Princesse Mononoké, une sublime et grande mise au vert.

Princesse Mononoké est un film d’animation fantastique japonais écrit et réalisé par Hayao Miyazaki sorti en 1997 au Japon. C’est seulement en 2000 que le film sort sur les écrans français. La bande originale est signé Joe Hisaishi , il s’agit de la sixième collaboration entre le réalisateur et le compositeur.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

La sixième séance des abonnés a conclu sur Princesse Mononoké, qui n’est autre que LA référence dans la filmographie d’Hayao Miyazaki , en tant que fan d’animation japonaise c’est avec un grand plaisir que de revoir cette œuvre culte.

Un projet qui a pris son temps :

Princesse Mononoké est un projet de longue date , c’est en 1983 dans un recueil de croquis d’Hayao Miyazaki ( Imêji-Bodo-Shu) que Mononoké est évoquée pour la première fois. En 1993 le livre est réédité afin de relancer le projet. Miyazaki décide cependant de changer en profondeur la trame du récit pour ne conserver que l’époque si chère à son cœur. L’écriture du scénario commence en 1994 , cela dit l’auteur , qui manque d’inspiration, décide de faire une pause et ne finit son scénario que l’année suivante. C’est en juin 1997 que le travail d’animation se termine soit un mois seulement avant la sortie du film dans les salles japonaises.

Un petit mot sur l’histoire ?

Le film se déroule durant l’ère Muromachi , Ashitaka jeune prince de la tribu Emishis est frappé par une malédiction après avoir tué un dieu sanglier devenu démon , son bras est touché et se gangrène d’avantage chaque jour. Sur les conseils de la chamane , Ashitaka quitte son village natal afin d’essayer de lever la malédiction qui l’habite. C’est dans cette quête de guérison que le jeune homme rencontre Jiko , Lady Eboshi puis San , une jeune fille élevée par des loups géants vivant dans la forêt.

Les premières minutes ?

Le film s’ouvre sur des images naturelles grandioses , la voix du narrateur évoque les temps anciens où la nature , les animaux et les hommes vivaient en parfaite harmonie. Puis nous apprenons que le temps a passé , l’équilibre s’est brisé poussant les animaux à vivre reclus dans la forêt. Très vite nous faisons la rencontre d’Ashitaka , la malédiction qui touche ce dernier est l’élément déclencheur du récit. Les premières minutes sont sublimes visuellement , on retrouve tout les éléments qui font la patte de Miyazaki , une immersion dans la nature sauvage et magnifique , les créatures fantastiques tels que le Dieu sanglier et la monture d’Ashitaka , Yakkuru. L’introduction promet du grand spectacle.

Les personnages/le doublage ?

Les personnages de Princesse Mononoké sont l’un des gros points forts de l’œuvre , tous sont biens travaillés, profonds et ont de bonne raison d’agir comme ils le font. San premièrement est une jeune femme sauvage prête à tout pour protéger la forêt dans laquelle elle vit avec sa famille de loups , elle est à la fois impulsive , forte et douce. Lady Eboshi est loin d’être une « méchante » classique , c’est une féministe , une guerrière prête à prendre tout les risques pour sauver l’humanité même s’il faut pour ça , commettre des actes atroces envers les divinités de la forêt , c’est un personnage qui se remet énormément en question et qui sait se repentir. Ashitaka quant à lui ne prend jamais partie pour un côté ou l’autre , c’est un jeune homme droit , honnête , dont la seule préoccupation est la paix. Il y a une multitude de personnages secondaires intéressants , Toki notamment , de créatures fantastiques , Moro , la mère louve de San , le dieu-cerf et les kodamas, ces petits êtres de la forêt.

Le personnage de San est doublé par Yuriko Ishida en version originale et par Virginie Méry en version française qui est une doubleuse très productive dans le domaine de l’animation et du jeu vidéo. Ashitaka est doublé par Yoji Matsuda qui a déjà doublé le personnage d’Asbel dans Nausicaa de la vallée du vent , Cédric Dumont l’incarne dans la version française , il s’agit du doubleur récurrent de l’acteur Paul Rudd et il a notamment prêté sa voix à Meier Link dans le film Vampire Hunter D Bloodlust. Yuko Tanaka en v.o et Micky Sebastian en v.f campent le personnage de Lady Eboshi. Le doublage français est de très bonne qualité.

Et au final ça donne quoi ?

Avec Princesse Mononoké , Hayao Miyazaki offre une fable à la fois violente et écologique. Il s’agit de l’un de ses films les plus mélancoliques et matures. Tout les aspects du film sont maîtrisés. Le maître de l’animation japonaise prouve une nouvelle fois qu’il sait créer des héroïnes emblématiques. Le « couple » formé par Ashitaka et San est le plus abouti de l’univers de Miyazaki , après moult péripéties , ils parviennent ensemble à un semblant de paix. L’opposition entre la nature et l’humain est un thème récurrent dans la filmographie du réalisateur , le parallèle avec son film Nausicäa de la vallée du vent est parfois évident notamment au niveau des personnages , dans Mononoké la forêt est un élément si important qu’elle en devient un personnage à part entière. Les horreurs de la guerre nous sont montrés sans détour , le film n’hésite à montrer des membres amputés ou du sang versé à flots. La bande originale de Joe Hisaishi colle parfaitement au récit et renforce la tension avec brio. L’univers visuel du film est extrêmement riche , c’est un vrai régal pour les yeux du début à la fin. Princesse Mononoké remporte un succès retentissent au Japon où il détrône même E.T. de Steven Spielberg et demeure , encore aujourd’hui , l’une des plus grandes réussites commerciales du cinéma japonais. C’est une fresque historique fantastique absolument grandiose.

En résumé, Princesse Mononoké est une ode à la nature , un véritable chef d’œuvre qui n’a pas pris une ride. Mononoké prouve , s’il le fallait encore , que l’animation ce n’est pas que pour les enfants.

Marine D.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. MarionRusty dit :

    C’est vrai que Lady Eboshi est loin d’être une méchante classique, il n’y a pas de manichéisme chez Miyazaki et c’est aussi la force de son oeuvre. Je ne compte plus les fois où je l’ai vu et j’ai hâte que mon fils soit assez grand pour lui montrer, mais bon 7 ans est beaucoup trop jeune ^^’

    Aimé par 2 people

  2. Sev dit :

    C’est juste un chef d’oeuvre, ce film.

    Aimé par 2 people

  3. princecranoir dit :

    Une splendeur. Mais quel film de Miyazaki ne l’est pas ?
    Bel article qui donne envie de retourner se perdre dans cette exotique forêt médiévale.

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  4. Strum dit :

    Grand film, sans manichéisme en effet, comme à l’accoutumée chez Miyazaki même si ce n’est pas mon préféré. Je préfère Le Voyage de Chihiro (son plus grand succès commercial et critique), Nausicaä et Mon Voisin Totoro. Mais comme dit princecranoir, quel film de Miyazaki, à part le premier, n’est pas une splendeur ?

    Aimé par 1 personne

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