Les Innocents (1961)

Les Innocents est un film d’épouvante britannique réalisé et produit par Jack Clayton.

 Le dramaturge William Archibald  (qui avait déjà signé une version théâtrale du Tour d’écrou) et Truman Capote ont été chargés d’écrire l’adaptation cinématographique de la nouvelle fantastique Le Tour d’écrou, signée Henry James. D’ailleurs, le film a été récompensé par le prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Les Innocents a été programmé à la nuit de l’étrange et du fantastique à la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières. L’occasion parfaite pour découvrir ce film, considéré comme un grand classique du cinéma d’épouvante des années 60.

Un petit mot sur l’histoire ?

Miss Giddens, une gouvernante, se voit chargée par un riche célibataire de l’éducation de son neveu Miles et sa nièce Flora, jeunes orphelins qui vivent seuls dans un manoir avec leur nourrice Miss Grose. Miss Giddens perçoit d’étranges comportements de la part de ses protégés. Elle apprend que la précédente préceptrice, Miss Jessel, a eu une relation avec le valet Quint, et que tous deux sont morts dans d’étranges circonstances. Peu après, elle voit apparaître leurs fantômes dans le manoir et le jardin, avant de finir par croire que ces esprits tentent de posséder les deux enfants.

Les premières minutes ?

Le long métrage s’ouvre avec une voix envoutante chantant a capella un air musical à la fois mélancolique et mystérieux.

Le premier quart d’heure se centre sur la présentation des différents personnages. On assiste tout d’abord à une rencontre. D’un côté, un oncle (Michael Redgrave) qui apparait comme un homme d’affaires intimidant et franc. De l’autre, Miss Giddens (Deborah Kerr), une femme sublime et réservée. L’oncle n’apprécie pas vraiment les orphelins dont il a la charge, c’est pourquoi il souhaite s’en décharger auprès la dame.

Cette première scène inspire déjà à quelque chose de mystérieux, de part l’attitude de l’oncle et du fait qu’il ne vient jamais dans sa propriété rurale où sont logés son neveu et sa nièce. Autre petit détail intriguant, l’ancienne gouvernante est décédée sans que l’on en connaisse la cause.

Une fois l’arrivée de Miss Giddens au sein de la propriété,  elle y rencontre la petite Flora près de l’étang. Celle-ci apparait comme une petit fille intelligente et joyeuse. Quant à la nourrice Miss Grose, elle colle avec le lieu  avec un brin de mystère. On sent qu’elle connait et à vécu des choses passées dans cette maison.

La non-présence du jeune Miles inquiète, d’autant que ce dernier vient de se faire renvoyer de son école pour des raisons assez floues.

Le casting ?

Dans la peau de la gouvernante troublée, Deborah Kerr se montre particulièrement convaincante. Son interprétation suit parfaitement le crescendo intense que subit son personnage.

Les jeunes Martin Stephens et Pamela Franklin sont tout aussi performants. Ils tiennent tous les deux bien leurs rôles, sans nul doute que la direction de Jack Clayton y est pour quelque chose.

Sous les traits de la nourrice, Megs Jenkins remplit comme il faut son rôle. Elle nous laisse entrevoir certains secrets, sème le doute sur elle, les enfants, l’oncle, la maison et surtout le passé.

Et au final ça donne quoi ?

Quel film ! Sans nul doute, l’un des films d’épouvante les plus intéressants que j’ai pu voir depuis longtemps. Brillant et intelligent aussi bien sur le fond que sur la forme. Jack Clayton se montre audacieux et il est évident que ce film a donné un nouvel élan au genre à l’époque. Pas étonnant que Martin Scorsese et Brian De Palma le considère comme l’une des meilleures œuvres horrifiques du cinéma.

Un an après Psychose d’Alfred Hitchock, Jack Clayton se montre tout aussi ambitieux avec Les Innocents. Aux premiers abords, sa mise en scène apparait assez classique, mais se révèle ensuite d’une grande ingéniosité. Le choix du noir et blanc n’est pas une question de budget, mais bel et bien un parti pris artistique de la part du réalisateur. Cette caractéristique permet de travailler sur les effets d’ombres et de lumières, parfaitement appuyé par la photographie de Freddie Francis (Elephant Man). Cela donne également plus de cachet aux décors et évidemment à l’atmosphère angoissante du long métrage. Jack Clayton met également l’accent sur l’aspect sensoriel, notamment avec les effets sonores et voix. Les plans fixes comme les séquences mobiles sont réfléchis pour donner une intensité et une émotion particulière. La psychologie des personnages est habilement mis en avant sur un rythme adéquat. Le réalisateur britannique joue avec son spectateur, et le plonge dans un flou où chacun se fera son interprétation.

La richesse du scénario aussi bien au niveau fantastique que psychologique, donne à Jack Clayton l’opportunité de semer le trouble. Tout d’abord, les personnages sont hautement caractérisés et l’évolution psychologique de ces derniers est orchestrée avec intelligence. En première ligne, on a Miss Giddens qui se révèle être perdue entre sa raison, ses pulsions et la perversité dont elle fait l’objet. Ensuite nous avons les esprits de Peter Quint et Miss Jessel, qui occupent chaque partie de la propriété, mais surtout les deux enfants Miles et Flora. C’est sur ce point que William Archibald, Truman Capote et John Mortimer réussissent à déstabiliser aussi bien les différents personnages que le spectateur. Autre gros point fort de ce scénario, c’est libre choix à l’interprétation.

En ce qui concerne la musique, on retient évidemment ‘O Willow Waly’ qui est omniprésent dans le film. Ce thème appuie parfaitement le sentiment étrange et malsain régnant au sein de cette histoire.

En résumé, Les Innocents est une perle du cinéma fantastique à l’ancienne. La plume et la caméra sont menées avec audace et subtilité.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. roijoyeux dit :

    encore une perle du cinéma classique, très belle description et je suis d’accord, notamment sur le talent des acteurs, il y avait des talents plus naturels à cette époque

    Aimé par 1 personne

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