Love (2015)

Love est un mélodrame érotique écrit et réalisé par Gaspar Noé.

Ce qu’il faut savoir :

– Au début des années 2000, Gaspar Noé a proposé le projet à Vincent Cassel et Monica Bellucci. Ces-derniers ont tout d’abord été séduit par la vision et l’audace du cinéaste. Peu de temps après leur engagement, le couple décide finalement de ne pas contribuer à Love, par peur d’une trop grande exposition de leur vie intime. C’est de ce refus qu’est né le fameux Irréversible.

Love a fait l’objet de quelques polémiques lors de sa projection à Cannes et lors de sa distribution en salles. Les scènes de sexe non simulées et la classification du film ont été au cœur du débat.

– Le budget du film a été évalué à 3 millions d’euros, ce qui contraste évidemment avec son résultat au box-office qui dépasse à peine les 800 milles euros.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Gaspar Noé est un cinéaste qui ne laisse pas indifférent, son cinéma est à la fois  provoquant, déstabilisant et étincelant. Même si certains refusent de l’entendre, le cinéma (et en particulier le cinéma français) a besoin de personnalité qui repousse les limites, qui explorent et qui marquent au fer au rouge. Sur chacun de ses longs métrages, j’ai vécu une réelle expérience qui bouscule les codes. Pour Love, j’imagine un film doux et beaucoup moins dérangeant que les précédents films du réalisateur.

Un petit mot sur l’histoire ?

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave.

Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

Les premières minutes ?

D’entrée, Gaspar Noé pose le cadre et soit tu accroches, soit tu mets fin à la séance. Mais bon, si tu le regardes, c’est que tu sais à quoi t’attendre avec Noé et ce type de film. La structure narrative est assez intéressante, encore une fois, on reconnait la marque de fabrique du cinéaste. L’ensemble de la mise en scène nous laisse entrevoir un réel potentiel pour la suite, il y a la place pour  que le développement scénaristique opère et nous surprenne.

Le casting ?

Pour cette histoire d’amour, Gaspar Noé a misé sur une distribution inconnue.  En tête, on découvre Karl Glusman dans la peau du beau et tourmenté Murphy. Pour son premier rôle au cinéma, l’acteur américain livre une interprétation juste et assez émouvante.

A ses côtés, Aomi Muyock et Klara Kristin sont tout aussi convaincantes. Elles dégagent sobriété et sensibilité à des degrés différents. A ce jour, les deux actrices n’ont pas fait d’autres films alors qu’elles affichent clairement du potentiel.

Gaspar Noé, Vincent Maraval (producteur)et Benoit Debie (chef opérateur) apparaissent également dans le film.

Et au final ça donne quoi ?

Une histoire d’amour du XXIéme siècle, c’est ce que nous avait promis Gaspar Noé avec Love. Dans l’ensemble, le contrat est pleinement rempli même c’est loin d’être époustouflant. Cela dit, le cinéaste nous propose une nouvelle expérience avec de réelles intentions.

Gaspar Noé mise avant-tout sur sa mise en scène pour nous raconter son histoire et y faire transpirer les émotions. Un parti pris louable mais ne gagne de l’éclat que par intermittences. L’esthétisme étincelant souffre d’un rythme pompeux et enlisant. Il se dégage énormément de messages dans la manière de capter les corps et les regards, à la fois de la douceur, de la mélancolie…bref de l’amour. L’aspect contemplatif ne suffit pas à gommer les faiblesses scénaristiques.

L’intention de souffler du réalisme par l’improvisation montre ses limites, on aurait aimé un peu plus que ça. Les dialogues sont assez faiblards, tout comme les péripéties. On passe par la surenchère et cela affecte malheureusement les étincelles du cinéaste. Sa structure narrative nous emmène dans une histoire d’amour, pleine de passion, de fantasmes, de choix et de déceptions. On baigne dans une mélancolie constante, ce qui contraste évidement avec l’excitation que les images devraient prodiguer. Il s’agit sans aucun doute d’une des grandes réussites du long métrage.

La bande originale est composée de morceaux divers et adaptés, comme Funkadélic de Maggot Brain ou encore Night de John Carpenter. Du lourd pour nos oreilles et ça se marie parfaitement avec les images.

En résumé, Love est appréciable, fascinant mais parfois lassant. Pas le meilleur de Gaspar Noé, mais le plus doux.

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