Excalibur (1981)

Excalibur est un film d’héroïc-fantasy américano-britannique, basé sur la Légende arthurienne, co-écrit et réalisé par John Boorman.

Pour John Boorman, l’idée de réaliser un film sur la légende arthurienne date de 1969. Sauf qu’à l’époque, United Artists lui propose plutôt de travailler sur l’adaptation du Seigneur des anneaux. Le réalisateur et son scénariste Rospo Pallenberg compose un script de trois heures refusé par les producteurs à cause que le film serait trop coûteux.
John Boorman et Rospo Pallenberg reviennent à leur idée de film sur la légende d’Arthur. Ils soumettent un scénario  correspondant à un film de quatre heures trente, qui paraît trop long pour la Warner. Le script est alors retravaillé pour un film avoisinant les deux heures trente. Le budget est évalué entre 11 et 12 millions de dollars pour un tournage de vingt semaines en Irlande.

Excalibur a été présenté en compétition officielle au festival de Cannes 1981 et reçoit un accueil mitigé lors de sa sortie en salles. Aujourd’hui, l’œuvre de John Boorman est considérée comme une référence dans le genre héroïc-fantasy.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Il était temps pour moi de découvrir ce classique, dont on m’a souvent fait les éloges. Le cinéma de John Boorman s’est toujours montré ambitieux, que ce soit avec Délivrance, Duel dans le Pacifique ou encore La Forêt d’Émeraude. Il est donc d’être intrigué par sa vision de la Légende du Roi Arthur et d’Excalibur, surtout quant on voit le casting quatre films.

Un petit mot sur l’histoire ?

Uter Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. A la mort d’Uter, l’épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uter parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-soeur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d’Arthur qui va le pousser à sa perte…

Les premières minutes ?

L’ambiance médiévale et féérique est réussie, John Boorman mise sur les costumes, des décors kitchs et la théâtralisation. On peut voir tout de suite que le réalisateur se veut être le plus authentique possible. Les effets spéciaux sont minimes, ce qui ne donnent pas trop de rides au long métrage.

La musique de Trevor Jones prend une place importante d’entrée, elle apporte un souffle épique aux images violentes et magiques. Le premier quart d’heure a du charme malgré quelques poussières notamment sur la mise en scène.  John Boorman va à l’essentiel, tout en accompagnant son spectateur. On ne se perd pas dans les personnages, les enjeux, la magie, la violence et la perversité du Moyen-Âge.

Le casting ?

Dans l’ensemble, John Boorman a misé sur les bons acteurs et actrices pour ce film. On retient tout d’abord un très bon Nicol Williamson sous les traits de Merlin. Face à lui, Helen Mirren est parfaite en Morgane. Il faut savoir que le cinéaste américain les a choisi tous les deux car ils n’ont jamais été en très bon terme depuis qu’ils ont joué ensemble dans la pièce Macbeth. Boorman voulait une véritable opposition entre Merlin et Morgane, et a donc sur ce mauvais relationnel pour parvenir à ses fins.

Pour le rôle d’Arthur, j’ai été assez surpris par Nigel Terry qui se révèle au fur et à mesure que son personnage évolue. Malgré son interprétation satisfaisante, j’aurais aimé voir un acteur plus charismatique pour ce rôle.

Pour Guenièvre, Cherie Lunghi est assez convaincante même si son personnage n’a pas véritablement d’étoffe. Nicholas Clay incarne un Lancelot intéressant, mais là encore il n’est pas assez charismatique.

Liam Neeson, Gabriel Byrne et Patrick Stewart apparaissent peu de temps mais reste en tout cas très convaincants. On aurait aimé les voir plus en avant.

Et au final ça donne quoi ?

Malgré qu’il approche les quarante ans, Excalibur est une œuvre qui a conservé sa richesse et son ambition. Bien sûr, tout n’est pas parfait, John Boorman a usé de pas mal de raccourcis qui nuisent un peu au développement de la légende d’Arthur et des personnages. Dommage que la Warner n’ait pas voulu miser à l’époque sur une trilogie, le réalisateur aurait certainement pu nous pondre une saga encore plus épique et plus riche scénaristiquement parlant.

Au niveau de la réalisation, Boorman a travaillé avec soin les différentes ambiances. Aujourd’hui, ça sonne un peu vieillot mais cela reste tout de même esthétiquement très intéressant. Le style moyenâgeux croise subtilement celui de la féérie. La photographie se montre efficace dans les scènes d’intérieurs. Comme pour Conan, le barbare, on retrouve une certaine violence et perversité. On peut reprocher un montage un peu trop scindé, sans véritable transition. Cela renvoie évidemment à la construction narrative du scénario et des coupures qu’il a subi.

John Boorman et Rospo Pallenberg ont composé un scénario riche, beaucoup trop riche pour être totalement développé sur un film de deux heures quinze. La première partie est plutôt bien orchestrée, à défaut d’une seconde bien trop sous-traitée. John Boorman souhaitait aller à l’essentiel sauf qu’il laisse passer à la trappe des maillons accrocheurs et certains personnages. En dehors de ça, la légende arthurienne est plutôt bien retranscrite.

La musique de Trevor Jones fusionne avec le travail de Boorman. Épique, tragique et féérique, le score est aussi garni que tout le reste. Le Carmina Burana de Carl Orff donne des envolée parfaites au long métrage, tout comme les compositions de Richard Wagner.

En résumé, Excalibur est logiquement une référence de l’héroïc-fantasy au cinéma. Toutefois, elle aurait pu être bien plus sous la forme d’une trilogie.

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