Sur la route (2012)

Sur la route (On the Road) est un road movie franco-américano-canado-brésilien réalisé par Walter Salles, adapté du roman éponyme de Jack Kerouac.

Le projet d’adaptation cinématographique du roman de Jack Kerouac, est né il y dès la fin des années 50. L’écrivain lui-même souhaitait voir son histoire à l’écran avec Marlon Brando et James Dean en tête d’affiche. En 1968, Francis Ford Coppola achète les droits du roman.

Le papa d’Apocalypse Now pense tout d’abord réaliser le film avec son fils Roman. Par la suite, Francis Ford Coppola fait appel à des réalisateurs comme Joel Schumacher, Jean-Luc Godard ou encore Gus Van Sant. C’est en découvrant Carnets de voyage que Coppola a pris la décision de contacter Walter Salles et le confier les commandes du projet.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Je garde un souvenir plutôt agréable de ce long métrage. Une histoire passionnante, des personnages attachants portés par une sublime distribution. Je tenais à le revoir pour me faire peut être un nouvel avis plus posé et affiné.

un petit mot sur l’histoire ?

Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, un apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, un jeune ex-taulard au charme ravageur, amant de la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

Les premières minutes ?

L’air fredonné par Sal (Sam Riley) en intro, nous donne déjà un petit aperçu du ton du film et du personnage. Il est notre guide pour cette histoire, son histoire. Dans un premier temps, il narre ses malheurs pour ensuite embrayer sur sa rencontre avec Dean et Marylou. L’apprenti écrivain est fasciné et séduit par ce couple fiévreux et amoureux de la liberté. Ils symbolisent la porte de sortie pour Sal, qui sortait d’un long deuil et aussi d’un manque d’inspiration pour ses premiers pas dans l’écriture.

Alors que le jeune homme reprend tout doucement goût à la vie, il voit Dean, Marylou et son ami Carlo quitter New-York pour la ville de Denver. Quelques jours se passent, Sal retombe peu à peu dans la mélancolie, jusqu’à ce qu’il reçoit une lettre de Dean lui demandant de venir les rejoindre à Denver. Sal saisit l’opportunité et prend la route.

C’est ainsi que se conclut le premier quart d’heure, celui-ci à l’image des trois protagonistes principaux. Walter Salles propose une mise en scène assez classique portant légèrement sur le vintage.

Le casting ?

On peut dire que pour cette adaptation, Walter Salles s’est entouré d’une sacrée distribution. A commencer par Garett Hedlund, qui est tout simplement impeccable dans la peau du beau mec qui prône la liberté tout en camouflant ses blessures. Il s’agit sans aucun doute d’un des plus beaux rôles de sa carrière. 

Sous les traits de l’apprenti écrivain en quête d’évasion, Sam Riley se montre parfaitement à la hauteur. On pense évidemment à sa performance dans l’excellent Control, dont on fera bientôt une critique. Cet acteur se fait bien trop discret alors qu’il a un talent fou.

Au milieu de ces deux acteurs talentueux, Kristen Stewart se démarque enfin de son image de petite Vampirette innocente. C’est à partir de ce film, que l’actrice a donné un virage intéressant à sa carrière. Sous les traits de Marylou, elle est sublime, fiévreuse et inspire subtilement à une tristesse cachée.

Le reste du casting est tout aussi étincelant. Même si on ne les voit qu’une poignée de minutes, Amy Adams, Alice Braga, Viggo Mortensen, Kirsten Dunst et Tom Sturridge sont impeccables.

Il est rare d’avoir un tel résultat avec une distribution aussi prestigieuse. Chacun colle et croit à son personnage, et il s’agit d’une des grandes forces du long métrage.

Et au final ça donne quoi ?

Walter Salles réussit une adaptation fidèle de l’œuvre de Jack Kerouac, sans pour autant lui donner un véritable relief à l’écran. Il était important d’être respectueux du roman, mais il aurait été intéressant de travailler sur une forme moins conventionnée. D’ailleurs, c’est ce qui a été reproché au film lors de sa présentation au Festival de Cannes en 2012. Le réalisateur brésilien s’appuie principalement sur sa distribution.

Le grand reproche que l’on peut faire à ce long métrage, c’est donc la mise en scène. Walter Salles se contente de coller au style classique du road movie sans vouloir lui apporter quelques chose de neuf. Heureusement que le talent des acteurs et des actrices apportent ce qu’il faut pour que l’on ne décroche pas. Il faut l’avouer, le rythme est lent, le montage est plat, alors que l’on ne demande qu’à être embarquer par cette ivresse de la vie qu’éprouve les personnages. Au lieu de ça, c’est mou…

En ce qui concerne le scénario, José Rivera a quant à lui compris l’essence du roman. Pourtant, le scénariste à travaillé avec le réalisateur sur Carnet de voyage. En tout cas, son travail d’adaptation est très intéressant, notamment sur les personnages féminins et les moments fragiles qui remettent en question les mots liberté et aventure. Les réussites scénaristiques marquantes sont Sal dans son ensemble ainsi que la complexité des relations amoureuses et passionnelles.

La bande originale de Santaolalla est électrisante, rythmée et d’un jazzy génial. Encore une fois, ça ne demandait qu’à avoir du cachet à l’écran. Cela en a un peu sur les deux scènes dans les clubs, et encore ce n’est pas aussi fiévreux et enivrant que cela devrait être.

Ce second visionnage m’a permis de réévaluer ce film. Sur la Route se devait être un plus électrique et plus novateur sur la forme. En dehors de ça, on a une magnifique histoire, de beaux personnages et un casting impeccable.

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