Dobermann, le chaos selon Jan Kounen

Dobermann est un  polar français réalisé par Jan Kounen.

Il s’agit du premier long métrage de la par de Jan Kounen, qui s’était notamment illustré à l’époque avec plusieurs courts-métrages comme Le Dernier Chaperon Rouge, Gisèle Kérosène ou encore Vibroboy. Dobermann  est l’adaptation du roman Le Dobermann américain écrit par Joël Houssin. Ce dernier a composé une série de 19 romans sur le Dobermann.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

A mes yeux, Dobermann est un polar décoiffant, ambitieux et maitrisé. L’un des meilleurs films français des années 90, à l’image de son casting exceptionnel et de son réalisateur qui dépoussière le genre. C’est toujours avec un grand plaisir de revoir ce petit bijou noir et enflammé.

Un petit mot sur l’histoire ?

Le Dobermann et sa bande sont des pros de l’attaque de banque et de fourgons blindés. Aussi intéressée par le shoot d’adrénaline que par l’argent, cette bande criminelle est composée de Yann (le Dobermann), Nat (son égérie sourde), Moustique (le petit teigneux), Pitt Bull (Spécialiste des attaques de boutique de luxe à la hache), Manu, l’Abbé, Sonia (le travesti) et Léo.

Christini, un inspecteur psychopathe et sadique, y voit une occasion de se dérouiller un peu. Envoyant promener l’IGS, l’administration et toute sa paperasse, accompagné de l’inspecteur Bauman, il se lance à la poursuite du Dobermann. Aussi bestial que le gang qu’il poursuit, Christini va tout faire pour renvoyer le Dobermann dans un trou bien profond, six pieds sous terre.

Les premières minutes  ?

L’ouverture nous présente une scène où le petit Yann a déjà un lien avec le crime et un doberman, s’ensuit une transition qui nous amène à Yann adulte en plein braquage d’un fourgon. On fait ensuite un petit tour d’horizon des personnages, qui se révèlent déjà haut en couleur. Jan Kounen nous présente immédiatement sa vision, à travers un rythme survolté et une mise en scène qui percute.

Il est clair qu’après le premier quart d’heure, soit on accroche ou soit on n’accroche pas. Le style de Jan Kounen se rapproche du cinéma de Tarantino, et ce n’est pas pour nous déplaire.

Le casting ?

Quelle distribution de choc ! Quatre années après La Haine, Vincent Cassel prouve qu’il est sur la voie d’être un acteur sur lequel il faudra compter sur les années à venir. Il dégage un véritable charisme agencé d’un charme particulier.

Face à lui, Tcheky Karyo est impérial en flic ténébreux qui n’hésite pas à dévorer la ligne jaune. Sa composition est parfaite, à la fois dérangeante et imprévisible. Monica Bellucci se montre surprenante en gitane sourde et muette, capable de faire des étincelles à tout moment.

Antoine Basler est tout aussi barré dans la peau de Moustique. Dominique Bettenfeld est excellent dans le rôle de l’abbé. Romain Duris excelle lui à contre-emploi en incarnant un gitan survolté.

Autre interprétation marquante, celle de Stéphane Metzger en travesti. Chick Ortega et François Levantal sont également de la partie.

Et au final ça donne quoi ?

Premier essai au cinéma et on peut parler de coup de maître pour Jan Kounen. Dobermann cogne dure et avec précision sur le polar hexagonal. Ce que l’on remarque tout au long du film, c’est la cohérence de travail et la cohésion au sein de l’ensemble de l’équipe afin que la vision de Joël Houssin et Jan Kounen soit respectée. A l’image des acteurs, tout le monde s’éclate et s’investit.  On sent les différents échanges, le partage entre chaque individu pour que tout cela fonctionne.

La mise en scène déborde d’énergie trash et clip, c’est comme ça que l’on pourrait qualifier le travail de Jan Kounen. Il allie avec virtuosité certains codes du western, du drame ou encore du cartoon. Certains plans font penser à Kubrick et Tarantino, mais Jan Kounen impose vraiment sa patte derrière la caméra ainsi que sur le dynamisme du montage. Violence, humour noir, comique de situation et perversité viennent s’entrechoquer avec intelligence laissant la place à la dramaturgie. Les décors, les lumières, le maquillage, les costumes participent totalement à la réussite visuelle qu’est Dobermann.

A la plume, Joël Houssin convoque des personnages à la fois décapants, drôles et irritants pour histoire pas comme les autres de gendarmes et de voleurs. En plus de ça, on a le droit à des dialogues étincelants, notamment dans les bouches de Tcheky Karyo et Dominique Bettenfeld. Les différents enjeux sont développés pour chaque personnage, ce qui nous donne des tensions, des objectifs différents et surtout un grand face à face entre Christini et le Dobermann.

Pour la bande originale, Schyzomaniac et François Roy ont misé sur une atmosphère électro afin de coller à la fougue et l’imprévisible soufflé par la mise en scène et les personnages.

En résumé, Dobermann est une œuvre politiquement incorrecte, dotée d’une certaine ambition sans pourtant tomber dans la prétention. Jan Kounen frappe aussi fort et juste que son casting.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

      1. deuxgodillots dit :

        De rien, c’est mérité 🙂

        Aimé par 1 personne

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