Eureka (1983)

Eureka est un film dramatique américano-britannique réalisé par Nicolas Roeg.

Il s’agit de l’adaptation du roman Who Killed Sir Harry Oakes? de Marshall Houts, inspiré du crime mystérieux et irrésolu sur la mort du milliardaire Harold Oakes.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que je désirais voir ce film. Eureka fait partie de ce type de longs métrages qu’on aimerait bien voir mais qu’on ne tombe jamais dessus quand il faut, ensuite on n’a pas le temps… A présent, j’ai enfin mis la main dessus et je vais pouvoir enfin me faire une idée sur ce film à la distribution prestigieuse et surtout dirigé par un tel cinéaste comme Nicolas Roeg.

Un petit mot sur l’histoire ?

Au Canada, en 1925, Jack McCann, perturbé par le désespoir et entouré par la mort, devient subitement un homme riche en découvrant un filon d’or. 20 ans plus tard, désabusé et installé sur une île jamaïcaine, il vit reclus avec sa femme alcoolique, sa fille mariée à un homme qu’il déteste, et son associé qui essaie à son insu, via la mafia, de construire un casino.

Les premières minutes ?

Le générique reflète immédiatement la patte du cinéaste britannique. Il y amène d’entrée une atmosphère inquiétante et une succession d’images monté de manière épileptique. Bizarrement, je pense à Shining de Kubrick. Cela est peut être dû à l’hiver canadien, la musique de Stanley Myers, la folie qui habite Jack McCann…

On peut dire que Nicolas Roag a souhaité frappé fort dés les premières scènes, en mêlant suicide, folie et obsession. Une vision abyssale et ténébreuse qui flirte avec le cinéma fantastique.

Il y a du culot et rien n’est anodin dans ce premier quart d’heure. Le réalisateur impose un style en y dressant le portrait d’un personnage possédé par ses principes et son amour assoiffé pour l’or.

Le casting ?

Sous les traits de Jack McCann, Gene Hackman se montre particulièrement inspiré et habité le rôle. Sa performance s’articule sur deux attitudes opposées, la violence éclatante et la flamme éteinte. Une composition forte qui porte le long métrage, comme c’est souvent le cas avec l’acteur américain.

A ses côtés, Theresa Russell se montre aussi séduisante que troublante. Rutger Hauer alterne le bon, le passable et le très bon. Une intermittence regrettable quant on sait de quoi il est capable devant une caméra. Mickey Rourke et Joe Pesci sont convaincants, mais loin d’être inoubliables.

A mes yeux, il est un peu regrettable d’avoir une distribution aussi brillante sur le papier et de ne pas avoir tirer le meilleur de tous. Nicolas Roeg a misé avant-tout sur leur charisme naturel, et parfois ça sonne léger.

et au final ça donne quoi ?

De par son atmosphère déboussolante et fiévreuse, Eureka fascine et emmène le spectateur aux frontières de la folie et du fantastique. Nicolas Roeg s’intéresse à la quête de l’or de Jack McCann en deux phases bien distinctes, pendant et surtout l’après. Le cinéaste britannique orchestre son propos avec intelligence, tout en étant insaisissable.

Sa mise en scène tient un esthétisme et une approche particulière. Il s’en dégage un aspect abyssal  où les fantasmes et les métaphores s’entrecroisent. Nicolas Roeg ne laisse rien au hasard et n’hésite pas à surfer sur le rocambolesque pour dépeindre la vanité sous différents angles. La scène du repas et des pépites d’or, est d’une intensité rare avec un face à face de taille entre Gene Hackman et Rutger Hauer. Le réalisateur mise sur la spiritualité et les dialogues pour nous désemparer et nous laisser vivre une expérience unique.

Le scénario tourne autour de la vanité des hommes, surtout celle qui anime Jack McCann. Celui-ci apparait comme un homme portant un fardeau, celui d’avoir accompli une quête sans s’être donné autre chose à accomplir. Un dessèchement auquel on assiste et qui fait ressurgir en lui la peur, la haine et la folie. A ses côtés, d’autres personnages gravitent ayant chacun un but pour déchoir le milliardaire. La grande force du script est la métamorphose du fait divers en fable contemporaine et ténébreuse où l’obsession pour l’amour et le pouvoir s’entrechoquent.

En ce qui concerne la bande originale, Stanley Myers propose un score hétéroclite dont on retient le thème d’ouverture et celui de fin.

En résumé, Eureka est le type d’oeuvre qui divise. Certains y verront un film pesant et inégal, d’autres ressentiront la singularité d’un cinéaste qui jongle entre la réalité et le fantasmagorique. En un mot : Insaisissable !

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