L’Arnaqueur (1961)

L’arnaqueur est un film de sport dramatique américain réalisé par Robert Rossen.

Ce qu’il faut savoir :

– Le réalisateur Robert Rossen était lui-même dans sa jeunesse un excellent joueur de billard, et un arnaqueur par la même occasion.

– Paul Newman était loin d’être un bon joueur de billard, à la différence de son partenaire Jackie Gleason. Pour les besoins du rôle d’Eddie, Paul Newman a donc suivi un entrainement intensif et n’a été doublé qu’une seule fois au sein du film.

– 25 ans après L’arnaqueur, Martin Scorsese réalise la suite qui a pour titre La Couleur de l’argent avec Paul Newman et Tom Cruise.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert La Couleur de l’argent et j’ai tout simplement adoré ce film. Je n’ai pas eu besoin de voir le premier film pour comprendre cette suite, aussi bien les enjeux que les personnages. Paul Newman et Tom Cruise étaient excellents. Aujourd’hui, j’ai l’occasion de voir enfin le premier film qui est considéré comme un classique du genre.

Un petit mot sur l’histoire ?

Eddie Felson est un brillant joueur de billard mais également un escroc à la petite semaine qui se sert de son talent pour plumer les joueurs débutants. Il se rend à New York afin de réaliser son rêve, battre le légendaire champion Minnesota Fats. Après une nuit de combat acharné, Minnesota finit par l’emporter. Désormais fauché, Eddie n’a plus qu’une idée en tête, prendre sa revanche. Il fait la rencontre de Sarah, une étudiante alcoolique qui le suivra tout au long de son périple, et de Bert Gordon. Ce dernier accepte de devenir son coach et de lui apprendre les ficelles.

Les premières minutes ?

La scène d’ouverture fait d’office de présentation avec Eddie Felson. On cible assez vite son portrait d’homme qui aime jouer, flamber et arnaquer. Le plan où l’on voit Paul Newman au flipper rappelle Le Verdict de Sidney Lumet.

L’insouciance et l’audace d’Eddie Felson nous ai représenté par son opposition face à au Pacha, une légende vivante dans le monde du billard. Un duel riche en intensité, en charisme et en élégance. L’admiration et l’ivresse gagnent Eddie et le font déchoir au bout d’une nuit cauchemardesque, qui aura comme effet de remise en questions pour « l’arnaqueur ».

Le casting ?

Comme j’avais pu le constater dans La Couleur de l’argent, Paul Newman est impeccable dans la peau d’Eddie Felson. Un rôle sur mesure pour l’acteur américain, son charme naturel et sa justesse d’interprétation forment une performance remarquable.

Sa partenaire Piper Laurie tient son rôle avec conviction, et cela nous donne une prestation nuancée. La conception de son personnage est intéressante, ce qui permet une interprétation touchante et inattendue.

George C. Scott est impérial en redoutable mentor. Jackie Gleason est particulièrement à l’aise dans le rôle du grand champion surnommé le Pacha.

Et au final ça donne quoi ?

Robert Rossen nous propose un grand film de sport aux multiples qualités. Il est évident que ce long métrage est une pierre angulaire du genre. Le réalisateur américain y amène audace, originalité et réalisme. Il nous emmène dans l’envers du décor d’une passion pour un jeu où l’ambition et la vanité d’un homme qui l’affecte tout autant que ses proches. Des thématiques que l’on voit souvent dans les films de sport aujourd’hui, mais à l’époque ce n’était pas le cas. L’arnaqueur est sans aucun doute un précurseur du genre de par son traitement sombre aussi bien sur le sport que sur les personnages.

La mise en scène se focalise sur les intérieurs, un espèce de huis-clos représentant l’étreinte du jeu sur Eddie Felson et le mal-être de Sarah. Le noir et blanc est intelligemment travaillé, notamment sur le plan de la photographie.  Le montage reste assez classique avec des transitions fondues. Robert Rossen capte une époque et fusionne avec l’élégance de ses acteurs. Il en ressort de belles images, des moments intenses et émouvants. Toutefois, on peut reprocher au réalisateur un manque de dynamisme au milieu du film.

Comme il a été souligné un peu plus haut, le scénario fait preuve d’un réel culot et d’intelligence, puisqu’il dresse un tableau pessimiste sur le sport qu’est le billard. On nous montre jusqu’où une passion peut se transformer en obsession, au point d’aveugler et détruire. A l’époque, c’est quand même audacieux de proposer un portrait aussi cynique sur l’homme et le sport au cinéma. Il faut également souligner la place de la femme au milieu de ce cercle vicieux d’hommes qui ne veulent que la victoire. On savoure aussi toute la finesse des dialogues écrit par Sidney Caroll et Robert Rossen.

La bande originale de Kenyon Hopkins apporte un léger cachet à l’ambiance du film, avec du jazz et des compositions plus mélancoliques pour accentuer le trouble des personnages.

En résumé, L’arnaqueur frappe juste et fort ! Malgré un peu de poussière, ce long métrage reste une œuvre importante pour le genre et le cinéma.

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