Une famille syrienne (2017)

Une famille syrienne est un film dramatique belge  écrit et réalisé par Philippe Van Leeuw.

Le film a été présenté à la Berlinale et au Festival d’Angoulême où il a été récompensé par le prix du public, le prix de la mise en scène et le prix de la meilleure actrice.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

C’est avant-tout par curiosité que j’ai souhaité voir ce long métrage. Je n’ai rien lu, ni vu la bande annonce, seule l’affiche et son titre m’ont interpellé. A première vue, j’ai pensé à un film d’animation, puis les premières minutes m’ont indiqué que ce n’était pas le cas. Je me suis lancé en terre inconnue pour une découverte et peut être une agréable surprise…

Un petit mot sur l’histoire ?

Dans la Syrie en guerre, d’innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir.

Les premières minutes ?

Le long métrage s’ouvre en portant notre attention sur le son, celui de chant d’oiseaux matinal étouffé par les hélicoptères et les bombardements. Ensuite, on pénètre dans un appartement où la peur se lit clairement sur le visage d’un vieil homme. Le réalisateur nous saisit dés les premiers instants, notamment par le premier drame qui touche les locataires.

La tension est constante, on sent que tout peut arriver à ces gens sans histoire, qui se retrouvent cloitrés entre quatre murs. On est pris au piège autant que les protagonistes, une immersion intense et imprévisible.

Le casting ?

Hiam Abbass est tout simplement impeccable et bouleversante en mère courageuse prête à tout pour protéger les siens.

A ses côtés, ­Diamand Bou Abboud interprète de manière plus que convaincante, une jeune mère qui veut fuir et ainsi vivre une nouvelle vie avec son bébé et son mari. Malheureusement, ce conflit va changer la donne et va marquer au fer rouge la vie de la jeune femme. Juliette Navis vient fermer ce triangle de femmes fortes avec conviction. Trois portraits différents qui ont pour seul but de survivre avec les leurs.

Le reste de la distribution est tout aussi solide, notamment du côté des enfants.

Et au final ça donne quoi ?

Philippe Van Leeuw livre un huis clos sec et bouleversant. Un regard qui plonge le spectateur au sein du piège de la guerre, celui qui clôture les habitants à la merci de l’imprévisible. Le réalisateur s’intéresse belge principalement sur l’humain et l’évolution de ses actes au fil des heures, à mesure que la menace est proche.

Dans un premier temps, la mise en scène se veut baladeuse avec un regard à l’extérieur, pour ensuite devenir étouffante et cauchemardesque.  On est dans l’intime, au plus près de personnes qui subissent la guerre sans trouver l’issue. Le spectateur constate la violence physique et psychologique d’un conflit sur des gens qui menaient une vie paisible. C’est une vision réaliste du monde d’aujourd’hui, des dommages collatéraux qui détruisent la vie de civils sans histoire. Je pense que Philippe Van Leeuw tenait également à montrer pourquoi il y a des réfugiés à travers le monde. La cause évidemment l’atrocité et l’absurdité de la guerre.

Bien évidemment d’autres réalisateurs l’ont fait avant lui, mais il est toujours important de faire des piqures de rappel, surtout quand la manière est au rendez-vous. Cette peur constante, on la vit à travers le regard de trois femmes, un vieil homme et des enfants. On est loin du regard des hommes, au contraire Philippe Van Leeuw a composé intelligemment ces différents angles. Ici, l’homme symbolise aussi bien l’espoir de s’en sortir qu’une menace pour cette « famille ».

En résumé, Une Famille Syrienne frappe où il faut, comme il faut. Un drame oppressant qui ne laisse pas indifférent avec une distribution solide.

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