rester dans le rang. Le nouveau mari de sa tante, Frank, dirige l’Electric Rail Corporation, la société gérant le métro dans le Queens. Celui-ci lui donne du travail et Willie son fidèle ami l’initie aux méthodes de la société. Leo est témoin des méthodes mafieuses de cette florissante entreprise ; très vite il devient le porteur d’un secret qui fait de lui la prochaine cible de sa propre famille.

Les premières minutes ?

James Gray pose la cadre urbain du Queens, le quartier de son enfance. On y découvre Léo (Mark Wahlberg), seul dans un wagon. De l’autre côté du quartier, une fête est organisée pour son retour après des mois de détention. Le réalisateur affiche clairement un paradoxe, une famille qui apparait comme unie mais qui ne va pas chercher l’un des siens à sa sortie.

On éprouve déjà une certaine tendresse pour la relation entre Léo et sa mère (Ellen Burstyn). L’ensemble du casting se montre déjà convaincant et attachant.

Le premier quart d’heure se conclut sur l’adaptation de Léo au sein de la vie active et de sa famille. La patte James Gray est omniprésente en extérieur (rue) comme en intérieur (appartement, discothèque). Des éléments que l’on retrouve sur chacun des polars du réalisateur et également dans l’excellent Two Lovers.

Le casting ?

Wahou ! James Gray n’a pas fait les choses à moitié avec sa distribution. Mark Wahlberg se montre à son aise en repris de justice torturé par un amour interdit. Il s’agit de son premier grand rôle dramatique au cinéma et cela lui a ouvert les portes pour chez Martin Scorsese avec Les Infiltrés et une seconde collaboration chez James Gray avec La Nuit nous appartient.

A ses côtés, Joaquin Phoenix est tout simplement impeccable. Une performance toute en nuances, comme on en a aujourd’hui l’habitude. On comprend que le cinéaste new-yorkais l’a qualifié comme son acteur fétiche.

Charlize Theron apporte son charme et palette émotionnelle, comme c’était le cas dans L’associé du diable et Les chemins de la dignité.

Faye Dunaway et Ellen Burstyn inspirent toujours aussi bien la maitrise de leur métier.  Pour finir, James Caan est tout simplement impérial ! Un tel naturel dans son jeu ajouté à son charisme, ça nous donne encore une prestation remarquable pour l’acteur américain.

Et au final ça donne quoi ?

Avec ce deuxième long métrage, James Gray rend clairement hommage au cinéma avec lequel il a grandi, celui de Coppola, de Scorsese ou encore de Lumet. The Yards inspire de la maitrise, de la passion et de l’amour.

Comme il l’avait montré dans Little Odessa et La Nuit nous appartient, le réalisateur pose son regard dans son quartier natal pour nous dévoiler sa facette noire où les magouilles, la mafia et la politique s’entrechoquent. Sa mise en scène fait corps avec les différents environnements. La lumières, les ombres et les décors sont pris en compte sur chaque plan, comme en témoigne les scènes nocturnes ou encore celles situées dans des recoins. L’atmosphère est soignée, on part d’un aspect grisonnant qui vient d’assombrir au fil des événements. La photographie d’Harris Savides épouse à merveille la vision de James Gray.

Au niveau de l’écriture, James Gray et Matt Reeves (La Planète des singes : Suprématie) s’allient pour une histoire passionnante et des personnages magnétisants. On retrouve les thématiques de la vengeance, de la famille et du dilemme entre deux camps. Les enjeux sont orchestrés intelligemment, sans tomber dans le trop-plein du classique ou les incohérences. La psychologie de chaque personnage est traitée, les scénaristes n’ont rien laissé de côté. Dans une telle dramaturgie, personne n’est lésée, ce qui une nouvelle fois cohérent.

Howard Shore signe une sublime bande originale en adéquation totale avec les images et les personnages de James Gray. Certaines sonorités rappellent Le Parrain, notamment sur le titre Queensborough Hall.

En résumé, The Yards est une œuvre noire à la fois magnétique et intelligente.  James Gray signe un grand polar avec un grand et beau casting.

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