The Lost City of Z (2017)

The Lost City of Z est un film d’aventure historique américain écrit et réalisé par James Gray.

Le projet d’adaptation cinématographique du roman La Cité perdue de Z de David Grann est né après la sortie de Two Lovers (2008), James Gray sollicite la Paramount Pictures et Plan B Entertainment pour acquérir les droits d’adaptation du roman et ainsi être commandes de la caméra et de la plume.

Cependant, James Gray voit le projet être repoussé à 2015. Le cinéaste américain décide alors de travailler sur The Immigrant en attendant. A l’origine, Brad Pitt s’était attaché au projet pour interpréter Percy Fawcett et en être le producteur. Benedict Cumberbatch le remplace pour finalement laissé sa place à Charlie Hunnan pour des raisons d’incompatibilité de plannings.

Avant de partir en tournage, James Gray a demandé des conseils à Francis Ford Coppola afin de bien préparer un tournage en pleine jungle. Le réalisateur d’Apocalypse Now a répondu par deux mots « Don’t go » (« n’y allez pas »). Il avait reçu le même conseil de la part de Roger Corman au moment de se lancer dans Apocalypse Now.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

James Gray est un cinéaste dont j’affectionne particulièrement le travail. Il s’impose toujours de nouveaux défis, comme c’est le cas avec The Lost City of Z qui est son projet le plus ambitieux réalisé à ce jour. En ce moment, il prépare un film de science-fiction avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Donald Sutherland et Jamie Kennedy.

Revenons à notre film du jour dont les éloges ont été nombreuses lors de sa présentation dans différents festivals du monde entier. J’avoue être très intrigué par un film d’aventure en pleine Amazonie signé James Gray.

Un petit mot sur l’histoire ?

L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle.

Percy Fawcett est un major britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…

Les premières minutes ?

On nous présente Percy Fawcett comme un homme intelligent et courageux, dont ses ancêtres semblent avoir sali son nom auprès de la haute société britannique. Il veut redorer le blason familial par divers exploits, comme le montre la première scène de chasse. Cela ne suffit pas pour effacer le passé, le major Fawcett reste un homme quelconque aux yeux de l’aristocratie.

James Gray et son équipe font déjà preuve d’un véritable travail de reconstitution et d’authenticité, cela me rappelle un peu ce qu’avait fait Hugh Hudson avec Greystoke. On centralise sur le personnage principal, tout en  mettant en évidence son ambition et son entourage familiale.

Les vingt premières minutes se concluent sur le début de la mission de reconnaissance géographique entre la Bolivie et le Brésil. Dans un premier temps, Percy Fawcett voit cette mission comme un fardeau, mais l’a prend finalement pour une véritable chance de prouver qu’il n’est pas quelconque et qu’il n’est pas comme ses ancêtres.

J’avoue avoir été surpris par la manière dont James Gray nous fait entrer dans son film d’aventure. Il va à l’essentiel, tout en soulignant la caractérisation des personnages, le contexte ou encore l’atmosphère. Je ne m’attendais à un rythme aussi limpide et inspiré. Pour une première réalisation en dehors de ses terres, le réalisateur new-yorkais fait preuve déjà d’une véritable maitrise de son sujet dans ses vingt premières minutes. La suite promet du cinéma comme on aime, spectaculaire, authentique et maitrisé. J’espère ne pas être déçu.

Le casting ?

Dans le rôle de Percy Fawcett, on retrouve un très grand Charlie Hunnam. Pour moi, l’acteur britannique prend clairement du galon à travers son interprétation transcendante de l’aventurier obsessionnel. A mon humble avis, il n’a pas fini de nous surprendre si il continue à collaborer avec des cinéastes aussi talentueux que James Gray.

A ses côtés, Robert Pattinson se montre tout aussi convaincant. Toutefois, j’aurais aimé un peu plus de présence de la part de son personnage. James Gray l’installe vraiment dans un second rôle, alors qu’il y avait peut être le potentiel de le hisser un peu plus haut.

Sienna Miller ne m’a pas réellement capté, elle surfe entre le bon et lisse. Cette actrice manque de charisme et de caractère, j’aurais préféré voir Anne Hathaway ou Hilary Swank sous les traits de Nina Fawcett.

Tom Holland arrive sur la fin, son personnage méritait plus de relief. Là aussi, il y avait le potentiel de hisser sa présence à l’écran. Content de revoir Angus Macfadyen dans un rôle intéressant, cet acteur est tellement sous-estimé alors qu’il a du charisme et qu’il est capable d’être performant.

Globalement, la distribution repond aux attentes, et surtout Charlie Hunnan est étincelant. J’avoue chipoté sur ses partenaires car le résultat est plus que satisfaisant.

Et au final ça donne quoi ?

Un grand défi pour James Gray qui rime avec un nouveau coup de maître. Le cinéaste américain s’est réellement aventuré vers un nouveau genre et de nouveaux pays. Il nous embarque dans un cinéma proche de celui de Francis Ford Coppola, John Boorman ou encore Werner Herzog. Rassurez-vous, on n’est pas dans le copier/coller, James Gray impose sa patte artistique et ses choix, ce qui nous donne une œuvre viscérale, minutieuse et passionnante.

En adéquation avec le script, la mise en scène se divise plusieurs actes distincts et complémentaires. Le réalisateur et son équipe proposent un travail cohérent et fascinant. Tout d’abord, il faut souligner l’envie d’apporter un souffle authentique à l’histoire. La pellicule crépusculaire de James Gray s’accorde parfaitement avec la photographie jaunâtre de Darius Khondji (Delicatessen, Se7en). L’atmosphère sombre et fiévreuse dégage un certain réalisme, aussi pour l’histoire que pour le tournage en lui-même. Il faut également souligner l’efficacité de la direction artistique qui va également dans le même sens et apporte un beau contraste entre l’Angleterre et l’Amérique du Sud.

Venons-en à l’écriture où James Gray s’approprie le roman de David Grann. Il nous dépeint une fresque historique et familiale à travers la passion, l’obsession d’un homme pour l’aventure, la valeur humaine et la reconnaissance. On sent la volonté du cinéaste de nous offrir une grande histoire avec des grands personnages. Malheureusement, je trouve que les personnages secondaires sont peu développés. Il a vraiment centralisé sur Percy Fawcett, qui est un choix tout à fait louable, mais il aurait encore plus intéressant d’apporter un  peu plus relief sur sa famille et sur ses compagnons d’expéditions. On s’approche d’un cinéma fort et spectaculaire comme Francis Ford Coppola l’a fait par le passé avec Le Parrain et Apocalypse Now. C’est le seul gros reproche que je peux faire au scénario.

Pour ce qui est de la bande originale, Christopher Spelman livre un score en adéquation totale avec la vision de James Gray. Ses compositions apportent aussi bien des moments apaisants qu’une intensité dans le mystère, la découverte et le danger.

Je reverrais d’ici peu ce film, car il ne demande que ça. En tout cas, James Gray réussit son aventure et on a hâte de découvrir la prochaine avec Ad Astra qui promet d’être tout aussi passionnant.

En résumé, The Lost City of Z est une odyssée comme on en voit peu de nos jours. Même si tout n’est pas parfait, cela reste un beau moment de cinéma. Charlie Hunnan est éblouissant !

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